Retrouvez l'ensemble des monuments protégés en 2019.

Monuments inscrits

44 – Saint-Nazaire

Salle du Parc des sports du Grand Marais dite "la Soucoupe"

XXe siècle

Inscription (arrêté du 29 mai 2019) : salle du Parc des sports du Grand Marais en totalité, avec ses escaliers extérieurs, les garde corps et les deux rampes d'entrée, la cheminée de la chaufferie ; logement du gardien (façades et toitures)

La salle du Parc des sports du Grand Marais, dénommée "la Soucoupe" en raison de sa forme sphérique, relève d'un vaste projet d'aménagement mis à l'étude dès 1951. Implantée sur une zone conquise sur les marais, elle marque l'expansion de la cité vers l'ouest. Elle est aussi le dernier des projets de la Reconstruction à Saint-Nazaire sous le mandat du maire François Blancho.

Le projet comprend dans sa globalité un parc paysager de 26 hectares dont le dessin est confié au paysagiste Albert Audias et un parc des sports de 20 hectares dont la conception et la réalisation sont confiées en 1960 par le conseil municipal à l'architecte Roger Vissuzaine (1909-1993). Très vite, Roger Vissuzaine fait appel à René Sarger (1917-1988), disciple de l'ingénieur Bernard Laffaille (1900-1955) et directeur du Cabinet d'études techniques d'architecture et de construction (Cetac). Le chantier est lancé en 1963 et la salle inaugurée en 1970.

L'ouvrage en béton, surmonté d'une couverture suspendue en résille de cables de forme parabolique, présente une totale cohérence architecturale, une qualité de conception technique et plastique évidente, fruit d'une étroite collaboration entre architecte et ingénieur. Au caractère savant de l'ouvrage, du point de vue structurel et formel, s'ajoute son implantation en position de rotule qui lui donne une fonction d'articulation entre le parc paysager et le parc des sports. La commission régionale du patrimoine et de l'architecture a émis par ailleurs un vœu de classement.

44 – Saint-Nazaire

Eglise Sainte-Anne

XXe siècle

Inscription (arrêté du 29 mai 2019) : église Sainte-Anne en totalité, avec son campanile, la sacristie et son bâtiment de liaison, l'auvent en béton, la statue de sainte Anne (œuvre d'Hélène Porson) scellée au chevet de l'église

L'église Sainte-Anne (1956-1959) est l'œuvre d'Henri Demur, architecte en chef adjoint du Ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme. Pour mener à bien le chantier, Demur fait appel au bureau d'études de l'ingénieur Bernard Laffaille (1900-1955), spécialisé dans la mise en œuvre du béton.

Le curé de la paroisse, l'abbé Le Méter, suit le chantier avec enthousiasme et détermination ; il en impulse le cours par ses relations avec le directeur de la revue L'Art Sacré, le Père Cocagnac, qu'il fait venir à Saint-Nazaire. L'abbé Le Méter fait appel à plusieurs artistes de talent pour faire de ce chantier un ouvrage exceptionnel, en particulier l'affichiste Paul Colin (1892-1985), qui conçoit le décor de mosaïques posé par la maison Jean Barillet en 1957, le sculpteur Maxime-Adam Tessier (1920-2000), ou encore François-Victor Hugo (1899-1981), arrière-petit-fils de l'écrivain, orfèvre d'art de Picasso.

L'église Sainte-Anne est un édifice représentatif de la synthèse des arts et un témoignage de la pensée préconciliaire au cœur d'une ville portuaire animée par les ouvriers des chantiers navals. Elle témoigne d'une recherche à la fois technique et formelle au service d'un renouveau spirituel.

49 – Challain-la-Potherie

L'Orangerie

XIXe siècle

Inscription (arrêté du 4 juillet 2019) : bâtiment de l'orangerie (façades et toitures), la serre en totalité, deux vases d'ornement, sol de la parcelle AB 105, murs de clôture, souterrain et saut-de loup, étang

L'imposant château de Challain-la-Potherie, issu d'une époque médiévale fantasmée par les La Rochefoucauld-Bayers qui en confient la réalisation à l'architecte angevin René Hodé de 1847 à 1854, fait partie des premiers grands édifices néogothiques de France classés dès 1980. Depuis, la porterie, les communs, les logements du jardinier, le clos du potager, la glacière et les ruines articielles du parc aux lignes souples dessinées par le paysagiste Paul de Choulot ont été inscrits dans un premier temps. Dans un second temps et par souci de cohérence ont été récemment protégées l'orangerie et la serre, implantées en vis-à-vis du château et de la tour Montplaisir, sans que la continuité visuelle ne soit rompue par la route séparant les deux entités dont la propriété est désormais distincte, un souterrain creusé sous la route permettant de passer d'une parcelle à l'autre.

49 – Terranjou (Martigné-Briand)

Chapelle Saint-Martin des Noyers

XVIe siècle

Inscription (arrêté du 16 septembre 2019) : chapelle en totalité, avec le puits et le conduit de la source qui lui est reliée et le sol de la parcelle correspondante

Niché dans un vallon encaissé, ce petit sanctuaire construit en 1591 est historiquement rattaché à la famille seigneuriale de Villeneuve, alors implantée non loin au château des Noyers. Il est placé sous le vocable de saint Martin de Tours qui, depuis l'époque médiévale, fait l'objet d'un culte important en Anjou. Cette chapelle de pèlerinage à nef unique et petite chapelle secondaire, a conservé son puits et sa source.

49 – Montreuil-Bellay

Anciennes écuries du château de Montreuil-Bellay

XVe siècle

Inscription (arrêté du 12 février 2019) : écuries et greniers en totalité, ensemble des parcelles constituant l'assiette du château

Le long de la rivière du Thouet, à proximité du moulin du Boëlle et au pied du château de Montreuil-Bellay, forteresse d'origine médiévale classée en 1979, un bâtiment oblong dont la destination n'avait pas été formellement identifiée – quoique le bâtiment fût largement représenté depuis le xviie siècle –, a été récemment protégé : il s'agit des anciennes écuries du château, actuellement à usage de chai. L'édifice, qui occupait à l'origine la basse cour, se singularise par une structure porteuse monumentale consistant en une succession de seize colonnes en pierre, disposées deux à deux au rez-de-chaussée, qui portent l'étage supérieur des greniers. Le plancher et la charpente ont été mis en œuvre en 1456, à l'issue de la guerre de Cent Ans, dans le cadre des travaux de reconstruction entrepris par Guillaume d'Harcourt pour le château et l'enceinte urbaine fortifiée, celle-ci classée en 1996. Par ailleurs, un vœu de classement du bâtiment a été émis par la commission régionale du patrimoine et de l'architecture.

53 – Brecé

Chapelle Saint-Jacques et Sainte-Anne de l’Ecluse

Inscription (arrêté du 24 juin 2019 : la chapelle en totalité

Vue depuis le sud-ouest.

Datable de la fin du XIe siècle ou du tout début du XIIe siècle, la chapelle de l’Écluse à Brecé (Mayenne) n’a subi qu’assez peu de remaniements pour un édifice de cette époque, ce qui en fait une des rares églises romanes de Mayenne ayant conservé une telle homogénéité. La nef a perdu sa toiture depuis au moins le 19e siècle. Le couvrement du chœur s’est effondré plus récemment, menaçant la survie de l’édifice et des peintures murales. Soucieuse de préserver ce patrimoine, la commune est parvenue à racheter la chapelle pour la restaurer et en a demandé la protection au titre des monuments historiques.

72 – Téloché

Ancienne usine de préparation de la chaux

Inscription (arrêté du 24 juin 2019) : ensemble des bâtiments de l'ancienne usine de préparation de la chaux, avec ses éléments immeubles par nature, ainsi que le poste électrique situé à l'entrée.

Vue depuis le nord-ouest © Yann-Gaël Sécher. Février 2019.

Construite entre 1928 et 1934, l’usine de production de chaux de Téloché tranche avec l’image traditionnelle des fours à chaux maçonnés, souvent construits au 19e siècle, déjà bien protégés dans notre région. Sa structure en béton armé est conçue selon le système Hennebique par la maison André-Leroy. Si la plupart des éléments de machinerie ont disparu suite à l’arrêt de l’activité dans les années 50, le bâtiment a conservé tous ses éléments de structure, dont les deux fours et les silos de stockage de la chaux. Son intérêt réside dans le caractère novateur de la production de chaux permise par ce type de four, bénéficiant des dernières avancées techniques et technologiques de l’époque.

85 – Sainte-Pexine

Jardins du domaine de Chaligny

XVIIe siècle

Inscription (arrêté du 29 mai 2019) : sol des parcelles du domaine de Chaligny, avec les allées, piliers et murs des enclos structurant les bois et les jardins, y compris le pont sur la Smagne

Le logis vendéen de Chaligny, adossé au cours sinueux de la Smagne, a été inscrit en 1989. Commencée en 1997, la restauration des jardins n'a eu de cesse de lui adjoindre un écrin de verdure dont le dessin et la composition, inspirés des traités de jardinage du xvie siècle et du début du siècle suivant, sont basés sur le tracé du parcellaire issu de l'époque moderne, ce qui a justifié l'extension de protection. La démarche est ici double : restituer l'esprit d'un jardin ancien tout en laissant place à la création. Sont ainsi délimités un jardin d'agrément, un jardin potager, un verger et un jardin des simples, tandis que les allées permettent d'arpenter le bois de Chaligny, des charmilles taillées et des haies d'aubépines contribuant elles aussi à la structuration de l'espace.

Monuments classés

49 – Angers

Maison Bleue

XXe siècle

Classement (arrêté du 15 novembre 2019) : ensemble des façades et toitures, parties communes (halls, y compris le vestibule de la rue d'Alsace et les deux cages d'escalier), appartement d'angle du 1er étage

Édifiée de 1927 à 1929 sur les plans de l'architecte Roger Jusserand, à la demande de l'homme d'affaires Gabriel Crêtaux, elle se singularise par son revêtement de mosaïques réalisé par l'entreprise d'Isidore Odorico. Elle doit son nom à son décor d'émaux sur grès cérame de Briare et émaux de Venise, l'un des plus beaux exemples français de l'Art Déco dont le credo venait d'être décliné à l'Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de Paris en 1925.

L'édifice est dû à l'initiative de l'homme d'affaires Gabriel Crêtaux (1880-1967), directeur de l'hôtel d'Anjou depuis 1913 et administrateur de la Société des Grands Hôtels de la Vallée de la Loire, qui décide ici la réalisation d'une opération immobilière. Le projet est confié à l'architecte Roger Jusserand (1891-1964), jeune architecte qui achève, en 1927, l'aménagement de la salle des fêtes de l'hôtel d'Anjou dont le décor est composé par Odorico, précisément pour Gabriel Crêtaux. Le revêtement intégral de la Maison Bleue est confié aux soins du mosaïste Isidore Odorico (1893-1945).

La Maison Bleue est représentative de l'architecture de son temps par le recours aux gradins et au toit-terrasse. Son intérêt majeur réside dans le fait que le revêtement intégral, ou l'habillage, est privilégié sur la structure. Le classement est justifié en raison de l'originalité et de l'exemplarité de la technique de pose du décor de mosaïques par l'entreprise d'Isidore Odorico, sur une surface considérable, qui a nécessité un travail de calepinage de grande ampleur. Le dégradé des couleurs témoigne d'une parfaite maîtrise. Les décors intérieurs, en particulier ceux de l'appartement d'angle du 1er étage, s'accordent à l'aspect extérieur de l'édifice qui figure parmi les plus représentatifs de l'Art Déco en France.

85 – La Roche-sur-Yon

Statue équestre de Napoléon 1er

XIXe siècle

Classement (arrêté du 14 octobre 2019) : statue équestre de Napoléon 1er avec son socle

Exécutée entre 1852 et 1854 par les meilleurs artistes du Second Empire et les plus en vue – le sculpteur et directeur des musées impériaux Alfred-émilien de Nieuwerkerke, l’architecte Pierre Manguin, les fondeurs Eck & Durand –, la spécificité de la statue équestre de Napoléon 1er, abordée sous l’angle de l'histoire de l'art, de l’histoire politique et de l'urbanisme napoléonien, tient dans sa relation à un espace public central. Elle a conservé son emplacement d'origine sur la place civique, au cœur du plan régulier de la ville neuve de la Roche-sur-Yon.

L'art statuaire équestre sert ici un monument public type. L'Empereur, tout de bronze vêtu, porte une tenue militaire de campagne, qui est aussi la tenue journalière arborée à partir de 1802. Le cheval d'airain campe sur ses jambes, les quatre pieds au sol, dans une position fixe, non en mouvement. L'Empereur n'est pas représenté ici en conquérant, mais en ordonnateur d'une ville furtivement visitée en 1808.

La place de cette œuvre d’art, au sein du corpus des statues équestres érigées au XIXe siècle, en particulier sous le Second Empire, permet d’en apprécier la qualité d’exécution, l’originalité et le caractère unique. Le modèle dont elle est inspirée, à savoir la statue équestre de l’Empereur, également exécutée par Nieuwerkerke et Manguin, érigée à Lyon en 1852, a disparu en 1871.