Le possible comme appréhension de la catégorie de présent
Notre démarche se propose de repérer et d'analyser des prescriptions, des pensées qui ne relèvent pas de la répétition, de la récurrence ou de la loi, mais bien du nouveau et de la rupture. Mais, il ne s'agit pas ici d'une position problématique qui, à travers le nouveau et la rupture, réintroduirait la révolte ou le bouleversement social, ou encore la révolution 14 . S'il en était ainsi, on se trouverait face à une nouvelle tentative d'historicisation des formes de pensée, en en opposant deux formes : l'une qui réfléchirait sur le même et la loi dans les processus historiques c'est ce que soutient, en regard des phénomènes qu'elle étudie, l'histoire dite de longue durée ; et l'autre qui soutiendrait que c'est l'histoire des ruptures, des transformations, des mutations, des révolutions, qui se situe au cur de l'ordre des choses. La première relevant de l'idée d'ordre et l'autre de celle de désordre, la première favorisant la stabilité et la seconde le changement.
Au contraire, le possible est selon notre perspective une catégorie de la pensée des gens : cette proposition s'oppose bien évidemment à toutes celles qui assignent le possible à ce qui va venir ou ce qui peut venir, et qui identifient la notion de " donné " à ce qui a eu lieu. C'est bien ce qu'argumente Marc Bloch dans Apologie pour l'histoire 15. Pour lui, ce sont des caractéristiques des faits eux-mêmes : ce qui a eu lieu est le donné ; ce qui aura lieu est de l'ordre du possible. Pour la pensée historienne, l'opposition entre passé et futur est constitutive, tandis que la catégorie " présent " est tendue entre deux lignes de fuite : l'une fuyant vers le passé, constamment augmenté de la ronde des jours, et l'autre courant vers l'avenir, constamment ajourné par cette même ronde.
Dans l'historicisme, appréhendé par la catégorie " étant ", le couple passé / futur est référentiel : la catégorie de présent n'y a pas de statut et devient impensable. L'historicisme ne peut s'emparer de la catégorie de présent. Comment alors élaborer cette catégorie ?
Elle n'est pas un indicateur chronologique, servant à la datation. La catégorie " présent ", pour être utilisée, exige une problématique propre, qui consiste à appréhender ce qui a lieu en regard de ce qui a lieu et non pas à l'identifier en regard de ce qui précède, la catégorie " présent " s'appliquant alors aussi bien à ce qui a lieu qu'à ce qui a eu lieu. Peut-on appréhender ce qui a lieu à partir de la consistance propre des situations ? Ou bien en regard à la fois de ce qui a précédé et de ce qui a suivi, à l'instar de la démarche causale en histoire, laquelle, pour expliquer un phénomène, en recherche les causes, mais l'analyse également à partir de ses conséquences ? Où qu'ils soient situés dans le temps, les faits étudiés par la pensée historienne sont soumis au même traitement qu'à la catégorie " présent " : ils sont examinés par leurs causes, leur passé et par leurs conséquences, leur avenir.
La dimension essentielle des conjonctures, celle du présent, échappe à l'investigation causale, comparatiste et différentielle. Cette dernière ne peut jamais analyser un processus ou un phénomène exclusivement de l'intérieur de lui-même, autrement dit en subjectivité. Pour l'historien Marc Bloch, le présent équivaut à un hapax : " Une expérience unique est toujours impuissante à discriminer ses propres facteurs, par suite à fournir sa propre interprétation. " [Op. cit : 47] La proposition est étonnante : la Révolution française n'a lieu qu'une fois, de même que la Première Guerre mondiale, la crise de 1929. Bloch le sait bien. Mais tout en reconnaissant la singularité des événements, il soutient que c'est ce qui n'est pas singulier dans la singularité qui peut amener à l'intellectualité des événements. L'histoire longue a donc pour force de minorer les événements au profit des invariants structurels et des récurrences. Mais, dans l'histoire longue, non seulement il n'y a pas de catégorie " présent ", mais le dispositif passé/futur inscrit le futur comme anticipation à venir du passé lui-même. Il n'y a plus qu'une seule catégorie, le passé, qui se conjugue selon trois temps : le passé, le présent et le futur.
L'historicisme n'est pas en mesure de saisir la catégorie " présent " et, par conséquent, celle de " possible ". D'ailleurs, quand Marc Bloch assigne la catégorie " possible " au futur, il l'exclut de la pensée historienne. On retombe sur la même conclusion. Si l'histoire est une science du donné et non pas du possible, elle devient alors exclusivement une science du passé, proche ou lointain. On voit bien que le débat ne porte pas sur les limites de la notion de passé : lointain ou très proche ou, pour employer les comparaisons climatologiques de certains historiens, refroidi ou encore tout chaud (" histoire froide "/" histoire chaude "). Le débat n'est pas là. Le débat réel est de choisir entre le couple passé/futur et le couple présent/possible, d'autant plus que " présent " et " possible " s'appliquent aussi bien à l'ayant lieu qu'à l'ayant eu lieu.
Pourquoi alors ne pas parler, pour qualifier ma démarche, d' " anthropologie historique " traitant des catégories " présent " et " possible " et opposée à la démarche historienne, qui procède par investigation de l'avant et de l'après ? Parce que l'investigation, usant des catégories " présent " et " possible ", ne relève pas de la méthode d'enquête que pratique l'histoire. Elle travaille sur des mots - qui ne sont pas les mots de l'histoire [Rancière, 1992], sur la pensée des gens qui se déploie dans des intellectualités singulières, auxquelles on peut accéder à partir des mots employés et des thèses singulières qu'ils constituent.L'étude de la prescription a pour outil les catégories " présent " et " possible ". La prescription énonce un possible qui n'est pas référé à ce qui vient, mais au présent : dans l'énoncé, la prescription est au présent en tant qu'elle est un énoncé. C'est donc par son intellectualité que l'énoncé implique le présent et non en son effectuation ou sa matérialisation déjà engagée. Sans aller jusqu'à la radicalité de Jean-Jacques Rousseau dans le préambule du Contrat social, où celui-ci annonce, péremptoire : " Commençons par balayer tous les faits ", soutenant ainsi que sa pensée ne relève pas de la stricte et directe investigation des faits, on dira que la prescription, tout en n'excluant pas qu'elle soit factualisée, matérialisée ou à l'uvre, s'identifie essentiellement comme une intellectualité, c'est-à-dire comme une thèse.
De la prescription dans les situations de grève ou de lutte d'usine
En 1991, à la STECO, usine de fabrication de batteries pour automobiles, type de production où les conditions de travail sont très dures (en particulier à cause de l'acide et du plomb, composants des batteries), la société décide de fermer son site de Gennevilliers et donc de licencier plusieurs centaines d'ouvriers et d'ouvrières. L'usine est occupée et des discussions serrées s'engagent entre ouvriers et direction, en particulier sur l'indemnité de licenciement non seulement son montant, mais ses destinataires. Dans l'usine occupée, une discussion eut lieu avec le patron, qui soutenait qu'il n'attribuerait l'indemnité qu'aux ouvriers anciens et que les jeunes, les femmes et les récents embauchés en seraient exclus. L'assemblée des grévistes refusa tout net ; le patron se retira disant qu'il ne céderait pas. S'ouvrit alors une longue séquence de discussion sur le point suivant : qui, à l'usine, compte les ouvriers, qui décide que certains doivent être considérés comme tels ou pas ?
La position des grévistes-occupants était la suivante : l'indemnité de licenciement, versée par la direction, reconnaît que c'est le patron qui licencie, que ce n'est pas l'ouvrier qui s'en va. Elle indique que c'est lui qui licencie et que, ce faisant, il cause un dommage aux ouvriers de l'usine qu'à la fois l'indemnité atteste et compense faiblement,. En ce sens, les grévistes énoncent que, du point de vue du patron, ceux à qui il versait l'indemnité étaient comptés comme ouvriers et ceux à qui elle n'était pas versée n'étaient pas comptés : c'était le compte, par le patron, de qui est ouvrier à l'usine et de qui ne l'est pas.
Ce débat s'est finalement conclu par la thèse selon laquelle, pour ce qui est de savoir qui est ouvrier à l'usine, il y avait deux possibles : le compte de l'ouvrier par le patron et le compte de l'ouvrier par l'ouvrier. L'assemblée des grévistes demandait que l'indemnité soit versée à tous, hommes et femmes, jeunes et vieux, récemment embauchés ou pas, que c'était cela leur principe de compte. Non pas au titre que " un vaut un ", c'est-à-dire qu'un ouvrier vaut un ouvrier, mais pour des raisons plus complexes, moins formelles : céder sur " un ouvrier est un ouvrier " ou en exclure certains, défaisait certes le mot " ouvrier " lui-même, mais plus encore la possibilité pour les ouvriers de compter les ouvriers, d'être ceux qui comptent les ouvriers, qui disent qui ils sont. Ici, il est possible de dégager une prescription, laquelle se constitue à partir du mot (" ouvrier ") et dans un faisceau de possibles présents, signalés par des prescriptions contradictoires.
Après de multiples péripéties, dont une expédition des grévistes en province dans un autre site de la firme, la direction finit par se plier à cette prescription, et l'indemnité de licenciement fut versée à chacun, c'est-à-dire à tous.
Dans cet exemple, l'énoncé de la prescription précède, de plusieurs semaines, son effectuation. Il apparaît aussi clairement que deux prescriptions s'opposent : qui compte les ouvriers, qui les nomme ainsi, le patron ou les ouvriers eux-mêmes ? La prescription n'est pas une revendication, c'est une thèse, un principe. La revendication s'énonce : " L'indemnité pour tous " ; la prescription soutient : " C'est l'ouvrier qui compte l'ouvrier, ce n'est pas le patron, l'indemnité pour tous ". Il serait faux de dire que la prescription est un principe (" c'est l'ouvrier qui compte l'ouvrier ") plus une revendication (" l'indemnité pour tous "). " L'indemnité pour tous " est entièrement subordonnée, intérieure, au possible qui s'introduit par " c'est l'ouvrier qui compte l'ouvrier ".
Si l'on s'accorde sur l'effectivité de la catégorie de possible, cet exemple ne porte pas sur une chimère ou une utopie (" Pas de licenciement ", " Du travail pour tous ", " L'usine doit rester ouverte ", etc.). Ce n'est pas à l'endroit de la logique économique et financière des restructurations que des possibles s'ouvrent. C'est sur ce qui a lieu de l'intérieur même de ces situations, quant au rapport ouvriers/ouvriers et ouvriers/patron. Si on désigne la sphère économique comme la sphère des objectivités, le possible est de l'ordre du subjectif.
En 1992, la Régie Renault annonce sa décision de fermer le site industriel de Billancourt et met en place un très curieux dispositif, dénommé " plan social ", qui propose aux ouvriers le versement d'une prime de 80 000 F s'ils signent une déclaration indiquant qu'ils sont volontaires pour quitter l'usine et que c'est donc de leur propre chef qu'ils s'en vont. La prime en question ne sera donc pas dite " indemnité de licenciement " mais " prime de départ volontaire ", et, pendant toute la séquence de la fermeture, la tâche principale de la maîtrise et de l'encadrement sera beaucoup moins le souci de la production que celui d'obtenir la signature du plus grand nombre d'ouvriers au bas de cette déclaration de départ volontaire.
Peu à peu, le nombre des ouvriers refusant de signer, au risque de perdre la prime, augmenta pour finalement atteindre 300. Dans le même temps, la situation au travail de ceux qui n'avaient pas signé et qui étaient donc encore dans l'usine devenait de plus en plus difficile, l'objectif de la maîtrise étant de les pousser à partir par tous les moyens : changement de poste tous les jours, intimidations, mais aussi en cherchant ou en créant des opportunités où il serait loisible de licencier un ouvrier pour faute professionnelle grave le licenciement étant alors immédiat et sans indemnité. Apparut alors, au cours de réunions des ouvriers des chaînes, réunions indépendantes des syndicats, une prescription, qui s'énonçait ainsi : " 80 000 F pour tous les ouvriers, qu'ils signent ou qu'ils ne signent pas. " 80 000 F, c'était le montant de la prime dite de départ volontaire et la prescription se proposait de réunifier les ouvriers, qu'ils aient signé ou non.
L'énoncé " 80 000 pour tous, pour celui qui a signé comme pour celui qui n'a pas signé " est une proposition complexe. Elle fait du versement de la prime le point d'unité, alors que la situation semblait dessinée par le clivage entre ceux qui avaient signé et ceux qui n'avaient pas signé. L'énoncé propose de voir les choses autrement : celui qui a reçu la prime l'a reçue au nom de ce qu'il est ouvrier et non parce qu'il a signé, tout en prenant position pour que, toujours au nom de ce qu'il est ouvrier, celui qui refuse de signer reçoive aussi la prime. Quant à celui qui n'a pas signé, il demande la prime au titre de ce qu'il est ouvrier, comme celui qui a signé. Cette prescription propose donc d'autres principes de décompte que la prime subordonnée à la signature où la signature, condition exigée pour être reconnu dans le décompte de qui est ouvrier, entraînant la prime, s'accompagne d'un déni : le déni de la situation de licenciement, délibérément maquillée en situation de départ volontaire. Dans l'esprit de la prescription, si c'est la prime qui compte l'ouvrier, alors il faut relativiser l'importance de la signature, confondre ceux qui ont signé et ceux qui n'ont pas signé, et soutenir le possible d'une prime pour tous.
Finalement, la Régie, après bien des aléas, a versé la prime de 80 000 F à la plupart de ceux qui n'avaient pas signé. Il faut remarquer que, contrairement à la STECO où le compte des ouvriers par le patron, à travers l'attribution de la prime, avait été unanimement refusé par les ouvriers, dans le cas de Renault, ce compte proposé par la direction avait été avalisé, sinon accepté, par une partie importante des ouvriers. La prescription tient compte de cette situation divisée, elle ne l'annule pas, elle propose simplement de ne pas y subordonner le principe : " Un est un, un ouvrier est un ouvrier, il doit toucher la prime, qu'il ait signé ou pas. "
De la prescription en situation ordinaire d'usine
Dans certaines situations d'enquête comme c'est le cas avec l'enquête menée à Renault en 1985 [Lazarus, 1986] , ce que disent les ouvriers n'a pas toujours, comme à la STECO en 1991 ou à Billancourt en 1992, statut de prescription formulée et assumée en tant que telle. Cependant peuvent s'y trouver présentés des thèses, des énoncés, dont on peut voir en les analysant quels éventuels espaces de prescription ils dessinent.
Voici pour exemple un certain nombre de citations, extraites des entretiens menés avec des ouvriers de Billancourt en 1985, où ils ont pris position sur ce que portaient à leurs yeux les mots " ouvrier ", " ouvrier immigré ", " immigré ". Ils soutiennent qu'existent deux lieux distincts : l'usine et ce qui n'est pas l'usine, qu'ils appellent " l'extérieur de l'usine, la ville " ou la " société ". Selon que l'on parle de l'un de ces lieux ou de l'autre, la polarité " ouvrier " ou la polarité " immigré " l'emportera. Pour certains, la polarité " immigré " l'emporte dans les deux lieux.
" Ouvrier immigré à l'usine, à l'extérieur, on me considère comme immigré parce qu'ils ne savent pas que je suis ouvrier. "
" Moi je suis immigré et ouvrier. Dans l'usine, on nous prend comme ouvrier immigré, mais, à l'extérieur, on nous prend pour des immigrés. Les Français oublient qu'on est ici pour travailler et qu'on travaille. "
" Je suis ouvrier immigré en France, mais, même immigré, je travaille comme tous les ouvriers. "Dans ces trois citations, " ouvrier immigré " est référé à l'usine et " immigré " à l'extérieur (à la société), par différence d'avec l'usine. Dans les deux cas, " immigré " indique une restriction ou une dénégation de la figure ouvrière ou de la figure du travail soutenue par l'extérieur, appelé aussi " ils ", ou encore les " Français " : " Ils ne savent pas que je suis ouvrier ", " les Français oublient qu'on est ici pour travailler et qu'on travaille. "
" Moi je suis ouvrier immigré, c'est une chose, c'est vrai que je suis étranger, mais je suis aussi ouvrier et c'est ce qui compte en premier. Mais on dit toujours 'immigré, immigré'. "
" À l'usine, je suis un ouvrier immigré. Dans la rue un immigré, mais ouvrier immigré ou immigré, c'est presque pareil et différent d'ouvrier. "Dans ces deux citations, " ouvrier immigré " est maintenu, mais dénié par l'usage de plus en plus extensif du mot immigré qui vient recouvrir celui d'ouvrier, y compris dans l'usine. Immigré n'est pas simplement la catégorie d'absentement de la qualité d'ouvrier dans la société, c'est aussi ce par quoi " ouvrier " s'absente dans l'usine. Il y a donc retour dans l'usine des phénomènes de la société, plus exactement retour dans l'usine de l'image proposée dans la société des ouvriers d'usine, appréhendés comme on l'a dit de façon culturelle et confessionnelle, et donc exclusivement comme " immigrés ", c'est-à-dire autres.
Le champ de l'anthropologie ouvrière que nous proposons se déploie par l'étude de thèses portant sur des mots problématiques. Il s'agit donc d'un travail sur des énoncés dont la logique d'intellectualité n'est pas la description, mais la prescription. Il peut y avoir énoncés dans des situations différentes. L'analyse d'un énoncé se fait cependant moins en regard de la situation dans laquelle il a été produit que dans le cadre des prescriptions qu'il propose et qui ne sont pas prises comme prescriptions de la situation, comme une intelligence du concret, mais comme un champ propre, celui d'une pensée des gens, configurant le réel au travers de prescriptions et de possibles. Cette anthropologie ouvrière soutient qu'il faut adjoindre à la vision savante du réel, dont on sait toute l'importance et la richesse, un autre ordre du réel : celui configuré par la pensée des gens, certes identifié par le chercheur, mais déployant des singularités subjectives. Que les singularités subjectives, ou espace de pensée des gens distinct de la science, soient proposées comme matière à anthropologie est mon propos. Identifier la pensée des gens suppose d'en repérer l'espace propre d'intellectualité qui n'est pas l'intellectualité discursive. Les catégories " mentalité primitive ", chère à Lévy-Bruhl [1922], et " idéologie " [Durkheim, op. cit.], indexées négativement à la pensée scientifique, ne conviennent pas. L'hypothèse de l'existence d'une pensée des gens doit s'argumenter dans un rapport disjonctif à l'égard de la pensée définitionnelle et il faut en établir les réquisits propres et non comparatifs. C'est pourquoi mon entreprise n'est d'aucune façon philosophique, mais exige une anthropologie spécifique permettant d'identifier l'intellectualité propre d'une pensée des gens.
Notes
1. Cette enquête a été effectuée en 1985 dans l'usine Renault de Billancourt, principalement sur les chaînes de montage de l'Ile Seguin, dans le cadre d'un contrat entre la Régie nationale des usines Renault (RNUR) et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Elle a donné lieu à un rapport de recherche [Lazarus, 1986].
2 . On verra, sur la conjoncture singulière de l'Afrique du Sud, l'article de Judith Hayem.
3 . Sur cette grève, voir l'article de Laure Pitti.
4 . Gaston Defferre, ministre de l'Intérieur, 26 janvier 1983. Pierre Mauroy, Premier ministre, 27 janvier 1983. Voir sur cette question l'article de Laure Pitti.
5 . Voir par exemple, Alain Touraine [1992], un numéro spécial de la revue Autrement [1992], l'article de S. Beaud, M. Pialoux, O. Schwartz publié dans Le Monde (6 mars 2001).
6 . Cette question du postclassisme est présente dans tous les articles et tout particulièrement dans celui d'Anne Duhin.
7. Voir l'article de Samia Moucharik.
8 . Voir, sur ce point, la note de lecture de Laurence Kundid et Myriam Hidouci.
9 . Voir, sur cette catégorie, l'article de Marianne Hérard.
10 . Voir l'article d'Athena Kassapi.
11 . Voir l'article de Delphine Corteel.
12 . La façon dont une pensée singulière se pense, je l'appelle son " intellectualité ". Il s'agit donc de son champ intellectuel propre.
13 . " Parce que ces notions [ces images sensibles, ces sortes de concepts grossiers formés dans l'esprit] sont plus près de nous et plus à notre portée que les réalités auxquelles elles correspondent, nous tendons naturellement à les substituer à ces dernières et à en faire la matière de nos spéculations. Au lieu d'observer les choses, de les décrire, de les comparer, nous nous contentons alors de prendre conscience de nos idées, de les analyser, de les combiner. Au lieu d'une science de la réalité, nous ne faisons plus qu'une analyse idéologique. " [Durkheim, 1990 : 15]
14 . [Lazarus, 2001].
15 . " L'avenir seul est aléatoire, le passé est un donné qui ne laisse plus de place au possible... L'incertitude est alors en nous, dans notre mémoire et celle des témoins. Elle n'est pas dans les choses. " [Bloch, 1974 : 107] J'ai proposé dans Anthropologie du nom une analyse du temps historique chez Marc Bloch [1996 : 139-149].
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Sylvain Lazarus
GRAM- Boite 83
Université Paris 8
2 rue de la Liberté
93526 Saint Denis cedex 02
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