Un appel à projet artistique est proposé par la Drac Île-de-France sur l'ensemble du Parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse, en vue d'un résidence mission. Cette résidence concerne les territoires ruraux et périurbains en direction d'un artiste. Celui-ci sera appelé à mettre en place une démarche de cocréation artistique avec les habitants par le biais d’un dialogue, avec pour support les particularités environnementales locales.

Le dispositif des résidences mission

Le dispositif des résidences mission est proposé par la DRAC Ile-de-France. Il concerne les territoires ruraux et périurbains. Dans le cadre d’une "résidence mission", l’artiste doit mettre en place une démarche de cocréation artistique avec les habitants par le biais d’un dialogue, avec pour support les particularités environnementales locales. L’artiste peut mettre en avant son propos artistique, mais l’axe de travail doit être la coconstruction de gestes artistiques avec les participants. Il doit accompagner le regard sur des points du territoire. Il a une mission d’éducation et d’accompagnement à la démarche artistique.

Le Parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse et les objectifs de sa charte

Qu’est-ce qu’un Parc naturel ?

Un PNR est un territoire habité à dominante rurale, au patrimoine naturel et culturel remarquable qui mérite les plus grandes attentions. Valorisant pour la Région Ile-de-France, il accueille naturellement beaucoup de Franciliens et de touristes. Les communes, les départements, et la Région adhérentes au Parc participent à la rédaction d’une Charte qui présente les grands choix du territoire. Bien entendu, la Charte prévoit les moyens de protéger la flore, la faune, les paysages, les bâtis anciens… Elle prévoit aussi d’orienter le territoire vers un développement durable et économe en énergie. Mais elle va plus loin, car elle dit comment, par quelles mesures précises, on peut parvenir à un équilibre entre l’environnement et la vie quotidienne. La Charte prévoit aussi de mesurer les efforts réalisés par les collectivités, les entreprises et les habitants. Comment parvenir à tout cela ? Les échanges sont primordiaux, l’innovation et l’expérimentation aussi. Et peut-être le détail qui change tout : l’adhésion volontaire des collectivités, source d’enthousiasme et de créativité.

Pour en savoir plus :

http://www.parc-naturel-chevreuse.fr/revision-charte-pnr.html

https://www.parcs-naturels-regionaux.fr/centre-de-ressources/document/argumentaire-questions-reponses-sur-les-pnr

https://www.parcs-naturels-regionaux.fr/recherche?search_api_fulltext=documentaire

Les objectifs culturels de sa charte

La charte est un document qui formule des objectifs que les communes s’engagent à appliquer localement. Elle est rédigée pour 15 ans.

Le patrimoine et la culture constituent un axe à part entière :

Axe 3 : Valoriser un héritage exceptionnel et encourager une vie culturelle rurbaine et rurale

Deux objectifs sont énoncés :

1) Connaître, protéger et valoriser les patrimoines culturels

1- Améliorer la connaissance culturelle du territoire

2- Préserver les patrimoines bâtis et étudier leurs éventuels prolongements contemporains

3- Valoriser les patrimoines naturels, paysagers et culturels par des approches transversales

2) Développer une action culturelle partagée, contemporaine et innovante (voir annexe)

1- Accompagner, soutenir et valoriser les activités et les acteurs culturels du territoire

2- Mettre en place une action culturelle spécifique et innovante

Expérimenter de nouvelles formes de création en adéquation avec le territoire et les valeurs du Parc :

"Le Parc invite à approcher les enjeux du territoire à travers le prisme culturel, recherchant à mobiliser les habitants et les rendre parties prenantes du projet. Il met en place des procédures de commande proposant des thématiques de recherche artistique (regards d’artistes sur le paysage, sur le lien social dans le territoire, etc.). Il organise des résidences, qui permettent aux intervenants culturels de s’imprégner du territoire et d’en saisir les enjeux et de les traduire grâce à un regard original et un mode d’expression propre. Il fait l’analyse et diffuse les résultats des démarches les plus innovantes".

Contexte et objectifs

Réalisation d’un inventaire des moulins à eau

En partenariat avec le Service Patrimoines et Inventaire de la Région Ile-de-France, le Parc naturel a réalisé un inventaire des moulins à eau. 80 moulins ont été identifiés sur les 53 communes du territoire, quasiment tous des moulins à blé. Même si leur débit était faible, les rivières du Parc étaient donc densément occupées par ces "usines" distantes l’une de l’autre de 2,5 km en moyenne !

Le paysage a par ailleurs été façonné par ces installations, le moulin n’étant en effet pas seulement qu’un bâtiment qui accueille les mécanismes de mouture mais aussi un dispositif hydraulique fait de canaux, déversoirs, vannes et autres installations hydrauliques.

Le territoire et l’histoire locale sont donc marqués par cette activité qui en plus était essentielle car nourricière.

Un patrimoine fragile

Au début du XXe siècle ces moulins ont cessé de fonctionner. Privé de leur usage ces installations sont peu à peu tombées dans l’oubli et n’ont pas été entretenues. Certaines ont disparu, les autres sont majoritairement devenues des propriétés privées. Transformées, leurs traces patrimoniales sont tenues. Privatisées, cachées par des clôtures et des aménagements postérieurs, leur visibilité a disparu. A part la toponymie, leur présence est aujourd’hui insoupçonnée. Autrefois solidaires pour leur fonctionnement, les moulins sont aujourd’hui coupés les uns des autres et l’échelle de la vallée qu’ils animaient s’efface.

Mais pour autant l’histoire qu’ils évoquent et l’univers du meunier intéressent les habitants et les élus !

C’est un patrimoine devenu quasiment immatériel, c’est plus une histoire dans les mémoires que des traces tangibles que l’on peut voir.

Pour autant parmi les 80 moulins repérés, une dizaine porte encore les 3 dimensions du moulin (architecture, technique, hydraulique) et sont les derniers témoins à partir desquels peut se tenir un propos. Quelques-uns gardent l’une des traces (une roue par exemple) et en ce sens gardent aussi une dimension pédagogique.

Les objectifs du projet

1. Faire connaître une activité marquante pour le territoire

  • Évoquer cette histoire technique et nourricière, le paysage forgé et l’échelle de la vallée

2. Faire connaître un patrimoine devenu invisible, évoquer cette histoire

  • S’appuyer sur des traces évocatrices pour porter un propos plus large

Lieux d’intervention possible

Les sites publics où des interventions seraient possibles (repérages et rendez-vous publics)

Des moulins :

  • Le Moulin d’Ors à Châteaufort (lieu principal géré par le Parc)
  • Le Petit Moulin des Vaux de Cernay et les ruines du Grand Moulin (propriété du département des Yvelines) – Participation à confirmer
  • Le moulin de l’Abbaye de Port-Royal (Musée d’Etat/Musée de France) – Participation à confirmer
  • Le moulin Neuf de Saint-Arnoult (propriété municipale/écomusée associatif)

Des portions de rivière :

  • la chaîne des moulins du Ru des Vaux (parcours balisé existant)
  • la Haute Mauldre entre Saint-Rémy-l’Honoré et le Tremblay-sur-Mauldre (projet de parcours)
  • Les moulins de la Rémarde à Longvilliers (cheminements libres)

Il est souhaité que l’ensemble du territoire du Parc soit concerné, ponctuellement. Au-delà de ces lieux identifiés, majoritairement situés à l’est du territoire, il conviendra de trouver d’autres lieux d’intervention plus à l’ouest.

Des lieux privés pourront être mobilisés soit comme lieux de repérage soit comme lieux d’intervention en fonction de la disponibilité des propriétaires.

Le reste des espaces publics des vallées sont des terrains de réflexion et d’intervention également possible. La toponymie peut aussi être un support.

L’intervention artistique attendue

Toutes les disciplines artistiques, tous les supports sont recevables.

Une création collaborative

Le projet artistique devra être participatif et partagé avec les habitants.

Il s’agira d’imaginer des temps de co-création avec les habitants, les gestionnaires ou propriétaires des lieux, ou autres personnes impliquées afin que l’œuvre soit participative et nourrie de ces contributions et des connaissances locales.

Pour faciliter les relations avec le territoire, l’artiste interviendra de manière régulière auprès des habitants sous des formes et dans des lieux différents (école, commerce, gare, rue...).

La vision des lieux développée par l’artiste sera amenée à être confrontée avec celles des habitants, des élus, des techniciens du Parc et plus globalement des membres du comité de pilotage.

La participation pourra aussi se faire au moment des restitutions finales proposant au visiteur une expérience à vivre, un format « immersif » avec potentiellement une dimension participative pour découvrir l’œuvre.

Une création in situ sur mesure

Plusieurs lieux à déterminer conjointement seront les laboratoires du processus de création et d’expression, éventuellement de rendez-vous ponctuels de type ateliers ou découvertes.

Par ailleurs, le résultat de la démarche devra être présenté publiquement dans l’espace majoritairement en extérieur. Cette forme restitutive devra investir plusieurs sites : son format sera donc multiple ou déplaçable. La notion de découvertes plurielles, d’itinérance est importante pour relier différents espaces du territoire.

L’œuvre ou les productions devront être conçues et produites sur place.

Sont attendues des productions neuves, spécifiques au présent projet. Il ne convient pas de plaquer une démarche artistique préexistante mais de répondre à un sujet particulier et d’inventer la forme la plus appropriée pour y répondre.

Garder trace de la création

Une trace matérielle de la démarche devra rester sur le territoire, éventuellement par des moyens annexes si elle est éphémère (enregistrements, films, photographies, édition, supports en ligne, etc.). Elle doit être pensée en amont et terminer le processus de création. L’ensemble des personnes et sites impliqués devra pouvoir bénéficier de cette trace.

L’œuvre produite devra donc être multiple, participative, visible, facilement compréhensible et appropriable et de qualité professionnelle

Candidature

Peut faire acte de candidature tout artiste ou collectif professionnel. Les collectifs ayant une habitude de travail ensemble seront privilégiés.

L'artiste candidat doit avoir à son actif une production conséquente, et être en mesure de s’impliquer pleinement dans ce type particulier d’actions que représente la résidence-mission. L’artiste doit maîtriser l’usage oral de la langue française.

Déroulement

Présence de l’équipe artistique et calendrier

L’équipe artistique sera en résidence un équivalent de 4 mois sur le territoire. Si l’équipe est composée de plusieurs personnes c’est bien le groupe qui doit être présent en même temps les 4 mois.

Le projet doit être amorcé avant la fin de l’année 2021 et se terminer au plus tard avant la fin de l’année 2022.

Il paraît raisonnable d’envisager :

  • un temps d’imprégnation et de découverte des sites, de la documentation et des informations sur les lieux entre décembre et janvier
  • une présentation affinée de la démarche et de la méthode suivie en février 2022
  • le travail de création et la mobilisation des acteurs locaux et habitants entre février et juillet 2022
  • et la présentation publique de la création à l’automne 2022. Il s’agira d’élaborer une série de rendez-vous/présentations entre septembre et décembre afin que le public puisse découvrir les différentes réalisations.

Un moment inaugural de la production est envisagé.

Un temps de conclusion avec tous les partenaires et acteurs locaux mobilisés sera par ailleurs organisé.

En fonction des lieux partenaires d’autres moments officiels pourront être mis en place.

Une présentation publique de la démarche personnelle de l’équipe artistique sera mise en place au départ du projet afin de familiariser les publics locaux à son univers de création et afin d’ancrer sa présence sur le territoire.

L’équipe artistique établira un calendrier le plus précis possible de sa présence et des activités envisagées, en fonction du projet qu’elle présente.

Habitants mobilisés pour la création

Plusieurs temps seront organisés entre l’équipe artistique, des acteurs locaux impliqués et les propriétaires ou gestionnaires des sites afin de favoriser l’échange et la collaboration dans la construction du projet. Le but est aussi de favoriser l’ancrage de l’équipe artistique dans le territoire et d’accompagner la familiarisation à son univers.

Les communes et le Parc proposeront des habitants volontaires, des associations relais afin de définir un groupe de personnes avec qui la création sera réalisée collectivement, voire les groupements scolaires et les centres de loisirs.

L’équipe artistique devra de son côté mobiliser des habitants selon sa propre stratégie. Associer les habitants à la construction du projet facilite leur présence lors des temps de présentation finaux.

Lieu de travail

Les sites accueillants, les communes ou le Parc, voire des habitants volontaires mettront à disposition un espace de travail les jours de présence de l’équipe artistique.

Contraintes pratiques

L’équipe artistique devra :

- être indépendante pour la réalisation de son travail. Toutes les idées apportées devront être réalisées par ses soins. Elle pourra s’entourer pour mener à bien techniquement son projet d’un régisseur, de techniciens…, le Parc n’ayant pas de personnel technique à mettre à disposition.

- être autonome dans ses déplacements (pas de transports en commun sur place)

- avoir un comportement éco-responsable

Communication

  • Le Parc prendra en charge le volet communication en utilisant ses supports habituels : Écho du Parc, site internet, lettre d’information électronique, Facebook, Twitter.
  • Une participation des sites et communes sera demandée pour relayer le projet. La presse locale sera mobilisée.
  • La conception de supports de communication spécifiques sera envisagée avec l’équipe artistique.
  • Le plan de communication devra être pensé conjointement.

Sélection

Une première sélection se fera sur dossier

Dossier sera à remettre jusqu’au 31 octobre minuit

Un exemplaire papier devra être envoyé ou déposé à : Sophie DRANSART - PNR de la Haute Vallée de Chevreuse Château de la Madeleine 78 472 Chevreuse Cedex

Le document devra aussi être envoyé par mail en un seul fichier PDF à : delphine.regalasti@culture.gouv.fr et à s.dransart@parc-naturel-chevreuse.fr

Merci d’indiquer votre nom sur ces fichiers. L'artiste peut, s’il le souhaite, enrichir cet envoi d'un Dvd ou d'un Cd pour les œuvres vidéos et /ou œuvres sonores.

La sélection finale se fera après un entretien prévu 23 novembre 2021

Un deuxième entretien pourra être organisé le 30 novembre si besoin. Merci de réserver ces dates

Une journée de lancement sera ensuite à prévoir avant le 17 décembre (en lien avec la commission plénière Patrimoine Culture)

Pour tous renseignements ou précisions, contacter :

Sophie DRANSART, 01 30 52 09 09 - s.dransart@parc-naturel-chevreuse.fr

Document à télécharger

Cahier des charges