Société d'ethnologie française
Ethnologie de la France
Le domaine français
Aperçu des acquis et principales problématiques de l'ethnologie de la France
par Jean Cuisenier
Introduction
I. Connaissance de la France : du folklore à l'ethnologieIII. Habiter, produire, consommer
- L'habitation : logique sociale et composition architecturale
- Production et consommation : le besoin, la mode et le goût
lV. Parenté et organisation sociale
- La transmission des patrimoines selon les anciens modèles culturels
- Le groupe domestique et la reproduction sociale
- Parentèles et collectivités locales
V. L'expression et le contrôle social
Conclusion
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Aperçu des acquis et principales problématiques de l'ethnologie de la France
par Jean Cuisenier
Introduction
Si l'existence d'une identité culturelle française est indéniable tant pour les étrangers que pour les français eux-mêmes, la mise en évidence des éléments créateurs de cette spécificité s'avère en revanche bien délicate. Seul l'apport conjugué de l'histoire, du folklore, de l'ethnographie, de l'ethnologie et de l'anthropologie sociale et culturelle permet en effet de prendre la mesure de la diversité comme de l'unité que présentent la France et les Français.
I. Connaissance de la France : du folklore à l'ethnologie
L'ethnologie de la France s'inscrit dans une longue histoire que l'on peut faire remonter aux descriptions que César donne des moeurs des Gaulois. Riche des outils intellectuels que lui procure sa culture romaine, César porte en effet sur les tribus gauloises ce genre de regard que Claude Lévi-Strauss nomme le "regard éloigné". A partir de la Renaissance, de nombreux témoignages sur la société française se retrouvent sous la plume d'auteurs (Montaigne, Rabelais, La Bruyère, La Rochefoucauld, ) qui, pour des raisons moralistes ou humoristiques, choisissent la distanciation comme mode d'écriture. Mais c'est au siècle des Lumières qu'apparaissent les véritables précurseurs d'une ethnologie de la France.
I.1 Précurseurs et folkloristes
Les travaux sur les arts et métiers de l'Académie Royale des Sciences (fondée en 1666), les observations sur la nourriture et l'habillement par la Société Royale de Médecine (1774), comme les informations que les théologiens ont recueillies sur les superstitions pour mieux les condamner constituent un vaste corpus de «curiosités» et de «bizarreries». Aussi les projets de l'Académie Celtique (1804-1812) marquent la première tentative française de collecte systématique des traditions populaires ; le programme est immense, puisqu'il s'agit de faire l'histoire des gens sans histoire : le mouvement d'étude des traditions populaires est lancé.
La discipline qui se constitue ainsi au XIXe siècle sous le nom de «folklore» recueille contes et légendes, danses et chansons, usages et coutumes. Parmi les folkloristes de cette grande époque, émerge la figure de Paul Sebillot (1843-1918) qui dirigea la revue Traditions populaires devenue aujourd'hui Ethnologie Française.
I.2 Un fondateur : Arnold Van Gennep (1873-1957)
Van Gennep donne aux investigations sur le folklore français une dimension nouvelle en employant deux instruments de recherche couplés, le questionnaire et la carte. Soucieux de considérer chaque fait social dans ses rapports avec les autres éléments de l'ensemble étudié, Van Gennep multiplie les monographies et publie deux ouvrages majeurs : Les Rites de Passage (1909) et le Manuel de folklore français contemporain (1937-1958). Avec Van Gennep, du folklore on passe à l'ethnologie de la France telle qu'on la pratique maintenant : selon les perspectives que trace l'étude comparée des différences et des invariances culturelles.
I.3 Un patrimoine
Un large dispositif se met alors en place, au service de l'ethnographie du peuple français, autour du Musée national des arts et traditions populaires (1937). Depuis les années 1975, se crée un réseau de plus en plus dense de musées qui mettent en valeur les identités culturelles régionales et traduisent la réappropriation d'un patrimoine culturel que la seconde révolution industrielle révoque de plus en plus dans le passé.
II. Le peuplement français
Ne cessant d'alimenter le débat politique et culturel contemporain, l'histoire du peuplement de la France pose de nombreux problèmes d'interprétation ainsi que le montrent les deux exemples suivants.
II.1 La différenciation régionale d'après la langue
En dehors du gallo-roman - lui-même divisé en langue d'oïl (dont fait partie le français standard) et langue d'oc -, sont également usités en France le flamand, le celtique, le basque, le catalan, le toscan et le germanique. Cette division ne peut cependant s'interpréter comme l'expression de strictes différences ethniques dans le peuplement, ainsi qu'en témoigne la modification rapide des pratiques langagières qui tend actuellement, entre autres, vers la disparition de l'usage exclusif de certaines langues régionales. Parler breton (800 000 locuteurs), ou basque (200 000 locuteurs) n'en a pas moins une valeur emblématique : cela marque, de la part du locuteur, l'appartenance à une communauté particulière.
II.2 La différenciation régionale d'après le sang
Les anciennes classifications basées sur la forme du crâne ont été abandonnées car il est maintenant établi que les différences sur lesquelles elles s'appuyaient ne trouvent pas leur origine dans des facteurs héréditaires. L'apparition croissante, au néolithique, de populations au crâne de plus en plus court n'implique ni métissage, ni mutation génétique, mais simplement un changement des conditions d'existence.
A la différence du squelette et du crâne, la composition du sang dépend, elle, exclusivement de facteurs héréditaires. Or d'une région à l'autre de la France, les populations diffèrent quant à leurs groupes sanguins. Ainsi, longtemps après la disparition du Duché de Normandie, le sang des habitants du Cotentin garde la trace de leur ascendance viking en étant par exemple plus proche de celui des Irlandais que de celui des Bretons. Ce cas montre de plus que la composition du sang n'est pas fondatrice d'une identité sociale car elle n'est en fait qu'une conséquence des règles matrimoniales. Ainsi les populations récemment immigrées (Arméniens, Libanais, Maghrébins, Turcs, ) gardent généralement pendant les deux ou trois premières générations leurs langues et leurs usages endogamiques, et donc les caractéristiques sérologiques qui en sont la conséquence. A l'évidence, il n'y a pas un peuplement français biologiquement uniforme, mais des peuplements français divers, sujets, selon les périodes, à rapprochements ou à différenciations. Plus généralement, l'unité du peuple français trouve son principe non dans le peuplement, mais dans le lien social.
III. Habiter, produire, consommer
L'intérêt porté aux techniques a été renouvelé par l'effet de quatre mouvements intellectuels : le marxisme dans les années 1945-1960, les développements de l'archéologie préhistorique, les accomplissements de la linguistique, les perspectives ouvertes par l'anthropologie cognitive. Trois exemples vont le montrer, relatifs à trois catégories majeures de l'action : habiter, produire, consommer.
III.1 L'habitation : logique sociale et composition architecturale
Si Demangeon a établi en 1937 une classification toujours utile des maisons paysannes en deux types et quatre sous-types (maison-bloc, avec ou sans étage, et maison-cour, ouverte ou fermée), celle-ci ne suffit cependant pas à rendre compte de l'extraordinaire variété des genres d'habitations traditionnelles en France. Allant des huttes primitives et des bories de Provence jusqu'aux manoirs de Normandie et aux «châteaux» du Bordelais, en passant par les maisons à foyer central de Franche-Comté ou les maisons à charpente en courbe du Limousin, cette diversité remet également en cause l'idée développée par des érudits locaux et des notables provinciaux d'après laquelle il y aurait des maisons-types, des «vraies» maisons d'autrefois. Variées, les maisons rurales n'en obéissent pas moins à des logiques comme celle qui gouverne le choix d'une cave ou d'un cellier dans les maisons vigneronnes et qui s'avère liée à la qualité du vin conservé. A une recherche préoccupée des seuls particularismes régionaux, succèdent des travaux mettant en évidence la diffusion de modèles qui, élaborés pour les bâtiments ecclésiastiques ou princiers, servent de référence aux maîtres d'ouvrage locaux et à leurs commanditaires. A partir de la Renaissance , un nouveau modèle s'élabore et se diffuse, qui distingue les pièces de séjour des pièces de service et survalorise la façade. Les modèles, depuis lors, ne cessent de se diversifier et font de l'architecture ordinaire en France une source infiniment précieuse pour le déchiffrement des relations sociales.
III.2 Production et consommation : le besoin, la mode et le goût
Les activités d'acquisition, pêche, chasse et cueillette motivent toujours des engagements nombreux et passionnés, bien que leur importance économique soit devenue marginale. Elles créent en effet une relation directe entre la production de nourriture et la consommation de ces nourritures selon des normes de goût ancestrales.
La pêche a longtemps été une ressource alimentaire majeure. Si certaines techniques anciennes mais fort productives, comme les pêcheries fixes en mer de la baie du Mont Saint-Michel, se sont trouvées marginalisées par les progrès de la pêche côtière et de la pêche hauturière, il reste que la pratique de la pêche conserve un attrait particulier pour des millions d'amateurs. Comme la pêche, la chasse mobilise les passions et occupe une place de choix dans l'imaginaire des Français. Au système constitué sous l'Ancien Régime par l'opposition entre chasse (réservée aux nobles) et braconnage (échu aux vilains) a succédé un accès démocratique (matérialisé par le permis de chasse).
Peu d'activités productives ont été mieux étudiées, aux fins de caractérisation culturelle, que l'agriculture et l'élevage en France. Une très longue tradition de sélection des espèces et des variétés végétales et animales s'est en effet appliquée à développer la qualité par la variété. La richesse de la France en vins fournit à cet égard l'exemple le plus connu mais ne peut occulter le risque de disparition qu'encourt, entre autres, la vingtaine de variétés de bovins ou encore la centaine de sortes de pommes, que la différenciation régionale avait permis d'obtenir. Le modèle culturel de prime à la variété risque de ne plus prévaloir contre les forces d'un marché qui tendent à la réduction du nombre des qualités et à l'uniformisation des produits.
Il ne faut donc ni surestimer, ni sous-estimer la force de la tradition culturelle française telle qu'elle s'exprime à travers ces combinaisons de saveurs et d'arômes qu'exaltent, chacune à leur manière, les cuisines régionales. Les différences culinaires entre les régions s'enracinent, en premier lieu, dans les choix faits en matière de «fonds de cuisine» (graisse d'oie, huile d'olive, saindoux, crème, beurre, huile de tournesol). L'utilisation différentielle du cru et du cuit, du rôti et du bouilli offre, en second lieu, aux cuisines régionales tout un jeu de variations autour de quelques grands thèmes. Mais la tendance moderne vers la simplification et l'uniformisation des repas cantonne de plus en plus les gastronomies régionales aux circonstances festives. Seule la diversité des fromages est toujours prisée lors des repas ordinaires, affirmant ainsi la pérennité, en matière alimentaire, du modèle culturel de prime à la variété.
lV. Parenté et organisation sociale
Il n'y a pas un mais plusieurs modèles culturels anciens pour régler en France les relations de parenté et régir la transmission des patrimoines ainsi que, pour une bonne part, le fonctionnement des collectivités locales.
IV.1 La transmission des patrimoines selon les anciens modèles culturels
Au Sud d'une ligne qui va de La Rochelle à Genève, mais épargne l'Auvergne, s'étend un pays de droit écrit, où les parents «font» un aîné auquel échoit la majeure partie du patrimoine. Au Nord de cette ligne on est en pays de droit coutumier et égalitaire. En Auvergne, en Bretagne, en Berry et dans la région du Nord, on «avantage» l'un des héritiers.
Dans la moitié Nord de la France, le droit coutumier, égalitaire, varie néanmoins de pays en pays selon que les parents sont, ou non, autorisés à doter leurs enfants au mariage, étant entendu que ceux-ci deviennent alors exclus de l'héritage. Dans la moitié Sud, le modèle inégalitaire est également complexe car il faut pouvoir pallier à l'absence d'héritier mâle et rendre compte des stratégies matrimoniales des cadets et des jeunes femmes. Ces systèmes de transmission des patrimoines persistèrent après la Révolution française et l'adoption du Code civil (1804). Des arrangements entre héritiers et cadets tendant à perpétuer l'unité de la maison furent ainsi en usage dans les vallées pyrénéennes jusqu'aux années 1950.
IV.2 Le groupe domestique et la reproduction sociale
Les systèmes de partage successoral influent sur la résidence, et, par là, sur la formation et la dissolution du groupe domestique.
Deux grands types de groupes domestiques sont observables en France. Le système à «maison», qui prédomine dans le Sud et le Centre de la France ancienne, associe à un nom et à un patrimoine foncier un ensemble de droits et de pouvoirs; on y trouve fréquemment la famille-souche qui abrite trois générations, celle du père, celle d'un de ses fils mariés et celle de ses petits-enfants. En contraste, en Bourgogne et dans l'Ouest de la France, notamment en Bretagne, les groupes domestiques se réduisent à une famille «nucléaire», autrement dit une famille dans laquelle cohabitent seulement parents et enfants non mariés. D'autres variétés de groupes domestiques existent également en France à l'image des communautés familiales indivises du Nivernais qui, jusqu'au début du XIXe siècle, exploitaient des terres en propriété collective.
Quel que soit leur type, qu'il s'agisse de la France ancienne ou de la France contemporaine, ces groupes domestiques ont un devenir qui se manoeuvre et se calcule. L'alliance matrimoniale est en effet un instrument majeur d'action comme le montrent les "renchaînements d'alliance" qui permettent de faire circuler les biens patrimoniaux à l'intérieur de parentèles bien définies.
IV.3 Parentèles et collectivités locales
En Bretagne par exemple, de telles chaînes de parenté lient les habitants les uns aux autres de façons multiples, en sorte que ceux-ci ne se conçoivent pas comme une collection de familles résidant en un même lieu, mais plutôt comme un ensemble organique dont les membres ont entre eux des ancêtres communs et des alliés par mariage. La vie sociale et politique de nombreuses communes bretonnes peut ainsi être interprétée comme un vaste jeu de parentèles.
Dans les aires de systèmes à lignage, comme en Normandie, la pression démographique et l'action du pouvoir étatique ont en revanche fait disparaître l'organisation lignagère dès avant la Révolution, sans que des parentèles solidaires se constituent, comme en Bretagne, pour fournir leur assise aux collectivités territoriales.
Enfin, dans les aires où prédominent les systèmes à maisons, le pouvoir politique est pensé, au niveau de la collectivité locale, comme l'action d'un réseau plus ou moins durable d'alliances.
Toutes les collectivités locales, pour autant, ne sont pas régies en France par des arrangements entre parents et alliés. D'autres logiques sont aussi à l'oeuvre qui en façonnent l'identité, et qui se prêtent à l'analyse selon les mêmes principes.
V. L'expression et le contrôle social
Les anciens voyageurs, écrivains et philosophes, l'avaient noté : ce par quoi un pays se donne au premier abord, dans sa singularité, c'est le bâtiment et le vêtement ; ce par quoi des hommes se manifestent le plus visiblement, en qualité d'étrangers, c'est le costume et la coutume.
V.1 Costume, coutume
La graphie double de «costume» et de «coutume» a signifié l'idée d'«apparence» jusqu'à la seconde moitié du XlXe siècle. A partir de cette époque, les vêtements commencent à être observés, comparés, étudiés au même titre que les autres faits de culture et l'on prend conscience qu'en dehors des aspects esthétiques et utilitaires, l'habillement signale des appartenances et des différences. Si l'industrie de la confection a, à partir du milieu du XIXe s., profondément modifié les pratiques vestimentaires, nous n'en sommes pas moins costumés, en France aujourd'hui, que les Bretons, Provençaux et autres Alsaciens l'étaient naguère. Il suffit, pour s'en convaincre, de voir combien les différences sont grandes entre les costumes de cérémonie et les tenues de la vie ordinaire, les costumes de travail et les vêtements de sport. L'attention accordée au traitement contemporain de la peau et des cheveux rappelle de plus que la problématique du vêtement est à prendre dans le cadre plus large des techniques du corps.
V.2 Pratiques religieuses coutumières et comportements idéologiques
La pratique religieuse change, en France comme ailleurs. Interprétée comme une déchristianisation, un retour du paganisme, ou un progrès de l'indifférence, on constate que la pratique religieuse traditionnelle baisse même si des affinités certaines existent entre pratiques cultuelles et comportements électoraux.
Mais les trois religions traditionnellement implantées en France, le catholicisme, le protestantisme et le judaïsme, présentent des différences sensibles quant à leurs pratiques et objets cultuels. Peu nombreux mais instrumentaux chez les juifs (mezouza), surabondants mais sans destination instrumentale chez les catholiques (crucifix, Vierge, médailles, buis bénits), les objets religieux sont, dans l'intérieur domestique protestant, rares et dépourvus de toute efficacité spécifique. Un inventaire des différences de pratiques aurait à évoquer les rituels de protection auxquels les uns et les autres recourent, le culte des saints, la croyance aux miracles, la vénération des reliques, les processions et pélerinages qui mettent le tout en mouvement, et puis les spectacles et mises en scènes religieuses, sans oublier les cérémonies du culte en elles-mêmes, leurs logiques et leurs symboliques.
A ces pratiques de la religion courante (appelée trop souvent à tort «populaire») s'adjoignent d'autres activités comme la participation aux réunions des sectes ou la lecture des horoscopes. La large diffusion de l'astrologie ne reflète cependant qu'une croyance essentiellement ludique et contraste en cela avec l'attente à laquelle sont censés répondre les rebouteux, les désensorceleurs et les tenants des médecines parallèles. Le succès de ces derniers a un solide fondement : ils prennent en compte la maladie sous la totalité de ses aspects et réintroduisent le symbolisme pour une meilleure efficacité des interventions. C'est aussi dans ce registre du symbolisme que se meuvent les «nouveaux» sorciers qui, occupant de nos jours la scène des banlieues déshéritées, recourent à des instruments et des pouvoirs nouveaux, puisque exotiques. Ils introduisent en France des rituels africains, mais pour une clientèle qui n'est pas, elle, toujours africaine : signe que d'autres peuplements, d'autres modèles culturels, prennent part à la production de l'identité française.
Conclusion
Le débat idéologique sur la France société monoculturelle ou société multiculturelle n'a pas de raison d'être. La société française a toujours été, depuis les temps gallo-romains jusqu'aux temps d'aujourd'hui, une société différenciée, qui a construit son unité par un Etat fort et par un modèle culturel universaliste. Les nations qui la composaient naguère sont devenues la Nation française parce que les sujets du Roi sont devenus les citoyens de la République. Les populations étrangères aujourd'hui installées sur son territoire s'agrègeront à cette nation pour autant que leurs membres deviendront citoyens de la République, et adopteront les modèles culturels prévalant dans la société civile. Des processus sont en cours, à l'issue incertaine. La conjoncture européenne nouvelle offre, de ce fait, un devoir renouvelé à la pensée : revoir les rapports entre nationalité, citoyenneté et modèle culturel.