Madame la Secrétaire d’Etat à la Jeunesse et à la Vie associative, chèreJeannette Bougrab,Monsieur le Président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, cher MichelBoyon,Monsieur le Président directeur général de France Télévisions, cher RémyPflimlin,Monsieur le président du Comité permanent de la diversité, cher HervéBourges,Monsieur le président du Centre national du cinéma et de l’image animée,cher Eric Garandeau,Monsieur le directeur général de l’Agence nationale pour la cohésionsociale et l’égalité des chances, cher Rémi Frentz,Monsieur le président de la commission Images de la Diversité, cherAlexandre Michelin,Mesdames et Messieurs les élus,Mesdames et Messieurs,

Je tiens à partager tout d’abord les mots émouvants et très importants que
Hervé Bourges a eu pour Nadia Samir, qui nous a quittés il y a peu, et dont
le talent et la présence à l’écran ont effectivement ouvert la voie qu’il nous
faut poursuivre. À titre de suggestion, vous pourriez envisager un prix ou
une bourse de France Télévisions pour les jeunes productrices : ce serait
une très belle manière de lui rendre hommage.
« France Télévisions n’est pas encore la télévision de tous les Français »,
nous indiquait votre premier rapport remis en 2010 – et ce constat pourrait
tout aussi bien s’appliquer, au-delà de France Télévisions, à l’ensemble du
paysage audiovisuel français. C’est le sens, ici, de votre présence à tous
aujourd’hui.
Si le Comité permanent de la diversité est tout l’inverse d’un comité
Théodule, c’est aussi parce qu’il est mené par un homme qui, par son
parcours, est un véritable militant de la diversité. Cher Hervé Bourges, si
tout le monde partageait votre engagement, sans doute aurions-nous
moins de chemin à parcourir encore pour mobiliser tous les acteurs
concernés par la question de la représentation de la diversité dans les
médias.
Vous êtes également un observateur également très attentif de la vie de
l’entreprise, et c’est aussi cela qui vous donne cette capacité d’aiguillonner,
c’est ce qui rend votre rapport vivant, dans lequel l’autocensure n’est pas
de mise. D’ailleurs, ce nouveau rapport ne se contente pas d’évaluer ce qui
a été fait depuis l’an dernier et de revenir sur des préoccupations déjà
identifiées : il pointe de nouveaux problèmes, il fixe de nouvelles ambitions,
tant pour la représentation de la diversité de notre société dans la gestion
interne du secteur public audiovisuel que dans sa programmation, en
venant compléter les rapports du Club Averroès, de la Commission
« Médias et Diversités » présidée par Bernard Spitz et le rapport de la
HALDE.
Il me faut rendre hommage à Patrick de Carolis, qui avait eu la géniale
intuition de créer ce Comité. Rémy Pflimlin, dès les premiers entretiens que
j’ai eu avec lui, a manifesté son engagement profond sur les questions qui
animent le comité. Nous sommes en train d’élaborer ensemble un contrat
d’objectifs et de moyens qui, pour la première fois, prendra en compte la
représentation de la diversité comme un objectif qui sera fixé pour toutes
les antennes de France Télévisions, avec la présence d’un médiateur
social au sein du groupe, la mise en place d’un répertoire recensant les
spécialistes et les acteurs issus de la diversité, ou encore des dispositions
concernant les castings d’animateurs et de chroniqueurs.
J’ai donc une grande confiance dans la dynamique qui commence à
s’installer - qui a sans doute trop tardé à s’installer, mais l’heure est
désormais à une mobilisation renforcée. Je pense notamment qu’au-delà
de France Télévisions qui se doit d’être exemplaire sur ce sujet, c’est
l’ensemble des médias qu’il nous faut sensibiliser sur ce sujet. C’est
pourquoi je profite de cet événement festif qui nous réunit aujourd’hui, la
remise des prix d’aide à l’écriture de France Télévisions et de la
commission Images de la diversité, pour vous confirmer trois points que
j’avais déjà eu l’occasion d’annoncer :
· Le processus de certification AFNOR pour la norme diversité est
d’ores et déjà bien engagé pour le ministère de la Culture et de la
Communication, et je me suis personnellement engagé au travers
notamment des nominations auxquelles j’ai procédé, de mes prises de
positons dans le débat public ou dans les manifestations que mon
ministère a organisées. La progression vers l’obtention du label AFNOR
concerne aussi d’ailleurs France Télévisions – cet objectif sera inscrit dans
son contrat d’objectifs et de moyens -, et je m’en réjouis ;
· Je vais nommer très prochainement un haut fonctionnaire qui sera
spécifiquement chargé, dans mon ministère, du dossier de la diversité ;
· Nous allons organiser au début de l’automne une journée de travail
sur le thème « médias, culture et diversités », qui associera les
professionnels, les institutions et les associations. Il s’agit d’une rencontre
que je souhaite annuelle, qui permettra de faire des bilans d’étape sur nos
actions menées en faveur de la diversité dans les domaines de la culture,
de la presse et des médias de quartier, de l’audiovisuel, afin d’examiner
ensemble comment les renforcer.
*
Je suis également heureux de profiter de ce moment pour saluer le travail
de la commission Images de la Diversité que préside Alexandre Michelin, à
qui je veux rendre hommage pour avoir depuis l’origine incarné ce dispositif
original.
Depuis plus de 4 ans maintenant, ce sont 518 oeuvres qui ont été aidées
grâce à cette initiative interministérielle que pilotent le Centre national du
cinéma et de l’image animée et l’Agence nationale pour la cohésion sociale
et l’égalité des chances (l’Acsé). Cela démontre l’ampleur du travail de
cette commission, qui profite pleinement du partenariat et de la
complémentarité de ces deux établissements publics. Le professionnalisme
de tous ses membres n’est bien sûr pas étranger à cette réussite, et la
diversité de ces fortes personnalités sont un gage de sérieux et de qualité ;
je salue leur présence et les remercie pour leur engagement remarquable.
Vous pouvez découvrir aujourd’hui le bilan 2010 de cette commission qui
vient d’être publié et que l’on vous a remis. Vous y trouverez le catalogue
des oeuvres soutenues en 2010 : il montre bien la richesse de ce dispositif
de soutien, qui nous donne un panorama d’une France multicolore. J’y vois
un symbole très signifiant de notre volonté politique, qui vise à faire en
sorte que nos écrans ressemblent davantage à ce que nous sommes et à
ceux qui nous entourent.
Ces oeuvres conjuguent variété et audace. Elles apportent une vigueur et
une fraîcheur nouvelles à notre production tant audiovisuelle que
cinématographique. Le public ne s’y trompe pas, d’ailleurs. Ces
productions touchent à des thèmes complexes liés à notre mémoire, à
notre identité collective, à notre communauté nationale. Grâce aux talents
des artistes, elles entrent en résonance avec les attentes du public, en
salle comme à la télévision, quand elles sont bien exposées.
Parmi plusieurs succès, citons simplement Aicha ou La journée de la jupe
à la télévision, et en salle, de La Première Etoile de Lucien Jean-Baptiste
ou de Neuilly sa mère de Djamel Bensalah, que je souhaite remercier pour
avoir également participé au jury du Prix que nous allons décerner.
Lorsque des auteurs interrogent l’identité de la France dans ses multiples
facettes, lorsqu’ils jouent de nos différences sur tous les modes, souvent
avec humour, c’est une chance pour notre création. Ce sont aussi des
visages et des talents qui s’y révèlent, des modes d’écritures qui se
trouvent renouvelés.
C’est là tout le sens du partenariat de la Commission, du CNC, de l’Acsé
avec France Télévisions autour du Prix d’aide à l’écriture que nous
remettons aujourd’hui, grâce à cette initiative remarquable du Comité
Permanent de la Diversité pour promouvoir les talents qui s’engagent dans
une écriture de fiction de 90 mn. Je souhaite d’ailleurs qu’elle puisse se
perpétuer et même s’élargir auprès d’autres diffuseurs.
Je tiens à féliciter très chaleureusement tous les lauréats, et je leur
souhaite surtout que leurs projets puissent trouver la diffusion qu’ils
méritent, afin qu’un public le plus large possible puisse découvrir Siki, le
premier Noir, d’origine sénégalaise, à devenir aux Etats-Unis champion du
monde de boxe, Dounia qui veut démontrer que l’on peut réussir dans une
classe préparatoire au Lycée Henri IV en venant de Noisy-le-sec, ou
encore Elodie partie découvrir la terre d’enfance de son père, qui a accueilli
massivement dans l’Allier des rapatriés de la guerre d’Indochine.
Le travail de cette commission grâce au CNC et à l’Acsé doit se poursuivre
et s’amplifier. Le chemin vers une juste représentation de la diversité est
encore long. C’est avec persistance, avec vigilance aussi, que nous
devons continuer sur cette voix, afin d’offrir sur nos écrans les
représentations d’une France riche de sa diversité et ouverte sur le monde.
J’invite maintenant les lauréats, Marc Picavez, Lucien Sanchez, Philippe
Rostan et Brigitte-Peskine, à venir nous rejoindre pour recevoir leurs prix.