Hôtel protégé au titre des monuments historiques par arrêté du 5 juillet 1926, les façades et toitures, le sol de la cour ovale et de la terrasse et les pièces suivantes avec leur décor : le grand salon avec sa cheminée et le bureau qui lui fait suite à l'angle nord sont classées au titre des monuments historiques par arrêté du 18 juin 1979

Historique

L’hôtel de Chazerat s’élève le long de l’ancienne rue des Nobles, rebaptisée rue Pascal pendant la Révolution.

Il a été commandé par Charles-Antoine - Claude de Chazerat (1728-1824). Fils et petit-fils de deux premiers présidents de la Cour des Aides, dont il hérita la charge, il est surtout connu pour avoir occupé le poste d’intendant de Justice, Police et Finances de la généralité de Riom et province d’Auvergne de 1770 à 1789.

On peut supposer que Chazerat fit appel, pour le dessin de sa nouvelle demeure, à l’architecte d’origine rouennaise Antoine- Mathieu Le Carpentier, présent en Auvergne entre 1758 et 1767.

En avril 1761, les fondations sont terminées, sous la direction de l’architecte clermontois Pierre Peyrat, qui surveilla le chantier jusqu’à l’achèvement du gros oeuvre en 1764. Lorsque Monsieur de Chazerat est nommé intendant en 1770, l’hôtel est en voie d’achèvement. À la Révolution, l’hôtel est confisqué puis vendu comme bien national. Il est alors acheté par la ville de Clermont mais, dès 1806, Monsieur de Chazerat réintègre son logis et, quelques jours avant sa mort, le vend à l’autorité ecclésiastique.

Jusqu’à la séparation de l’Église et de l’État en 1905, l’édifice est affecté à l’évêché de Clermont. La Faculté des lettres puis la direction départementale des Services fiscaux remplacèrent l’évêché dans les locaux.

Enfin, depuis 1982, l’hôtel de Chazerat est devenu le siège de la Direction régionale des affaires culturelles Auvergne; En 2016, les régions Auvergne et Rhône-Alpes fusionnent, l'hôtel de Chazerat est un des deux sites de la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes.

Architecture et décors

Lorsque les plans de l’hôtel sont conçus, les théoriciens de l’architecture comme Jacques-François Blondel prônent un retour à la “manière française”, autrement dit à la rigueur du style adopté par Jules Hardouin-Mansart pour Louis XIV entre les années 1671 (date de la création de l’Académie royale d’architecture) et 1715. Le Petit Trianon de Jacques-Ange Gabriel, exactement contemporain de l’hôtel de Chazerat, constitue le modèle de ce retour à l’ordre.

Le plan de la cour ovale rythmée de pilastres, trait le plus remarquable de l’édifice, est emprunté à Germain Boffrand qui l’avait mis au point en 1710 pour l’hôtel Amelot de Gournay, situé 1 rue Saint-Dominique à Paris.

Cet architecte avait d’ailleurs lui même contribué à la diffusion des plans et élévations de cet hôtel en les faisant figurer dans le recueil gravé de son oeuvre paru en 1745. Les imitateurs furent cependant peu nombreux. Si l’on remarque une relative rusticité dans le traitement des chapiteaux ioniques (fleurs, draperies), cela n’est pas dû à la pierre volcanique qui s’était en effet admirablement prêtée aux finesses des sculpteurs au XVIe siècle (par exemple, décor de l’hôtel Savaron à Clermont, 3 rue des Chaussetiers ; décor de l’hôtel Guimoneau à Riom, 12 rue de l’Horloge).

L’agencement général de l’hôtel a été bouleversé dès son affectation à l’évêché en 1824 : le hall d’accueil actuel était une antichambre qui pouvait servir de salle à manger.

Au XVIIIe siècle, la pièce attenante tenait lieu de vestibule : son plan circulaire et son éclairage zénithal reflètent la mode du temps, qui permettait d’exploiter des espaces obscurs tout en procurant des effets lumineux originaux.

Aucun des escaliers ne se prête à une mise en scène, puisque l’étage noble est ici situé au niveau de la cour. En effet, les chambres des maîtres de maison sont au rez-de-chaussée, tandis que les chambres des domestiques prennent place au premier étage. Les pièces de service et les cuisines sont en niveau semi-enterré et enterré.

Dans le salon de compagnie, on retrouve la grande manière du style néo-Louis XIV, où la dorure la plus riche se détache sur un fond blanc : “la plus belle couleur est le blanc” écrivait D’Aviler dans son cours d’architecture en 1691, opinion que partageaient les architectes de l’Académie.

Les scènes des quatre bas-reliefs situés en dessus-de-porte représentent les quatre saisons. Ce sont des copies du décor de la fontaine de Grenelle (rue de Grenelle à Paris, commande passée par la Ville au sculpteur Edme Bouchardon en 1739).

Du salon, on accède à la terrasse d’où l’on a vue d’une part sur la façade postérieure, qui aurait sans doute gagné à être surélevée, et d’autre part sur le jardin en contrebas. Aucun document ne permet de restituer le dessin des massifs d’origine, mais il est certain que ces derniers étaient faits pour être appréciés.

Les écuries voûtées prenaient place sous la terrasse, un décor de chevaux en relief surmonte encore la porte.