Sur fond rose fluo, le visuel de l’édition 2014 de la Fête de la Musique s’affiche comme un signal : augmenter le volume et s’aventurer sur les territoires de la création. Entretien avec ses concepteurs Pierre Rodière et Sylvain Levrouw, du bureau graphique Trafik.

Affiche Fête de la musique 2014

Le visuel officiel de la fête de la Musique 2014 vient d'être dévoilé. Comment l'avez-vous conçu ?

D’abord, nous notons que le ministère de la Culture et de la Communication donne sa chance à une structure indépendante, un bureau graphique et non à une grande agence. Il faut en profiter. On peut se permettre d’être soi-même, audacieux, militant. Ensuite, nous voulions quelque chose de très simple, de très lisible, d’épuré. L’enjeu n’est pas de faire découvrir la Fête de la Musique - tout le monde la connaît depuis maintenant plus de 30 ans – mais d’évoquer son esprit.

C’est-à-dire ?

Nous voulions créer un signal dans la ville. Comme un bouton de volume, que l’on ne tourne pas au maximum, mais presque ! Voilà pour nous, la Fête de la Musique. Le 21 juin, jour de l’été, c'est ce jour-là et cette nuit-là où l’on peut augmenter le volume, faire entendre la musique dans la rue, sur les trottoirs. Nous voulions que ce geste apparaisse sur l'affiche comme un réflexe, se rapprocher de quelque chose de presque primaire.

Vous rapprocher d’un vocabulaire musical ?

La Fête de la Musique, c’est la fête de toutes les musiques. Des musiques urbaines, du classique, du techno, de l’électro, du jazz… Il fallait un symbole qui puisse traverser tous ces genres musicaux. Nous avons voulu créer une affiche – si l'on peut dire – sonore ! Qui donne envie de se balader, de porter la musique en soi, vous savez, comme ces groupes de rap américains dans les années 80 qui portaient un immense transistor sur l’épaule. Il fallait figurer cette énergie, la rendre visible. Au même titre que la couleur, le rose fluo et le jaune pâle reflètent ce sentiment de vibrations positives.

Le numérique, le design, la lumière… c’est tout cela le graphisme aujourd’hui ?

Notre métier, c’est de rassembler plusieurs territoires de création, sans cloisonnement. On peut partir d’un projet classique d’identité visuelle. Puis, s’associer avec un programmateur numérique, comme nous le faisons depuis nos débuts à Trafik, mais aussi avec un musicien, un éclairagiste, proposer de la vidéo projection… Le graphisme est un lien entre toutes ces disciplines, avec pour objectif, l’inventivité, la solution la plus créative possible.