La restauration et la mise en valeur de la cathédrale Notre-Dame de Rodez, classée monument historique et propriété de l’État, se poursuit à l’extérieur de l’édifice par la consolidation et la restauration du massif occidental dominant la place d’Armes. Il s’agit de la deuxième étape de la campagne de travaux 2018-2021, débutée en octobre 2018 avec la restauration et la mise en valeur intérieure de la chapelle du Saint-Sépulcre,qui s’achèvera au mois de mai prochain.

Cathédrale de Rodez, rosace

Le chantier

Les travaux extérieurs, qui débuteront au mois de mars 2019 pour une durée de 36 mois, consistent pour l’essentiel à conforter le massif de fondation, par des injections jusqu’à 9 m de profondeur ; à consolider les murs en élévation, par des tirants et la restauration des parements en pierre de taille.

Les échafaudages en place permettront également les restaurations des sculptures, des vitraux, et enfin, de la couverture en plomb des parties hautes de l’ouvrage, participant ainsi à la sauvegarde et la mise en valeur du monument et de sa façade principale.

Les raisons du chantier

Le massif occidental souffre de problèmes de stabilité, signalés dès 1883, lors de la chute d’un escalier interne, et par de nombreuses fissures traversant les murs.

Ces fissures, observées lors de chantiers récents sur la tour sud-ouest et dans le triforium, sont la conséquence d’un déversement du massif occidental vers la place d’Armes en raison de fondations affaiblies au cours des siècles.

Les études réalisées à partir de 2015 ont précisé ce diagnostic et proposé des solutions de renforcement pour stabiliser cette partie du monument.

La construction de la cathédrale

Le chantier de construction de la cathédrale de Rodez, commencé par l'édification du chœur à partir de 1277, s'est déroulé d'est en ouest durant près de trois siècles. L'édifice gothique remplace peu à peu l'ancienne cathédrale romane, mais le volume plus important de la nouvelle nef impose de déborder à l'ouest des murailles de la ville.

La façade occidentale

En 1474, les consuls de la Rodez en autorisent la démolition, à condition de conserver un mur occidental d'allure massive aux percements étroits. Les armoiries qui scandent la façade dans sa hauteur et un dessin de 1514 nous informent sur la chronologie du chantier. Les murs sont érigés au tournant du XVIe siècle ; dans le premier quart du siècle la tour nord atteint sa hauteur actuelle et la nef est élevée au même niveau.

Au sommet de la tour sud-ouest, laissée inachevée faute de moyens, une inscription latine donne la mesure de l'ambition qui a présidé à la construction de la cathédrale : "Que s’effacent les masses absurdes des pyramides des Égyptiens. Salut aux vraies merveilles du monde ; Nous autres, admirons la beauté du lieu auguste consacré par la sainte Vierge".

Cathédrale de Rodez, tempietto encadré de pinacles

Cette façade massive, de style gothique flamboyant, achevée vers 1555 par le cardinal d’Armagnac, est surmontée d’une façade miniature « d’église à la romaine » dont le vocabulaire architectural et le décor sculpté traduisent des influences italiennes et de la Renaissance. Les pinacles qui la flanquent sont achevés sous ses successeurs avant la fin du siècle.

L’édification de la façade occidentale est venue conclure la construction de la cathédrale de Rodez.

Le budget

L'opération, d'un montant proche de 3 millions euros, sera réalisée sous la maîtrise d'ouvrage de la direction régionale des affaires culturelles d’Occitanie (CRMH) et dirigée par Christophe Amiot, architecte en chef des Monuments historiques.

Cette opération sera la plus importante restauration d’un monument historique de l’État relevant du ministère de la Culture en Occitanie.

Les artisans de la restauration et la mise en valeur

Les travaux seront exécutés par les entreprises qualifiées, pour les lots suivants :

  • maçonnerie – pierre de taille : entreprise Vermorel (Salles-la-Source – Aveyron), associée aux entreprises Uretek et Botte pour les consolidations de fondations et à R3S (Mazères – Ariège) pour la mise en œuvre des tirants ;
  • restauration de sculptures : entreprise Vermorel (Salles-la-Source – Aveyron), associée à l’atelier Quelart (Paris) pour les consolidations de sculptures ;
  • couverture : Micha Morin Couverture (Massegros – Lozère) ;
  • vitraux : atelier Saint-Clair (Capdenac-Gare – Aveyron) ;
  • dépose et protection de mobilier : société Malbrel Conservation (Capdenac – Lot).