C’est avec une grande tristesse que j’ai appris le décès de Robert Castel, grand théoricien de la « désaffiliation » et immense inspirateur de tous ceux qui ont à cœur de se battre contre les exclusions.

Penseur de « l’insécurité sociale », Robert Castel aura été de ceux qui ont le mieux su décrire les conséquences d’une nouvelle forme de précarité professionnelle sur la cohésion de notre société. Réformiste convaincu, il en appelait à l’élaboration d’un nouveau compromis social pour replacer au centre de nos préoccupations un fléau social qui, relégué en marge de la société sous la question de « l’exclusion », la frappe pourtant au cœur .

Directeur d’étude à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, agrégé de philosophie et compagnon de route de Pierre Bourdieu, Robert Castel s’était d’abord fait connaître par son approche critique de la psychiatrie et plus particulièrement la démarche généalogique qu’il développa sur les pas de Michel Foucault. Il s’était ensuite imposé comme l’un des plus fins observateurs du monde du travail, attentif aux transformations de la question sociale et préoccupé par l’effritement de la condition salariale et la précarisation croissante de notre société.

Ses travaux, qui témoignent de sa connaissance inégalée du monde du travail, resteront une référence pour tous ceux qui luttent contre les exclusions et se battent pour une cohésion sociale renforcée.