Florence Pizzorni-Itié, service des Musées de France, ministère de la Culture

Florence Pizzorni-Itié est docteure en anthropologie sociale et culturelle et conservatrice en chef du patrimoine. Au service des Musées de France (ministère de la Culture), elle assure le suivi scientifique de plus de 600 « musées de société ». Elle a également travaillé au musée national des Arts et Traditions populaires (Paris) où elle a joué un rôle déterminant dans l’invention et l’ouverture du MuCEM, musée des Civilisations d’Europe et de la Méditerranée, à Marseille.www.florence-pizzorni.com

  • Chaline, Jean-Pierre, Sociabilité et érudition des sociétés savantes en France, xixe-xxs., Paris, Éditions du CTHS, 1995.
  • Davallon, Jean, « À propos des régimes de patrimonialisation : enjeux et questions », colloque Patrimonializaçao e sustendabilidade do patrimonio. Reflexao e prospectiva, Lisbonne, nov. 2014, halshs-01123906, HAL Id: halshs-01123906 https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01123906
  • Certeau, Michel de, « Pratiques quotidiennes »,dans Geneviève Poujol et Raymond Labourie (éd.), Les cultures populaires. Permanence et émergence des cultures minoritaires, locales, ethniques, sociales et religieuses, Toulouse, Privat, 1979, p. 23-29.
    • Gell, Alfred, L’art et ses agents, une théorie anthropologique, (titre original : Art and Agency. An Anthropological Theory, Oxford University Press, 1998), Dijon, Les Presses du réel, 2009.
    • Poulard, Frédéric, « Les écomusées. Participation des habitants et prise en compte des publics », Ethnologie française, vol. 37, no 3, 2007, p. 551-557. Les écomusées [archive] http://www.cairn.info/revue-ethnologie-francaise-2007-3-page-551.htm
    • Pizzorni, Florence, « Don de soi et acceptation de l’autre dans les musées de société », Musées et collections publiques de France, no 265, 2012/2 http://fr.calameo.com/read/003757671c7d72f7ce8d7

Le processus de patrimonialisation est indissociable du principe d’implication d’une communauté de personnes. « La patrimonialisation est le processus par lequel un collectif reconnaît le statut de patrimoine à des objets matériels ou immatériels, de sorte que ce collectif se trouve devenir l’héritier de ceux qui les ont produits et qu’à ce titre il a l’obligation de les garder afin de les transmettre. » (Jean Davallon, 2010).

Nous verrons comment l’histoire des institutions de sauvegarde montre à l’égard des citoyens une alternance entre action et évincement (appelés en vrac : public(s)/non public, consommateurs, peuple, visiteurs, usagers, empêchés...). Nous lirons cette imbrication dans chacun des cinq gestes formalisés par Jean Davallon qui permettent à un objet d’accéder à une valeur patrimoniale : (1) l’identification de l’objet, (2) la production de savoir autour de l’objet, (3) l’acte performatif de la déclaration du statut de patrimoine, (4) l’organisation de l’accès du collectif à l’objet patrimonial, (5) la transmission.

Sur ce chemin nous rencontrerons des « lettrés » au XIXe et des collectionneurs, les sociétés savantes, les Académies, la reconnaissance de la valeur patrimoniale pour une grande diversité d’objets et l’émergence des écomusées, les mineurs et ouvriers de la sidérurgie, les sociétés et clubs naturalistes, les groupes folkloriques, les « communautés patrimoniales » selon la convention de Faro (2005) du Conseil de l’Europe, les objets « émiques » choisis par les migrants et exilés… Ces collectifs d’amateurs, au sens plein du terme, évoluent en parallèle à une communauté professionnelle toujours plus exigeante dans la volonté d’excellence d’exécution de ses missions de recherche, de conservation, de restauration, de valorisation et de médiation.