Avec la disparition d’Ernst Beyeler, la scène artistique perd l’une de ses trèsgrandes figures : un marchand, un mécène, un connaisseur doué d’unregard d’une exceptionnelle acuité qui lui avait permis de constituer l’une desplus belles collections du monde.J’avais encore eu le bonheur de le rencontrer, il y a quelques semaines, àBâle où sa fondation accueille une merveilleuse rétrospective sur le douanierRousseau.

Cet homme passionné et passionnant nous laisse en héritage une fondation
qui compte parmi les plus remarquables de notre temps, par la qualité de ses
collections, bien sûr, mais aussi par l’esprit qui l’anime. Nous aurons encore,
dans quelques semaines, au mois d’avril, une très belle occasion de nous
souvenir d’Ernst Beyeler en visitant au musée de l’Orangerie l’exposition
« Paul Klee : La collection Beyeler. »
Ernst Beyeler était un expert qui aura gardé jusqu’à la fin la flamme,
l’enthousiasme, de l’amateur qui ne se lasse pas d’aimer.