Pour lancer des projets culturels inédits, 8 nouveaux établissements publics culturels ont été jumelés le 14 février avec des zones de sécurité prioritaire (ZSP), sous l’égide des ministères de la Culture et de la Communication et de la Ville, de la Jeunesse et des Sports. Explications.

Accès de tous à la culture, éducation artistique et culturelle, démocratisation culturelle… Après les premières conventions signées le 13 juillet 2016, les ministères de la Culture et de la Communication, et de la Ville, de la Jeunesse et des Sports poursuivent, le 14 février 2017, cette initiative en faveur de la mixité sociale dans le domaine culturel en soutenant le rapprochement entre les 21 zones de sécurité prioritaires (ZSP) et les 23 établissements publics culturels nationaux, parmi lesquels la Bibliothèque nationale de France, le Château de Versailles, Radio France, le théâtre national de Chaillot et le Centre des monuments nationaux. « Au mois de juillet dernier, nous avions passé la première étape de ces partenariats en signant les conventions, aujourd’hui, elles prennent vie », explique Jean-François Carenco, préfet de la région d’Île-de-France, préfet de Paris, qui a signé le 14 février les huit nouvelles conventions de partenariat.

Des projets culturels concrets

Ces jumelages entre les quartiers et les établissements publics culturels se font autour de la mise en œuvre d’un projet concret d’une durée de trois ans. Ainsi, lors de la signature du 14 février 2017, les conventions lieront notamment : le musée d’Orsay et Mantes autour d’un projet d’apprentissage de la photographie ; la bibliothèque nationale de France et le quartier Saint-Blaise, à Paris 20e autour d'un projet qui place le chant au cœur de la l'expression de soi ; Radio France et les Amandiers seront associés aux trois villes d’Asnières, Gennevilliers et Colombes autour d’une collecte de sons ; la basilique de Saint-Denis avec la ville de Saint-Denis autour de la rencontre artistique entre les habitants et le célèbre édifice ; le Grand Palais avec  la ville de Gonesse autour d'un projet sur l'histoire de l'art ; la Création vocale et scénique d’Aulnay-sous-Bois avec les villes de Louvres et de Fosses, dans le Val d'Oise, autour d'un projet portant sur une création vocale et scénique ; la Ferme du Buisson et le château de Champs-sur-Marne avec quatre quartiers de Torcy autour d'un projet d'habillage de l'espace public ; le théâtre national de Chaillot et le quartier de la Goutte d’or, situé dans le 18e arrondissement de Paris, autour d’un projet pluridisciplinaire destiné à valoriser la participation collective : recomposer une fresque de Brueghel. « C’est le pari que nous faisons : rapprocher la culture de ceux qui en sont éloignés, leur donner à voir un autre possible grâce à l’art, à la culture et aux créateurs, mais en même temps, apprendre de la richesse que ces quartiers nous offrent et répondre aux aspirations de la jeunesse dans toute sa diversité », a souligné Audrey Azoulay, ministre de la Culture et de la Communication.

Redonner la parole aux quartiers : l'exemple de Savigny-sur-Temple

« Un défi que nous n’aurions pas pu réaliser seuls » : c’est ainsi que Romain Mericskay, directeur général adjoint du pôle animation de Savigny-sur-Temple, évoque le partenariat qui réunit la ville de Savigny au Château de Fontainebleau autour d’un projet concernant la notion de patrimoine. « La rencontre entre une ville nouvelle comme Savigny et un site patrimonial reconnu comme Fontainebleau, que tout oppose a priori, est en fait une opportunité unique et innovante pour nous », se réjouit-il. Et d’abord au niveau de la durée de la convention. « Trois ans, cela permet de tisser des liens durables entre les partenaires et les habitants ». Ensuite, les publics visés, « sans doute parmi les plus fragiles de nos habitants. Il a fallu aller les chercher pour les convaincre d’entrer dans une démarche de création. C’est une belle occasion de mettre en place un accompagnement renforcé des publics avec les centres sociaux, médiateurs et équipements culturels ». Les attentes de Romain Mericskay ne s’arrêtent pas là. « Je pense que ce jumelage peut faire évoluer beaucoup de choses. En participant à un projet commun, nous espérons consolider les liens entre les habitants et les services municipaux, mais également créer une dynamique et une implication plus grande dans la vie locale ». Autrement dit : ce projet culturel peut également déboucher sur une action citoyenne.

Quand le château de Versailles entre en résonance avec la ville des Mureaux

Dans le cadre des dispositifs de jumelage entre de grands établissements publics culturels et les zones de sécurité prioritaire (ZSP) d'Ile-de-France, le château de Versailles et la ville des Mureaux, partenaires déjà depuis plusieurs années, lancent un nouveau projet sur mesure : « Versailles chorégraphié ». En 2017, puis en 2018, près de 600 habitants des quartiers prioritaires du territoire découvriront et comprendront par la danse l'univers du Château et de ses jardins. Ils participeront à des visites commentées et à des ateliers de danse afin de créer leur propre spectacle chorégraphique qui sera présenté au Château.  « Autour de la danse, nous rapprochons le patrimoine de Versailles et les talents des Mureaux, la création d'hier et celle d'aujourd'hui. Versailles chorégraphié sera emblématique en 2017 et en 2018 de notre action en faveur de ceux qui, proches de nous, sont éloignés de la culture », poursuit Catherine Pégard, présidente du château de Versailles. Le projet est mené avec le chorégraphe Hervé Sika, les artistes de sa compagnie MOOD/RV6K et les équipes culturelles du château de Versailles, en étroite collaboration avec la Ville des Mureaux, la Ville d'Ecquevilly, la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise (CUGPSO), l'Académie de Versailles et le tissu associatif local. Chaque année de pratique se termine par un spectacle au château de Versailles mêlant danse baroque et danse du monde.