Madame le Secrétaire d’Etat, chère Axelle Lemaire,
Mesdames et messieurs, chers amis,
Je me réjouis de voir le grand nombre et la grande diversité des personnes qui ont investi cet espace :
- les créateurs et les artistes
- les entrepreneurs et les porteurs de projets innovants dans des start-up
- les jeunes diplômés et les jeunes professionnels qui ont trouvé un espace en accès libre où développer leur projet
- les jeunes étudiants de nos écoles
- les agents du ministère qui se sont pleinement investis dans cette initiative et y ont trouvé une grande satisfaction.
Cette image d’un ministère ouvert sur le monde, la jeunesse et le numérique me plaît beaucoup !
J’avais annoncé lors de l’Automne numérique que je serai la ministre qui aura fait entrer le Ministère de la Culture de plain pied et les yeux ouverts dans l’ère numérique. Aujourd’hui, quelques mois plus tard, voilà qu’il ouvre ses portes à la création numérique !
L’Automne numérique nous a permis de faire éclore un beau printemps de la création avec la Silicon Valois. Depuis novembre, le ministère de la culture a préparé sa mue numérique et je me réjouis des nombreuses avancées :
➢ La valorisation des ressources culturelles numériques du ministère : le ministère de la culture et de la communication a modifié les conditions générales de réutilisation de ses sites internet en plaçant ses données sous licences ouvertes pour permettre au plus grand nombre de se les approprier légalement.
➢ La sensibilisation des acteurs culturels aux licences libres dans le cadre d’un partenariat pilote avec Creative Commons France : nous avons ainsi réalisé avec eux une vidéo ludique pour familiariser les acteurs de la culture au fonctionnement des licences ouvertes.
➢ La valorisation des œuvres du domaine public avec le lancement d’un prototype de calculateur du domaine public français qui offre au public un outil pédagogique permettant de mieux appréhender le statut juridique des œuvres et la valeur des métadonnées qu’il produit.
➢ L’élaboration d’une feuille de route stratégique sur les métadonnées culturelles qui est disponible en ligne pour positionner la Culture comme un secteur d'avenir : la transition 3.0 du secteur culturel est un des leviers prioritaires de ma politique ministérielle des usages numériques.
➢ Une politique d’ouverture des données publiques culturelles du ministère et de ses opérateurs : dans la suite de l’Automne numérique où près de 150 jeux de données ont été libérés, la BNF a ouvert le 1er janvier 2014 l’ensemble de ses données bibliographiques (plus de 12 millions de notices bibliographiques et 2,5 millions de notices d’autorité). Toutes ces données sont accessibles sur le site data.gouv.fr
➢ Et enfin, comme promis en novembre, un espace dédie au travail collaboratif (coworking), a vu le jour : c’est la Silicon Valois dont nous pouvons mesurer ce soir le succès.
Depuis l’Automne numérique, le ministère de la culture a fait sa révolution numérique. Cette révolution, je voulais qu’elle soit citoyenne avant tout. Elle l’est : passer de l’Automne numérique à la Silicon Valois, c’est passer de l’ouverture des données publiques (open data) au gouvernement ouvert (open government), d’une plus grande créativité à une citoyenneté plus entière.
Avec l’Automne numérique, nous avons montré que les données culturelles publiques sont source d’innovation et de créativité : loin du « big » du big data ou de l’infiniment intime des données personnelles, la donnée, culturelle et publique, est une valeur à partager.
C’est par là que passe le redressement créatif, c’est le point d’appui de la dynamique créative que je veux impulser dans notre pays. Car, nous l’avons vu avec le Hackathon, il y a un formidable potentiel de croissance et d’innovation dans le développement des services culturels innovants et à forte valeur ajoutée, liés à la réutilisation et à l’exploitation de ces données.
La culture qui génère de la culture : c’est cela que je veux soutenir et encourager en ayant à cœur que ces données culturelles publiques soient accessibles au plus grand nombre, pour un plus juste et plus large partage du savoir et de l’innovation, pour plus de créativité et de citoyenneté.
Avec la Silicon Valois, il s‘agit d’aller plus loin et de donner à cette révolution créative une véritable dimension citoyenne. Le Président de la République l’a annoncé, la France a rejoint le partenariat pour un gouvernement ouvert (Open Government Partnership). Elle renforce ainsi son engagement en faveur de la transparence de l’action publique et de la gouvernance ouverte à travers le développement de la participation citoyenne et l’utilisation des nouvelles technologies, et tout particulièrement l’ouverture des données, pour moderniser l’action publique.
C’est tout l’enjeu de la Silicon Valois, un espace ouvert au cœur du ministère qui vise à impliquer davantage les citoyens dans l’élaboration de nos politiques publiques et à expérimenter de nouvelles formes de gouvernance au sein du ministère.
A travers la consultation publique en ligne, dont j’évoquerai tout à l’heure les résultats, à travers aussi les nombreux moments d’échange et de débat, chaque résident, chaque acteur de la société civile a pu participer à la co-construction de nos politiques publiques.
Le mot d’ordre de la Silicon valois pourrait être « liberté – égalité – créativité – citoyenneté » : c’est un espace ouvert, en accès libre, un environnement de travail stimulant qui favorise la créativité et permet à chacun de travailler et de créer dans le décloisonnement et le partage des compétences et des imaginaires.
Tout au long de ces 15 jours, ce sont plus d’une centaine de personnes par jour qui sont venues apprendre et débattre, travailler et entreprendre, créer et diffuser au cours des ateliers créatifs, des conférences et des débats, des performances et des séances de travail.
Des robots polargraph de l’ouverture à l’atelier d’art numérique du net artiste Mickael Borras, sans oublier les performances des élèves de l’école spéciale d’architecture, le ministère a vécu au rythme de la création en action renouant ainsi avec ses missions fondatrices.
Tout au long de ces 15 jours, la Silicon valois a fait du numérique un outil d’émancipation et de justice sociale.
Parce qu’il est inacceptable que le numérique puisse répéter les déterminismes et les blocages de notre société ou créer de nouvelles formes d’exclusion, nous devons permettre à chacun de maîtriser les outils et de se repérer dans la diversité de l’offre culturelle numérique.
J’ai à cœur de favoriser chez les plus jeunes la création d’un capital numérique pour leur permettre d’être de véritables acteurs de leur pratique culturelle et de saisir toutes les opportunités du numérique. C’est tout le sens de l’atelier de codage animé par les WiFilles, de jeunes collégiennes de Seine-Saint-Denis, qui ont ainsi investi la Silicon Valois pour initier le jeune public aux joies du codage.
La très stimulante conférence sur la place des femmes dans le numérique, animée par l’équipe de Girl Power 3.0 a aussi permis de mettre en avant le numérique comme un formidable moyen de lutter contre les stéréotypes et de faire voler en éclat les blocages de notre société.
La Silicon Valois, c’est aussi un véritable « coup de pouce » pour de nombreux jeunes diplômés ou jeunes entrepreneurs. Pendant 15 jours, ils ont trouvé ici des interlocuteurs, un lieu où faire mûrir leur projet. Endiguer la fuite de nos cerveaux et de nos talents, cela passe par ce type d’initiatives qui leur permet d’investir des espaces et des environnements propices à la création qu’ils n’ont souvent pas les moyens de s’approprier.
J’ai entendu vos propositions pour l’avenir de la Silicon Valois. On veillera à trouver une suite pour pérenniser cette belle opération. Après la Silicon Valois, ce sera « Valois on the road ». Cette itinérance, elle doit commencer dans mon bureau. Malraux ne l’aurait pas voulu autrement.
Je vous remercie.