Avec Göksin Sipahioglu, disparaît un grand acteur du photojournalisme, fameux pour ses nombreux scoops à travers le monde, et pour son action éclatante à la tête de l’agence Sipa Press, qu’il fonda à Paris en 1973 et qu’il anima pendant trente ans.

Venu en 1966 de Turquie auréolé de toutes sortes d’actes de bravoure – dans le Sinaï et en Israël en 1956, en 1962 à Cuba pendant la crise des missiles, premier journaliste turc, aussi, à entrer en Chine – il importa à Paris sa fougue de patron de presse passionné, exerçant tous les métiers de directeur, rédacteur en chef, preneur d’images, détecteur de talents. Sous sa férule, Sipa est devenue pour de très nombreux talents une formidable école du métier, et l’une des trois grandes agences françaises de photojournalisme. Les nombreux journalistes qu’il a formés perdent un père irremplaçable.