Le musée des Avelines, Musée d’art et d’histoire de Saint-Cloud présente "La France depuis Saint-Cloud, André Kertész et la revue Art et Médecine (1931-1936)". Le Musée, en partenariat avec la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine (MAP), rend ainsi hommage au photographe André Kertész (1894-1985), photographe majeur du XXe siècle. L’exposition s’attache plus particulièrement à montrer la diversité et la modernité de ses œuvres publiées entre 1931 et 1936 dans la revue Art et Médecine du docteur Debat, figure emblématique de Saint-Cloud. Cette rétrospective rassemble 80 tirages en noir et blanc de Kertész, soulignant son regard très personnel et sa vision poétique des belles choses que les autres ne voient pas. Elle invite à une déambulation dans la France de l’entre-deux guerres, une promenade onirique entre ombre et lumière. Du 21 février au 13 juillet 2019.

Un photographe hongrois à Paris

Né en 1894 en Hongrie, André Kertész se voit offrir son premier appareil photographique par sa mère en 1912. Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale, il rapporte des images des moments parfois anodins de sa vie de soldat. Après la guerre, renforcé par quelques succès d’estime comme l’exposition de quelques tirages par la Société hongroise des amateurs photographes en 1922, il cherche à faire de la photographie son métier.

En octobre 1925, muni d’un visa de quelques mois, André Kertész débarque à Paris. Il publie ses premières photographies en 1926 dans la revue "Art et Industrie". Il fréquente alors les milieux artistiques d’avant-garde et photographie ses amis hongrois, les ateliers d’artistes, les scènes de rue, les cafés et les jardins parisiens. La ville lui offre de nouveaux points de vue quand il photographie les ombres des passants depuis sa fenêtre.

expo

André Kertész (1894-1985) Autoportrait 1929 Négatif gélatino-bromure noir et blanc sur support verre © ministère de la Culture – Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, dist. RMN-Grand Palais / Donation André Kertész

En 1927, il expose ses images à la galerie "Au Sacre du Printemps". Sa réputation commençant à s’établir, il collabore à différentes publications françaises comme "L’Art vivant et Art et Médecine", des revues allemandes comme "Die dame" ou "Uhu".

Il devient surtout l’un des photographes du magazine "Vu", dont il illustre près de cent cinquante articles de 1928 jusqu’à son départ pour les États-Unis.

En 1934, l’auteur des "Distorsions" publie "Paris vu par André Kertész", préfacé par Pierre Mac Orlan.

En 1936, il signe un contrat avec l’agence Keystone et émigre à New York où il collabore avec les revues du groupe Condé Nast, comme "Vogue"et "House and Garden".

En 1945, il publie "Day of Paris", dans lequel il restitue le Paris des années 1930.

À partir de 1962, Kertész assiste à la reconnaissance de son œuvre par les institutions et le grand public : les expositions à la Biennale de Venise, à la Bibliothèque nationale de France ou au Museum of modern art à New York s’enchaînent. Il revient fréquemment à Paris qu’il continue à photographier jusqu’à sa mort en 1985. La ville, et Paris en particulier, est l’un des sujets centraux de son œuvre, notamment dans "Sixty Years of Photography" (1972), "J’aime Paris" (1974) ou "Of Paris and New York" (1985). Le photographe meurt à New York, en 1985.

En mars 1984, Kertész fait don de ses négatifs et de ses archives à la France. La Médiathèque de l’architecture et du patrimoine (MAP) conserve ainsi plus de 100 000 négatifs, des tirages contacts de lecture, une partie de sa bibliothèque et l’abondante correspondance du photographe.