La doyenne de la haute couture française, Madame Carven, nous a quittés le 8 juin à Paris, à l’âge de 105 ans.

 

C’est pour les femmes qui lui ressemblaient qu’elle avait fondé sa maison en 1945, d’où sont sorties tant de créations d’une merveilleuse fantaisie et d’un naturel irrésistible. Sa robe « Vichy rose », son malicieux « balconnet », son innimitable parfum Vétiver… Dans un univers de la haute couture qui alors était parfois quelque peu compassé, Madame Carven avait fait souffler un vent de fraîcheur et de liberté.

 

La créatrice était aussi, avec son mari, une collectionneuse aussi généreuse qu’avisée. La donation qu’elle a faite au musée du Louvre, l’une des plus importantes dont le musée ait jamais bénéficié, était composée d’une exceptionnelle collection de mobilier et d’objets d’art du XVIIIe siècle mais aussi de tapisseries, bronzes d'ameublement et peintures des XVe, XVIe et XVIIe siècles. Grâce à Madame Carven et à son mari, les collections du musée Guimet se sont elles aussi enrichies d'une remarquable collection de porcelaines de Chine. Enfin, la couturière avait offert au musée Galliera, pour le plus grand plaisir du public, un très grand nombre de ses propres créations.

 

Mes pensées vont à sa famille et à ses proches.