Le 22 juin, Frédéric Mitterrand était à Milly-la-Forêt (Essonne) pour inaugurer la Maison Jean Cocteau, qui sera ouverte au public à partir du 24 juin.

La maison d’un poète. C’est dans cette maison de Milly-la-Forêt, acquise en 1947 avec Jean Marais, que Jean Cocteau (1889-1963), poète, dramaturge, dessinateur, cinéaste… a composé quelques-unes de ses plus grandes œuvres littéraires, notamment le Testament d’Orphée et le Requiem, mais aussi bien des toiles, dessins et pastels. Le poète y a vécu jusqu’à sa mort en 1963. Son ami Edouard Dermit a veillé jusqu’en 1995 sur l’ensemble des objets qui constituaient le décor quotidien de Cocteau.
Pierre Bergé, titulaire du droit moral sur l’œuvre de Jean Cocteau, président et mécène de ce projet, a acquis la propriété en 2002 avec l’aide du Conseil régional d’Ile-de-France et du Conseil général de l’Essonne (partenaires également des travaux), pour en faire un lieu vivant de mémoire et de redécouverte de l’œuvre de Jean Cocteau.
Le poète repose non loin de sa maison, dans la Chapelle Saint-Blaise-des-Simples, dont il a réalisé lui-même les fresques.
Lors de l’inauguration, le 22 juin, Frédéric Mitterrand a déclaré que « cette maison est exemplaire » de ce qu’il « souhaite mettre en place avec le projet des « maisons des grands hommes et femmes remarquables »: non pas des lieux voyeuristes et réducteurs (...) mais bien des espaces où souffle l'esprit de ceux qui y ont habité ».

5 ans de travaux. Témoignage majeur des goûts et de l’intimité de l’artiste, la Maison Jean Cocteau offre au public, après 5 ans de travaux, la parfaite restitution de la chambre, du bureau et du grand salon, dans lequel se trouve notamment une toile magistrale de Christian Bérard.
Le projet d’aménagement, conduit par l’architecte François Magendie et le duo Dominique Païni-Nathalie Crinière (qui avait réalisé l’exposition Jean Cocteau au Centre Pompidou en 2003), permet d’exposer une sélection des œuvres graphiques de la succession Cocteau, comprenant des pièces de Picasso, Warhol, Modigliani, Buffet, Blanche, Man Ray, et de Cocteau lui-même.
Photographies, manuscrits, lettres, journaux et affiches évoquent les moments importants de la vie et de l’œuvre de Cocteau (cinéma, théâtre, musique, enfance, adolescence, guerres, amitiés...). Au rez-de-chaussée, une salle de projection programme des films de et sur le poète.

Les jardins. La maison est bordée de deux jardins : le jardin domestique, abritant une pergola où le public peut se rafraîchir, et le jardin des sculptures dans lequel subsistent deux sphynges en pierre ainsi qu’un buste de Turc, élément du décor de La Belle et la Bête.
Dans le prolongement du jardin des sculptures s’étend un verger auquel on accède par une passerelle enjambant la rivière et les douves du château. Il suit un plan classique en forme de croix et offre des points de vue remarquables sur le pignon sud de la maison, l’église de Milly, le château, la presqu’île, et au-delà, le bois aménagé pour la promenade. L’ambiance autrefois très colorée des parterres fleuris et des arbres fruitiers sera retrouvée.