En ouverture du festival Faits d'hiver, les 13 et 14 janvier à 20h30, le public pourra découvrir "Mon âme pour un baiser", création de Bernardo Montet pour Micadanses.

Né à Marseille, Bernardo Montet a passé son enfance et adolescence à N’Djaména, Faya Largeau (Tchad) et Dakar Fann (Sénégal).

Alors qu'il commence des études de psychomotricité, il rencontre la danse avec Sylvie Tarraube-Martigny, Jean Masse et Jacques Garros (fondateur du Travail Corporel). Cette rencontre déterminante le conduit à Bruxelles où il suit la formation de l’école Mudra de Maurice Béjart. Il poursuit ensuite son parcours auprès de Catherine Diverrès, il collabore avec François Verret et danse dans Voyage Organisé de Dominique Bagouet.

son rapport au corps dansant

Quand la plupart des chorégraphes français partent aux États-Unis, il part avec Catherine Diverrès étudier la danse Butô au Japon auprès du maître Kazuo Ohno. Ce voyage bouleverse son rapport au corps dansant.

Ils y créent leur duo Instance qui conjugue violence radicale et retenue extrême.

Changé par cette expérience, Bernardo Montet a le désir irrépressible d’une danse "moins blanche" et il s’entoure alors d’une communauté de pensée avec laquelle il partage un même engagement dans l’expérience aiguë de soi et du monde. Il rencontre Téo Hernandez avec qui il imagine son solo Pain de Singe constituant une étape essentielle dans l’affirmation d’une liberté totale de l’acte artistique ; Pierre Guyotat avec qui il crée Issê Timossé, au Festival Montpellier Danse, pièce où la danse crue révèle une révolte sauvage et violente contre toute forme de domination ; et la réalisatrice Claire Denis, avec qui il collabore dans Beau Travail.

 

De 1995 à 2000, il co-dirige avec Catherine Diverrès le Centre chorégraphique national de Rennes et de Bretagne puis devient artiste associé au Quartz, dirigé alors par Jacques Blanc. Il fonde la compagnie Mawguerite avec Tal Beit-Halachmi, Marc Veh, Taoufiq Izeddiou, Dimitri Tsiapkinis, Gilles Touyard et plus tard Pascal Le Gall. Il y crée O.More, avec des musiciens gnawas, pièce charnière, qui marque profondément son parcours artistique et qui le conduit en 2003 à la direction du Centre chorégraphique national de Tours, qu’il invente comme un espace sensible et poétique partagé. Il y crée neuf pièces portées par l’exigence et la radicalité, traitant de sujets qui lui sont chers : le colonialisme, la mémoire, l’identité, la conscience des corps, la résistance.

© dr Festival Faits d’hiver

Chaque chorégraphie surgit de la précédente pour tisser une image à la fois semblable et différente : les corps, dans leur dimension poétique et politique, rejouent le monde qui nous entoure.

En 2012, il reprend la direction artistique de la Compagnie Mawguerite qu’il implante à Morlaix et devient artiste associé au projet SE/cW – plateforme d’arts et de recherches associant le cinéma La Salamandre, la compagnie de théâtre l’Entresort dirigée par Madeleine Louarn et l’association de musiques électroniques Wart.

En 2014 et 2015, artiste associé au Théâtre Louis Aragon à Tremblay- en-France, il crée Lux Tenebrae et reprend O.More. Tout en menant ses propres projets de création, il propose, à partir du territoire breton, une approche ouverte de la danse associant recherche, exigence et bienveillance. Il accompagne des parcours et des aventures artistiques en France et à l’international.

"CARTE BLANCHE NOIRE"

 

Chaque chorégraphe responsable de la programmation de Blitz est également programmé dans le festival Faits d’hiver avec une de ses pièces.
Pour l’édition de 2020, Bernardo Montet est le maître d’œuvre de cette soirée originale, il créera également sa nouvelle pièce Mon âme pour un baiser.
Les trois premières éditions de Blitz ont été très diverses dans leurs propositions artistiques : le fractionnement extrême de Nadia Vadori-Gauthier où pas moins d’une vingtaine de propositions très courtes se répondaient (2017) ; le recentrement de Joanne Leighton autour de la notion d’œuvres (2018) ; l’intergénérationnel revendiqué et la notion de passation en corps de Thomas Lebrun (2019). Les deux précédents projets soutenus par la SACD ont rencontré un très beau succès, c’est pourquoi le festival désire étendre Blitz à deux diffusions.
Pour sa part, Bernardo Montet désire organiser une "carte blanche noire". Il souhaite ainsi : « donner un coup de projecteur sur les écritures chorégraphiques noires à la croisée, àl’"intersectionnalité" des chemins.
L’"intersectionnalité" souligne les liens qui existent entre les discriminations basées sur le racisme, le sexisme, l’homophobie, le clanisme, l’âgisme et le capacitisme, entre autres. »