Hommage de Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication, à Simon Berryer : Sim

Elle était chouette, sa gueule, et il n’avait jamais pris la « grosse tête » : avec Sim, ce n’est pas seulement le visage amical et jovial d’une sorte de copain universel qui disparaît, c’est l’un des comédiens les plus populaires, l’un des comiques français au rire le plus communicatif et le plus sympathique qui nous a quittés.
Celui qui incarnait la figure désopilante de la Baronne de la Tronche-en-Biais n’était pas seulement un grand satiriste, un maître modeste de la moquerie truculente. Il avait l’élégance de l’autodérision, ce rire qui, d’un coup, nous sauve de l’ennui, nous libère de tout esprit de sérieux.
Au long d’une carrière extrêmement riche, il a semé sa fantaisie dans ses disques, comme J’aime pas les rhododendrons et Où est passée ma chemise grise, fameuse parodie qui remporta le disque d’or et le grand prix disco-humour en 1978. Il dispensa aussi sa verve dans de nombreux films (Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais…elle cause, ou, plus récemment, dans Astérix et Obélix aux Jeux Olympiques) et, bien sûr, sur les plateaux, dès les débuts de la télévision, aux côtés de Jean Nohain. Il fêtait cette année les trente ans d’un fidèle compagnonnage avec les « Grosses Têtes ».
Ce sera avec une émotion toute particulière que nous le retrouverons sur nos écrans, le 24 septembre prochain, dans un nouvel épisode de Louis la Brocante.
Sa fantaisie sans façon ne savait pas seulement nous faire rire, elle trouvait toujours, en même temps, le chemin du cœur. C’est cette humanité qui nous manquera le plus.