Retrouvez l'ensemble des monuments protégés en 2020.

Loire-Atlantique

LA CHAPELLE-LAUNAY, Abbaye de Blanche-Couronne (44)

L’abbaye de Blanche-Couronne, fondée au XIIe siècle pour les Bénédictins de La Grainetière en Bas-Poitou, est l’un des ensembles conventuels les plus remarquablement conservés du département de Loire-Atlantique. Les seigneurs de Pontchâteau en étaient traditionnellement reconnus comme fondateurs. L’ensemble se compose principalement d’une abbatiale et d’un cloître autour duquel sont organisés les bâtiments conventuels, cantonnés de pavillons, sauf à l’angle nord-ouest. Le bâtiment nord abrite, en particulier, une salle capitulaire.

L’ancienne abbaye, récemment acquise par le Conseil départemental Loire-Atlantique, bénéficie d’une protection mixte : elle a été classée au titre des monuments historiques en 1994, tandis que ses anciennes dépendances et les assises de l’ancien logis abbatial ont été inscrites la même année. Par souci de cohérence, la tour adossée à l’aile ouest, qui n’avait pas été incluse dans les mesures précédentes, a été inscrite.

SAINT-NAZAIRE - Usine élévatoire 

Visible de loin, particulièrement depuis la plage du Grand Traict, l'usine élévatoire se distingue à l’échelle du grand paysage par sa position de vigie entre les deux jetées de l’entrée sud du port.

La construction de l'usine électrique (1904-1907) et de l'usine élévatoire (1909-1911) est liée à l'aménagement de la Nouvelle Entrée au sud du port de Saint-Nazaire et à la nécessité de permettre le mouillage des navires de plus de 9 mètres de tirant d'eau. Il était nécessaire, pour cela, de construire un avant-port et de procéder au relèvement du plan d'eau des bassins par le moyen d'un procédé indépendant des marées. C'est ce qui justifie la construction par les ingénieurs des ponts et chaussées de l'usine élévatoire portuaire, destinée maintenir à une cote suffisante le plan d'eau du bassin de Saint-Nazaire, ou bassin à flot, et le plan d'eau du bassin de Penhoët.

Le principe de fonctionnement de l'usine élévatoire consistait à aspirer l'eau de l'avant-port et à la refouler dans les bassins au moyen de deux aqueducs construits en même temps que l'usine, l'un d'aspiration (42 mètres de long), l'autre de refoulement (258 mètres de long). Ainsi le niveau d'eau était-il maintenu entre cinq et six mètres dans les bassins.

Les deux usines réunies constituent un ensemble architectural cohérent, l'usine élévatoire étant prévue dès la construction de l'usine électrique. Seules les deux cheminées de l'usine d'électricité furent détruites et remplacées par une cheminée en briques de 40 mètres de hauteur, dessinée en 1910 et liée à l'alimentation des chaudières de l'usine élévatoire.

Indispensable au fonctionnement du port et de la base sous-marine, l’usine est épargnée par les bombardements subis par la ville de Saint-Nazaire pendant la Seconde Guerre mondiale. Devant l'augmentation des tirants d'eau des navires et la hausse de la fréquentation du port, la machinerie a été modernisée mais des pièces d’origine ont été conservées. Avant la Reconstruction, environ soixante ouvriers travaillaient à l'usine élévatoire, cinq seulement peu avant sa fermeture en 1993. Elle fait aujourd'hui l'objet d'un projet de réhabilitation par un groupe de brasseurs.

Une vingtaine d'établissement élévateurs des eaux, en France, est recensée, dont quatre sont protégés. l'usine élévatoire portuaire de Saint-Nazaire est la seule usine associée à la gestion des niveaux d'eau d'un port maritime en France. L’État l’a récemment inscrite au titre des monuments historiques en totalité, avec sa machinerie, y compris la cheminée liée à l’ancienne chaufferie.

Maine-et-Loire

JALLAIS, Manoir de la Chaperonnière 

Le manoir de la Chaperonnière, partiellement inscrit depuis 1978, a bénéficié récemment d’une extension de protection.

L'édifice, couvert de hautes toitures, présente une tour d'escalier à pans coupés hors œuvre sur sa façade principale. Deux grandes lucarnes, à l'aplomb des travées de baies à meneaux et traverses, encadrent ladite tour dont la porte d'entrée était autrefois surmontée d'un fleuron monumental.

Le manoir passa par alliance, d'abord en 1384, puis vers 1440, de la famille Chaperon à celle des du Plessis de La Bourgonnière. Héritière de la Bourgonnière et de nombreuses possessions, Jeanne d'Acigné et son époux Charles de Vaudrey, qui comptait parmi les mignons d'Henri III, vendirent la Chaperonnière à Charles II de Cossé en 1609. Henri-Albert de Cossé, duc de Brissac, revendit le manoir en 1680 à René de Broon, marquis de Cholet. En 1706, le l’édifice fut cédé à François-Edouard de Colbert, puis en 1763 à François de Rougé. L’histoire de la Chaperonnière, enfin, est liée aux guerres de Vendée : Cathelineau, qui s’y était caché, y fut tué froidement.

Le manoir a conservé une grande part de son authenticité (encadrements des baies, cheminées, linteaux de portes, coussièges, menuiseries et carreaux de terre cuite,… ). Ses dispositions architecturales en font un ouvrage représentatif de ceux qui, en Anjou, ont été édifiés dans le courant du XVe siècle. Le rapprochement est évident, en particulier, avec les dispositions du manoir de Belligan, édifié entre 1440 et 1450.

 

Mayenne

  LAVAL – Maison du « Coq Hardy »

XVe – XVIe – XVIIIe siècles

inscription au titre des monuments historiques (arrêté du 4 mars 2020) : inscription en totalité au titre des monuments historiques de l'immeuble sis 27-29 place de la Trémoille dit Maison du "Coq Hardy", à savoir : la maison, les deux niveaux de caves, la cour et les dépendances.

Cette maison à pan-de-bois construite initialement au XVe siècle, à l’emplacement des anciens fossés du château de Laval, devient l’auberge du « Coq-Hardy » dans la seconde moitié du XVIIe siècle. L’enrichissement de ses propriétaires, dans le contexte de l’embellie économique du XVIIIe siècle lavallois, leur permet d’élever la maison d’un étage dans les années 1740. Les pièces de ce nouvel étage reçoivent alors un décor peint, redécouvert récemment, qui constitue un témoignage très rare du mode de vie et des goûts de la petite bourgeoisie du XVIIIe siècle en Mayenne.

Sarthe

LE LUDE – Jumenterie du haras de Malidor

XIXe siècle

inscription au titre des monuments historiques (arrêté du 2 novembre 2020) : inscription au titre des monuments historiques en totalité, de l'ensemble des bâtiments de la jumenterie du haras de Malidor, soit la loge du valet, les boxes des juments et le puits attenant.

Construite entre 1850 et 1860 pour le marquis Auguste de Talhouët-Roy (1819-1884), la jumenterie de Malidor est destinée à accueillir les juments en période de poulinage. Elle adopte un plan en demi-cercle tout à fait singulier, reprenant le principe du panoptique, pour permettre une surveillance constante des 4 boxes par le palefrenier depuis une loge implantée au centre. Reprenant les principes de rationalité et de salubrité développés dans les traités de construction rurale de l’époque, la jumenterie de Malidor est un témoignage rare de l’application du concept de ferme modèle à l’élevage de purs-sangs, encore à ses débuts dans le domaine privé.

SAINT-REMY-DU-VAL – Logis de Moullins

XIVe – XVIe siècles

Révision de l’inscription au titre des monuments historiques (arrêté du 2 novembre 2020) : inscription en totalité de l'ensemble du prieuré de Moullins, soit le logis, la chapelle, l'ancienne grande salle seigneuriale, les communs avec leurs peintures murales datant de la fin de la deuxième guerre mondiale, le mur de clôture, les deux puits, et les vestiges du pigeonnier.

Compte tenu de l’imprécision de l’arrêté d’inscription de 1926, source d’insécurité juridique, une procédure de révision de protection a été engagée pour le logis de Moullins.

L’ensemble manorial de Moullins, ancien prieuré dépendant de l’abbaye de la Couture au Mans, comprend actuellement un logis prieural, construit aux alentours de 1508 ; une chapelle, construite pour sa première phase aux alentours de 1514 puis agrandie vers 1544 ; une ancienne grande salle sous charpente, construite vraisemblablement entre 1300 et 1340 puis transformée en grange dimière probablement au XVIe siècle ; le mur de clôture; des communs, datables des XVIIe-XVIIIe siècles; et enfin les vestiges d’un pigeonnier et de deux puits. Depuis plus de trente ans, les propriétaires ont engagé un chantier de restauration complet, visant à restituer l’état de l’ensemble au XVIe siècle.

LOIR-EN-VALLEE – église Saint-Pierre, Saint-Julien de Lavenay

XVe – XVIe siècles

inscription au titre des monuments historiques (arrêté du 3 juillet 2020) : église en totalité.

Construite probablement à la fin du Moyen Âge, l’église de Lavenay présente une architecture sobre, caractéristique des petites églises rurales de la Sarthe. Son caractère exceptionnel réside dans la conservation d’un ensemble de décors peints sur les murs de la nef. Si les peintures murales médiévales présentent une iconographie et une technique assez répandues, les décors exécutés au XVIe siècle sont beaucoup plus rares. Ils comprennent en effet, outre des scènes achevées, des dessins réalisés à la mine de plomb, allant de la simple esquisse au dessin préparatoire, qui témoignent des techniques et des pratiques des ateliers de peintres itinérants pendant la période de la Renaissance.

LOIR-EN-VALLEE – église Saint-Blaise de La Chapelle-Gaugain

XIIe – XVIe siècles

inscription au titre des monuments historiques (arrêté du 3 juillet 2020) : église en totalité.

D’origine romane, l’église de la Chapelle-Gaugain a connu une importante campagne de restauration dans le premier tiers du XVIe siècle, financée par Louis de Ronsard, seigneur de la Chapelle-Gaugain et père du poète Pierre de Ronsard. Ces travaux ont consisté en la création d’une chapelle seigneuriale aux armes de la famille Ronsard, l’élargissement de la nef côté nord, le percement d’une baie à remplages garnie d’un vitrail au sud, et la construction d’un clocher-porche à l’ouest. L’ensemble présente des décors sculptés témoignant de l’influence de la Première Renaissance en vallée du Loir. L’intérieur de l’église a été entièrement décoré par le peintre manceau Louis Renouard en 1891.

Vendée

BOURNEZEAU, Anciens communs (écuries et grange) et jardins du château (85)

Les anciens communs du château, ainsi que les parcelles correspondant aux anciens jardins, ont récemment été inscrits. La baronnie de Bournezeau, possession des La Trémoïlle, ducs de Thouars, a été érigée en marquisat en 1681 pour la famille de Creil-Bournezeau. Le château a subi d’importantes déprédations en 1622.

Le corps central oblong des communs mesure 17 mètres de long et 11 mètres de large. Il se singularise par la présence, au rez-de-chaussée, d’un système poteaux-poutres en bois, daté par dendrochronologie de 1716-1717. Le dessin de cette structure est toutefois plus ancien que la date de sa mise en œuvre, ce qui suggère la reconstruction à l’identique d’une charpente antérieure. Douze portiques se succèdent. Les marques de montage et d’assemblage sont très visibles. Les poteaux reposent sur des dés en granite et des râteliers disposés le long des murs indiquent que cet espace servait encore récemment d’étable.

Le parcellaire des jardins, figuré sur le cadastre de 1825, encore lisible, atteste un aménagement entre le milieu du XVIe et le tout début du XVIIe siècle, au temps des ducs de La Trémoïlle. À l’est de l’ancienne cour du château se trouve en particulier une plate-forme fossoyée dont le tracé est conforme à l’aménagement d’un jardin régulier. Cette plate-forme, appelée parfois « carré en île », est alimentée en eau, au nord, par le ruisseau Bornevel, qui se jette au sud dans la Doulaye.

MOUILLERON-EN-PAREDS, Musée national Clemenceau – de Lattre (85)

Le musée national comprend deux entités : la maison natale de Jean de Lattre de Tassigny, maréchal de France, et celle de Georges Clemenceau. L’intérêt mémoriel de ces deux maisons natales a justifié leur récente inscription. L'une et l'autre étaient déjà labellisées "maisons des illustres".

C’est sur la volonté d'André Malraux, en 1959, que fut reconnu l'intérêt mémoriel de ces lieux qui rassemblent deux familles de pensée et deux signataires : la famille de Lattre, royaliste et catholique, domicilée rue de l’Eglise, d’une part, et la famille Clemenceau, protestante et républicaine, domiciliée rue du Temple, d’autre part. Le maréchal de Lattre a été l'un des cosignataires de l'acte de capitulation de l'Allemagne à Berlin en 1945, Georges Clemenceau, a été l’un des signataires du traité de Versailles en 1919.

Inauguré en 1959, le musée consacrait une réconciliation de longue date, qui remontait à 1921 entre Roger de Lattre, le père du maréchal, et Georges Clemenceau.

L’Etat a acquis la maison natale du maréchal de Lattre en 1970, puis celle de Clemenceau en 2005. L e musée des Deux Victoires est alors devenu le Musée Clemenceau et de Lattre de Tassigny à Mouilleron-en-Pareds. Dans sa configuration actuelle, le musée est en lien avec de hauts lieux clemencistes protégés : le château de l'Aubraie à la Réorthe (inscrit en 1928), l'appartement de Georges Clemenceau sis rue Franklin et son jardin à Paris (classé en 1955), la maison dénommée "La Bicoque" à Saint-Vincent-sur-Jard (classée en 1970), ou encore le lieu d'inhumation de Clemenceau à Mouchamps (inscrit en 1998).