Découvrez la vie et l'oeuvre de Sophie Rude

Sophie Rude, Portrait de l'artiste, avant 1867, Dijon, musée des Beaux-arts

Sophie Rude (Dijon, 1797 - Paris, 1867)

Femme peintre, Sophie Rude, née Fremiet, est longtemps restée méconnue, éclipsée par les succès de son époux, François Rude (1784-1855), l’un des grands sculpteurs romantiques, auteur du Départ des Volontaires de 1792, qui orne L’Arc de Triomphe à Paris.

Native de Dijon, elle est issue d’une famille d’artistes côté maternel. Comme toutes les femmes à cette période, elle ne peut prétendre à l’enseignement artistique officiel. Toutefois, grâce à ses relations familiales (son père est un amateur d’art éclairé et membre de l’Académie de la ville), elle suit des leçons particulières au domicile d’Anatole Devosge (1770-1850), ancien élève de David et fils du fondateur de l'École de dessin de Dijon, qui lui transmet des principes néoclassiques en l’initiant au dessin et à la peinture.

A la chute du premier Empire et au retour des Bourbons sur le trône en 1815, la famille Fremiet, bonapartiste, doit fuir et s’installe à Bruxelles. La jeune artiste poursuit alors sa formation dans l’atelier du peintre Jacques-Louis David (1748-1825), également exilé ; elle exécute des copies d’après son maître et commence à exposer au Salon de Bruxelles en 1818. Grâce à l’appui de son mentor, qui la reconnaît comme une de ses brillantes élèves, Sophie obtient des commandes officielles : décor pour des monuments au roi, portraits de commande à l’influence davidienne.

Sophie Rude, Révolte à Bruges en 1436, vers 1841, Dijon, musée des Beaux-zrts

C’est dans cette ville, en 1821, que Sophie épouse François Rude également originaire de Dijon et protégé de son père, Louis Fremiet, qui avait suivi sa famille en exil. De cette union, naît un seul enfant, Amédée, décédé à l’âge de huit ans.

Le couple travaille en commun sur certains chantiers comme le décor du pavillon de chasse pour le prince héritier à Tervueren. Sophie y réalise les peintures (détruites par un incendie) accompagnant les bas-reliefs de son époux. Elle délaisse rapidement les sujets historiques et mythologiques (Ariane à Naxos, Dijon), où affleurent les prémices de sa sensibilité pré-romantique, pour se consacrer au portrait.

Sophie Rude, Portrait de Madame Van der Haert, née Fremiet, soeur de l'artiste, 1827, Dijon, musée des Beaux-arts

En 1827, la situation politique s’apaise en France ; le couple s’installe alors à Paris et ouvre un atelier rue d’Enfer. Sophie expose au Salon, la même année, le portrait de sa sœur et s’illustre par des portraits intimes et bourgeois d’un réalisme élégant, en apportant un soin particulier à l’expression psychologique de ses modèles. Animée d’un grand sens de la famille, elle portraiture ses proches, leurs amis bourguignons qui viennent souvent à leur domicile parisien, mais également la bourgeoisie de la capitale. Si Sophie et François Rude ont un parcours propre, ils travaillent pourtant côte-à-côte dans l’atelier, cheminant au sein de leurs disciplines respectives. Au décès de son époux en 1855, Sophie Rude cherche à entretenir sa mémoire et à faire connaître son œuvre.

L’artiste n’a bénéficié d’une première monographie qu’en 2004. Le musée des Beaux-Arts de Dijon, qui conserve un fonds de référence, a organisé une première exposition dédiée au couple Rude en 2012, manifestation qui a bénéficié du label « exposition d’intérêt national ».

Maëva Abillard

Sélection d'oeuvres de Sophie Rude sur la base Joconde Pop

Bibliographie

Barthélémy Sophie (dir.), Gilles Matthieu (dir.), François & Sophie Rude : Un couple d'artistes au XIXe siècle, citoyens de la Liberté, catalogue d’exposition, Dijon, Musée des beaux-arts, Musée Rude et la Nef, 12 octobre 2012 - 28 janvier 2013, Paris, Somogy, 2012