Site chargé d'histoire, monument original à plus d'un titre, la cathédrale de Dol de Bretagne fait l'objet d'une campagne de travaux d'envergure qui s'inscrivent dans le cadre du plan de relance.
Une convention liant l’État, la Ville de Dol de Bretagne et la Fondation du patrimoine sur le financement des travaux a été signée le 28 juin dernier à l'occasion d'un déplacement du préfet de région Bretagne sur le chantier.

 

Cathédrale Saint-Samson © DRAC Bretagne

Un peu d’histoire

Fondé selon la tradition au VIe siècle par saint Samson venu du pays de Galles, le diocèse de Dol de Bretagne compte parmi les neufs évêchés historiques bretons.

C’est l’un des évêchés dont la tradition rattache l’origine aux sept saint fondateurs venus s’installer en Bretagne continentale entre le Ve et le VIe siècle depuis les territoires celtiques insulaires de Cornouailles et du Pays de Galles. Saint Malo et saint Brieuc fondent ainsi leurs évêchés éponymes, saint Pattern s’installe à Vannes, saint Corentin à Quimper, saint Pol Aurélien à Saint Pol de Léon, saint Tugdual à Tréguier. Ce réseau de fondations, qui ont pour noyau d’origine un ermitage ou une communauté monastique, structure la géographie religieuse bretonne et trace les étapes d’un pèlerinage attesté à l’époque médiévale. Désigné sous le terme de Pèlerinage des Sept-Saints de Bretagne, parfois qualifié de circuitus Britanniae (« le tour de la Bretagne » en latin), il prend le nom breton de Tro Breiz au XIXe siècle.

Le site de Dol de Bretagne occupe une place particulière et éminente dans ce paysage. Lieu du sacre du roi de Bretagne Nominoë en 848, il acquiert un temps le rang d’archevêché avant de revenir en 1199 sous l’autorité de l'archidiocèse métropolitain de Tours avec les autres évêchés bretons.

Les premières incursions vikings commencent au début du Xe siècle et ne cessent de s’intensifier. Dol est investie et ravagée à plusieurs reprises. L'installation des Vikings en Normandie positionne le site en place frontière qui subira les assauts de Guillaume le Conquérant un temps en conflit avec le duc Conan II, avant de partir à la conquête de l'Angleterre. Un épisode de la tapisserie de Bayeux représente les combats autour de Dol.

Représentation de la place de Dol de Bretagne sur la tapisserie de Bayeux

La cathédrale de Dol est, dans son état actuel, la plus ancienne de Bretagne. Rebâtie sur la cathédrale romane incendiée en 1203 par Jean sans Terre, elle date en grande partie du XIIIe siècle. La reconstruction débuta par la nef, qui présente un style encore proche de l’art roman. Continuée par le transept, elle s’acheva en 1265 par l’édification du chœur, à chevet plat avec un déambulatoire entouré de chapelles, de plan assez exceptionnel en France.

Une importante campagne de travaux au XIVe siècle comprit la construction de la tour de croisée, du grand porche sud (modifié au XVe siècle), de la salle capitulaire et de la chapelle située en avant du chœur. La façade ouest est composée de parties d’époques diverses et conserve quelques vestiges de la façade romane ; la grande baie a été partiellement aveuglée au XVIIIe siècle par la construction du buffet d’orgues. Les tours nord et sud, respectivement reconstruites aux XVIe et XVe siècles, conservent également d’importants vestiges des tours romanes, peu visibles de l'extérieur car englobés dans les constructions postérieures.

Elle se distingue des autres cathédrales bretonnes par le style gothique anglo-normand d'un duché  sous influence Plantagenêt  au début de sa reconstruction. Elle présente également la particularité de conserver une partie des verrières de cette époque.

La maîtresse-vitre du chœur date des années 1280-1290 © DRAC Bretagne

Classé dès 1840, le bâtiment appartient à la commune de Dol de Bretagne.

Un des sept chantiers du volet patrimonial du plan de relance

Dol de Bretagne constitue l’un des 7 chantiers bénéficiant de la mobilisation et des financements du plan de relance en Bretagne. L’ancienne cathédrale Saint-Samson de Dol-de-Bretagne a bénéficié de diverses campagnes pluriannuelles de travaux.
Celle qui a débuté en 2007  a concerné la restauration du bas-côté nord. La campagne entamée en 2013 consistait principalement en travaux d’entretien de la couverture du bas-côté sud. En 2019 des travaux de remaniement des toitures hautes, des balustrades et des vitraux du bras sud du transept a été engagée.

La campagne en cours bénéficiant des crédits du plan de relance à hauteur de 600 000 euros sur les 2,8 millions d'euros de budget actualisé, s'inscrit dans la continuité des précédentes opérations. Elle porte sur les parties hautes des toitures de la cathédrale qui peuvent remonter à l’origine de la construction, hormis pour celles de la tour de croisée. Elle concerne tout particulièrement la charpente et les balustres et balustrades, d'abord au dessus de la nef, puis au niveau du chœur.

Olivier Weets, architecte en chef des monuments historiques, supervise les opérations.

La maçonnerie est assurée par l'entreprise Maugerie Art Groupe Villemain nord-ouest de Châteaugiron ; les travaux de charpente sont assurés par les ateliers Perrault installés à Mauges-sur-Loire ; l'entreprise Heriau de Vitré assure les travaux de couverture.

Une visite de l'intérieur de la cathédrale a été menée par Patrick Amiot, président de l'association pour les recherches à la cathédrale de Dol-de-Bretagne (A.R.C.A.D). Anne Faucheux, architecte du patrimoine, chef de projet au sein du cabinet Weets et Thierry Fougères, ingénieur de la cellule cellule travaux et marchés de la Conservation régionales des monuments historiques de la DRAC Bretagne, ont ensuite guidé le préfet, le maire, les représentants de la Fondation du patrimoine et les autres personnalités présentes  sur les travaux en cours.

Une convention signée avec la Fondation du patrimoine

Après la présentation du chantier, Emmanuel Berthier, préfet de région Bretagne, Isabelle Chardonnier, directrice régionale des affaires culturelles, Denis Rapinel, maire de Dol et Jean-Pierre Ghuysen, délégué régional Bretagne pour la Fondation du patrimoine, se sont retrouvés pour la signature d'une convention de financement des travaux.

Après saint Samson, un autre gallois se joint aux efforts de l’État pour la préservation et la notoriété du site  : Ken Follet, informé par son éditeur Robert Laffont de l'existence et du rôle de la Fondation du patrimoine, a choisi de faire transiter par cet organisme le don de ses droits d'auteur sur l'ouvrage rédigé quelques jours après l'incendie de Notre-Dame-de-Paris pour contribuer à la restauration d'une autre cathédrale. Séduit par sa cohérence architecturale et peut être par les liens trans-Manche préexistants, il a choisi Dol de Bretagne qui bénéficiera ainsi d'un financement supplémentaire de 148 000 euros.

Pour en savoir plus :

Cathédrale de Dol de Bretagne