Au printemps 2020, le confinement lié à la pandémie de Covid19 a bouleversé l'accès à la culture et aux loisirs de la population. Privés de sortie et accédant de façon limitée aux biens physiques, les Français se sont adonnés plus que d'habitude aux pratiques culturelles en amateur et à la culture d'écran. Une comparaison de la vague exceptionnelle de l'enquête Conditions de vie et aspirations (Crédoc) avec les résultats de Pratiques culturelles 2018.

En 2020, le premier confinement lié à la pandémie de Covid-19 a bouleversé la vie de la population, modifiant l'organisation du temps, des modes travail et de la scolarité. L'accès à la culture de sortie ainsi qu'à de nombreux biens culturels physiques a été impossible en raison de la fermeture des établissements culturels et de certains commerces de détail. La réorganisation du temps dans l'espace domestique a en revanche favorisé l'accès aux biens et services culturels numériques.

Au sein d’une vague exceptionnelle de l'enquête Conditions de vie et aspirations réalisée par le Crédoc pendant le confinement, les Français âgés de 15 ans et plus ont été interrogés sur leurs pratiques culturelles dans ce contexte particulier. Les résultats, comparés à ceux de l'enquête Pratiques culturelles réalisée tout au long de l'année 2018, permettent de mesurer les écarts de pratique liés au contexte de confinement.

Les Français ont profité de cet épisode pour s'adonner aux pratiques culturelles en amateur, un engouement qui a rajeuni les pratiquants et réduit les écarts sociaux. D'une façon générale, les consommations culturelles ont progressé et sont mieux réparties parmi les différents groupes, à l'exception toutefois de l'écoute de musique, et de la presse écrite.

Les consommations audiovisuelles ont prioritairement bénéficié de cet investissement et parmi elles, les jeux vidéo, et le visionnage de vidéos en ligne ont recruté de nouveaux publics). La consultation des réseaux sociaux s’est également généralisée, plutôt pour des usages communicationnels qu’informationnels. Les seniors, déjà engagés dans la participation culturelle physique, ont profité du confinement pour s'approprier les ressources culturelles numériques (musées et spectacles en ligne. Enfin les conditions de sociabilité en confinement (seul ou à plusieurs, avec ou sans enfants), celles du logement (accès ou non à un espace extérieur) influent sur l'intensité et la diversité des pratiques.

Paradoxalement, alors que le confinement printanier a contribué au creusement des inégalités sociales et économiques dans de nombreux domaines, les pratiques culturelles apparaissent à l’inverse moins clivées et certains écarts sociaux et générationnels se réduisent même pour nombre d’entre elles. 

Anne Jonchery, Philippe Lombardo

Collection Culture études, 44 p., décembre 2020

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