Le professeur Claude Jacques, l’un des plus fins connaisseurs de la civilisation khmère, était aussi l’un des derniers chercheurs de l’école française d’extrême Orient à avoir travaillé au Cambodge dans les années soixante. 

Epigraphiste, héritier de Georges Cœdès, il a participé en 1965 à la création de la faculté d’archéologie de Phnom Penh où il a enseigné jusque dans les années soixante-dix. La guerre l’obligera alors à quitter le Cambodge. Il n’y retournera qu’à la fin des années quatre-vingt, après le génocide, alertant la communauté internationale sur la disparition de la totalité de ses collègues cambodgiens.

Ses nombreuses publications ont permis à un large public de découvrir les temples d’Angkor. Après le génocide khmer, le Président de la République François Mitterrand lui demanda de participer au groupe de travail sur la reconstruction patrimoniale du Cambodge, présidé par Laure Adler.

Il fut Conseiller pour Angkor de Federico Mayor, alors directeur général de l’UNESCO. Depuis 1992, il aura régulièrement collaboré avec le ministère de la Culture, jusqu’au dernier comité de décembre 2017 où il avait accepté d’être filmé pour un module de formation à distance sur Angkor, qui lui sera dédié.

Il fut également le professeur d’épigraphie khmère de son altesse royale, la princesse Sirindhorn, fille du roi de Thaïlande. Il avait reçu en juin dernier la plus haute distinction du Royaume du Cambodge des mains du roi Norodom Sihamoni.

C’était un maître qui savait admirablement faire partager son immense savoir et son amour du Cambodge. Un homme remarquable qui aura mené un inlassable combat pour aider les cambodgiens à renouer avec ce qui leur est le plus cher : leur histoire, leur identité, leur patrimoine.

La ministre de la Culture adresse toutes ses pensées à sa famille, ses proches et ses élèves.