Restaurateurs, architectes, tailleurs de pierre... les métiers du patrimoine ont la cote auprès des jeunes générations. Dans le deuxième volet de notre série sur la 34e édition des Journées du patrimoine, nous partons explorer la mine de Saint-Barthélémy, dans le Haut-Rhin, pour découvrir ses vestiges archéologiques (2/3).

Partir à la découverte du quotidien des mineurs du XVIe siècle et comprendre en famille l’histoire du plus ancien district argentifère de France, situé à Sainte-Marie-aux Mines  : c’est que propose l’Association Spéléologique pour l’Étude et la protection des Anciennes Mines (ASPAM) à l’occasion de la 34e édition des Journées Européennes du Patrimoine. Comment s’y prenaient-ils ? Que faire d’un tel patrimoine naturel et archéologique ?
« Les 16 et 17 septembre, nous organiserons des visites commentées de la Mine de Saint-Barthélemy, qui se trouve dans la forêt, à deux pas du centre-ville », se réjouit Céline Benoit, responsable animation de l’ASEPAM. Le parcours proposé par l’association est conçu de manière ludique et pédagogique, de manière à donner aux plus jeunes l’envie de comprendre ce site historique. « Nous avons un excellent retour sur les visites que nous mettons en place dans le cadre de sorties scolaires. La sensibilisation du jeune public à l’histoire et aux métiers du patrimoine étant au cœur des JEP 2017, il nous semble logique de proposer, ce week-end, la même aventure au grand public », précise Céline Benoit.

A la fin de l’atelier, les enfants ont intégré la dimension scientifique du métier d’archéologue : ils ne creusent plus dans l’idée de trouver un trésor, mais bien pour retracer l’histoire, la vie des gens qui étaient là avant eux

Archéologues en herbe

La visite de la mine d’argent prend la forme d’une immersion souterraine d’une trentaine de minutes avec tout l’équipement requis - cirés et casques avec éclairage sont fournis par l’association – au cours de laquelle les animateurs expliquent l’histoire de la mine et les techniques de travail de l’époque, avant de se lancer dans l’exploration d’un petit parcours formé par des galeries creusées au XVIe siècle, jamais élargies à l’explosif. « Il s’agit vraiment de découvrir la mine telle que les mineurs l’ont laissée », souligne Céline Benoit.
Les animations prévues pour les jeunes visiteurs ont lieu quelques mètres devant l’entrée de la mine, dans une cour dotée d’un espace vert et d’un préau, où il est également possible de pique-niquer en famille. Lors de l’initiation à l’archéologie minière, enfants et parents fouillent en équipe un grand bac archéologique préalablement quadrillé et exhument des vestiges miniers datant de la Renaissance – outils de travail, lampes, carreaux de poêle… « Ils sont très concentrés et pourraient y passer des heures si on ne les arrêtait pas, glisse Céline Benoit. Le plus délicat c’est de leur faire comprendre qu’on ne peut pas prélever ce que l’on trouve avant d’avoir effectué un relevé, sous forme de prise de note ou de dessin. Mais à la fin de l’atelier, ils ont complètement intégré la dimension scientifique du métier d’archéologue : ils ne creusent plus dans l’idée de trouver un trésor avec lequel repartir, mais bien pour retracer l’histoire, la vie des gens qui étaient là avant eux ».

Les archéologues en herbe peuvent également participer à un atelier d’initiation à la géologie et la minéralogie locale : après une courte introduction à la formation des roches et des minerais métallifères, les voilà invités à observer à la loupe des échantillons prélevés localement qu’il faudra ensuite dessiner. « C’est l’occasion de découvrir qu’une roche est constituée de nombreux minéraux et que ce que les mineurs cherchaient c’était du minerai, c’est-à-dire des minéraux qui avait une valeur économique. Les enfants peuvent faire eux-mêmes, de manière très concrète, le lien avec l’exploitation souterraine », souligne Céline Benoit.  
La visite de la mine de Saint-Barthélemy, qui ouvrira ses portes samedi et dimanche prochain de 10h à 18h, représente une occasion parmi d’autres d’appréhender le patrimoine dans son contexte historique et social, de mieux comprendre la société dans laquelle nous vivons et les valeurs sur lesquelles elle s’est construite. De nombreux autres événements adaptés aux jeunes publics sont prévus sur l’ensemble du territoire français dans le cadre de cette 34e édition des Journées européennes du patrimoine, et peuvent être consultés ici.

Édition 2016/2017 du concours 1,2,3 PATRIMOINE !

Placé sous le haut patronage du ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, la quatrième édition du concours 1, 2, 3 PATRIMOINE ! (anciennement J'aime mon patrimoine !)  s'adresse aux élèves de CM1, scolarisés dans des écoles publiques situées en zone rurale ou relevant de la politique d'éducation prioritaire.
Pour participer, les élèves concernés doivent identifier un élément patrimonial à restaurer (mobilier ou immobilier) appartenant à leur commune, et non protégé au titre des Monuments historiques. Avec leur enseignant, ils travaillent ensuite à la découverte de leur patrimoine et constituent un dossier présentant leur projet de rénovation qui sera soumis à un jury.
Le projet doit être construit en lien avec la commune qui s'engagera à réaliser les travaux dans un délai d'un an à compter de l'annonce des résultats. Le montant total des travaux ne devra pas excéder 15 000 € (il peut s'agir d'une tranche, mais elle doit être suffisamment conséquente et suffisamment identifiable dans la réalisation des travaux).
Le concours débutera mi-septembre, et le travail entrepris en classe donnera lieu à un dossier de candidature qui devra être envoyé au plus tard le 14 avril 2017.