A l'occasion de la présentation du projet conçu par l'artiste Laure Prouvost pour le Pavillon français de la biennale de Venise, qui s'ouvre le 8 mai, le ministre de la Culture est revenu sur la place des femmes sur la scène hexagonale et sur le rayonnement des artistes contemporains à l'international. Principaux extraits de son discours du 22 janvier dernier.

Le plaisir que j'éprouve, c'est celui que nous éprouvons tous à l'idée que Laure Prouvost soit l'ambassadrice de la France pour la prochaine biennale de Venise, l’une des manifestations internationales d’art contemporain les plus emblématiques. (...)

Pourtant, [Laure Prouvost] n’est que la troisième femme dans l’histoire du Pavillon français. La dernière fois, c’était il y a plus de 10 ans, avec Sophie Calle, en 2007. La première fois, c’était Annette Messager, en 2005. Elle avait remporté le Lion d’Or. Confier [cette année] le Pavillon français à Laure Prouvost a valeur de symbole.

Renforcer la place des femmes dans la création

Dans les arts visuels comme dans les autres arts, les femmes restent moins représentées, moins programmées, moins récompensées que les hommes. Alors oui, on progresse. Mais on ne progresse pas assez vite. Il faut agir, avec détermination. C’est ce que nous faisons, quand nous fixons des objectifs chiffrés pour faire progresser la part des femmes dans la programmation des structures labellisées.

Je suis déterminé à renforcer la place des femmes dans la création, autant que je suis déterminé à conforter la place des artistes dans notre société.

Pour cela, le ministère de la Culture déploie son action dans le domaine des arts visuels par le biais de différentes structures : écoles d’art ; FRAC (Fonds régionaux d’art contemporain) ; centres d’art, comme le Palais de Tokyo (...) ; collections nationales ; Institut français, qui soutient la carrière internationale des artistes français ; et à travers l’ensemble de nos résidences d’artistes, pour lesquelles j’annoncerai prochainement une nouvelle ambition nationale et internationale.

C’est dans ces lieux de création, de diffusion, de transmission que se révèlent les talents. C’est là que s’exerce avec ardeur la liberté de création. Elle est particulièrement forte, en France. A nous de faire en sorte qu’elle puisse s’exprimer au mieux – en améliorant l’insertion professionnelle de nos artistes, notamment. Ce sera l’une des questions auxquelles réfléchira le Conseil national des professions des arts visuels.

Laure Prouvost, vous êtes l'incarnation de « l’Europe de la Culture » que nous promouvons

Soutenir le rayonnement de la scène artistique française à l'étranger

Le Pavillon français, c’est aussi l’occasion de valoriser la scène française des arts visuels à l'international. C’est l’ambition conjointe du ministère de la Culture et du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, qui co-organisent le Pavillon français de la Biennale de Venise, opéré par l’Institut français.

Cette scène française est diverse, audacieuse, passionnée, bouillonnante de créativité. Cette scène française, vous l’incarnez magnifiquement, toutes les deux [Laure Prouvost, et Martha Kirszenbaum, sa commissaire à la biennale de Venise]. Vous avez la particularité d’avoir d’abord construit votre carrière à l’étranger. Vous êtes jeunes, mais votre parcours international est déjà impressionnant. Laure, vous êtes française, installée à Anvers, vous avez étudié à Londres… « L’Europe de la Culture » que nous promouvons, vous en êtes l’incarnation. Vous êtes à l’image de notre culture. Une culture ouverte sur le monde.

Car notre culture s’est toujours faite ainsi : en dialoguant avec le monde entier ; en se nourrissant de sa diversité. En accueillant sur notre sol des artistes étrangers. Et en traversant les frontières pour aller créer.