Du 11 novembre 2016 au 27 août 2017

L'abbaye de Maubuisson présente "Désert", la nouvelle exposition personnelle de Stéphane Thidet. Pour son exposition personnelle dans cette ancienne abbaye royale cistercienne, Stéphane Thidet a pensé trois œuvres contextuelles, en résonance avec le lieu. Ses nouvelles productions ont pour point commun leur rapport au sol, au paysage, au géologique, à une idée de l’épure en écho à ce monastère cistercien. Du 11 novembre 2016 au 27 août 2017.

"Le désert c’est Dieu sans les hommes"

En investissant ces espaces monastiques, Stéphane Thidet s’est intéressé à ce qui  constitue l’essence même de ces lieux, à savoir la retraite, la prière et l’introspection. L’image du désert en est le miroir, comme espace mental, de paix, d’isolement, de méditation, de silence, d’éternité et de contemplation. Parcourir le désert, c’est affronter le vide, l’inconnu. Le désert et ses espaces inspirants, cette impression d’être à la naissance du monde est évoquée par Honoré de Balzac qui nous dit : "Le désert c’est Dieu sans les hommes". (1- Honoré de Balzac, "Dans le désert, voyez-vous, il y a tout, et il n’y a rien… - Mais encore expliquez-moi ? - Eh ! bien, reprit-il en laissant échapper un geste d’impatience, c’est Dieu sans les hommes." (extrait de la nouvelle "Une passion dans le désert", Paris, 1832, page 303).

Stéphane Thidet, "Sans titre (Racetrack)", étude préparatoire pour la salle des religieuses, aquarelle, 2016 © Stéphane Thidet

des visions distordues de la réalité

À la fois sombre et émerveillé, le monde de Stéphane Thidet offre des visions distordues de la réalité. Ses œuvres suggèrent un ailleurs, une fiction non accessible mais perceptible, qui confronte le spectateur à un nouvel "état des choses". Stéphane Thidet crée des univers où s’opèrent des décalages, des pas de côté. Ses oeuvres mettent en scène sa vision de la réalité imprégnée de fiction et de poésie. Il aime à se situer dans cet entre-deux et jouer avec les limites de ces espaces fictionnels et réels. S’appuyant sur des situations de la vie courante, il y décrit la notion d’instabilité face à l’érosion du temps et de l’action qui mène à leur disparition (exemples : "Le Refuge" et "La Crue").

Son travail tient à la fois de la sculpture et de l’installation. Depuis le milieu des années 1990, le lien avec les éléments naturels traverse tout le travail de Stéphane Thidet et ici, tout particulièrement. Se reconnecter avec les origines et le cosmos, c’est l’expérience sensorielle proposée par l’œuvre "Le Son des planètes". Plongé dans l’obscurité, le spectateur fait face à deux gongs vibrant à partir des fréquences des planètes, elles-mêmes captées de nuit, et retransmises le jour grâce à une antenne radio télescopique installée dans le parc de l’abbaye.

Stéphane Thidet, "Sans titre (Le Son des planètes)", simulation pour la salle du Chapitre, 2016 © Stéphane Thidet

Dans la salle des religieuses de l’abbaye, le paysage lunaire et désertique de "Racetrack" constitue un de ces panoramas. Cette œuvre est une évocation du lac asséché californien "Racetrack Playa" connu pour ses rochers qui se déplacent mystérieusement à sa surface. Comme souvent dans le travail de l’artiste, ses installations ne sont pas praticables. Stéphane Thidet nous veut spectateurs de ses oeuvres qui ici sont tout autant de paysages autour desquels nous déambulons.

Ses productions sont le résultatd’un simple geste qu’il applique à des objets, des situations. La vue d’un désert ("Racetrack"), d’arbres ancrés dans un substrat improbable (des "Gattiliers", ou "arbre au poivre", l’arbre des moines, sortent de matelas placés sur six lits dispersés dans la salle du parloir), la puissance et la majesté du son d’un gong ("Le Son des planètes"), Stéphane Thidet propose des situations dans lesquelles l’épure est recherchée. Ces formes simples conservent "leur part de mystère, de révélation contenue, qui les rend si attractives"2 et hypnotiques.

Conçue comme un parcours initiatique, l’exposition intègre des matériaux bruts (ici, la terre, l’argile, le bois, les végétaux, la pierre) pour la difficulté qu’elle apporte et à laquelle l’artiste aime à se confronter. Elle associe également des éléments non préhensiles et maîtrisables tels que le son, l’émission des ondes électromagnétiques des planètes ("Le Son des planètes"), l’action du temps sur les matières qu’elles soient minérales ou végétales ("Racetrack" et "Les Gattiliers").

Informations pratiques

Abbaye de Maubuisson / site d’art contemporain du Conseil départemental du Val d’Oise avenue Richard de Tour - 95310 Saint-Ouen l’Aumône