Le projet d’extension d’une plateforme légumière par la SCI TREMU, à l’emplacement d’un site archéologique recensé dans le Plan local d’urbanisme, a motivé la prescription d’une fouille préventive par la Direction régionale des Affaires Culturelles de Bretagne.

Lors de cette opération réalisée par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), les archéologues ont mis au jour au sein d’un habitat gaulois des vestiges d’intérêt national datés du milieu du Ier siècle avant J.-C.

Un buste exceptionnel

C’est à proximité d’une grande maison qu’un premier buste en pierre d’un homme à la chevelure et à la barbe soigneusement représentées a été mis au jour, face contre terre, déposé dans une fosse spécialement creusée pour lui. Ce personnage appartenait manifestement à une famille importante de la cité des Osismes occupant alors cette partie de la péninsule bretonne.

Il porte en un effet un torque, collier formé d’une tige de métal (le plus souvent de l’or au Ier siècle avant J.-C.) terminée par des sphères ou des disques, octroyé par les cités gauloises à titre honorifique à leurs membres les plus valeureux. La partie inférieure de l’œuvre, non travaillée, se termine en pointe : elle devait à l’origine être fichée dans le sol ou dans un autre matériau. Elle est interprétée comme une effigie destinée à perpétuer la mémoire du défunt et la grandeur de sa famille.

 

Découverte de sculptures gauloises à Trémuson

 

Autres découvertes au fonds d'un puits

« Après la découverte de la première sculpture, nous avons décidé d’explorer le puits derrière la maison. Nous avons ainsi fait appel à la cellule d’intervention sur les structures archéologiques profondes », explique Stéphane Bourne, le responsable scientifique de la fouille.

 

Des céramiques et des fragments d’amphores romaines, un seau de banquet en bois orné de bronze dans un état de conservation exceptionnel et trois autres bustes de taille plus réduite que le premier, ont été découverts au fond du puits à 6 mètres de profondeur.

 

« Depuis 2016, nous avons travaillé sur une cinquantaine de puits de différentes époques », détaille Christophe Tardy spécialisé dans l’archéologie en zone profonde. « À Trémuson, nous sommes vraiment sur une découverte d’ampleur. On ne sait pas quand on retrouvera un puits livrant des objets aussi remarquables et bien conservés ! ».

Moins d’une trentaine de sculptures de ce type sont recensées sur tout le territoire national, dont près de la moitié en Bretagne. Les quatre œuvres de Trémuson font écho aux quatre bustes mis au jour il y a plus d’une vingtaine d’années lors de la fouille de la résidence aristocratique gauloise de Paule, près de Carhaix, représentant notamment un barde avec sa lyre.

Le site de La Morandais pourrait réserver d’autres surprises : l’emprise de la fouille préventive n’a pour l’instant couvert que la partie résidentielle du domaine.

Crédits photographiques : Stéphane Bourne (Inrap)