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L’église de Brou, célèbre pour ses tombeaux, ses vitraux et ses nombreuses sculptures, est la partie la plus célèbre du monastère. Elle relève aujourd'hui du Centre des monuments nationaux, tout comme une centaine de monuments en France.


 
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L’église de Brou
angle sud-ouest avec la nouvelle toiture



(cl. Musée de Brou)
L’église fut bâtie de 1513 à 1532. A l’éclat de la haute toiture « à la française » couverte de tuiles vernissées disposées en losange répond le décor flamboyant des frontons. D’inspiration flamande, elle eut pour maître d’oeuvre le bruxellois Loys Van Boghem. Manifeste du style gothique flamboyant, alors encore si vivace, l’église témoigne du goût de la virtuosité et de la somptuosité.

 

L’église de Brou : la nef et le jubé


(cl. C. Rose, CNMHS/SPADEM)
La nef, voûtée d’ogives et flanquée de bas-côtés et de chapelles, est baignée d’une abondante lumière qui joue sur la pierre d’un blanc doré. Avec ses murs nus, ses puissants piliers et ses verrières incolores, elle est d’une sobriété voulue qui contraste avec le jubé orné de dentelles de pierre (le jubé est la clôture séparant la nef du chœur; il en reste très peu en France).

 

L’église de Brou : le chœur


(cl. C. Rose, CNMHS/SPADEM)
Dans le vaste choeur, toute une splendeur décorative s’épanouit du sol aux voûtes autour des trois tombeaux, le long des balustrades, des fenêtres et des murs : l’église de Brou, écrin funéraire, devait aussi célébrer la gloire d’une régente des Pays-Bas, magnifier les Maisons de Bourgogne, de Habsbourg et de Savoie. La sculpture particulièrement virtuose des stalles est un travail flamand. Des verriers lyonnais ont réalisé les exceptionnels vitraux historiés d ’après des cartons expédiés des Pays-Bas.

 

L’église de Brou :
tombeau de Philibert le Beau, duc de Savoie



(cl. H. Nègre)
Monument majestueux dessiné par le peintre flamand Jean Van Roome, le tombeau de Philibert le Beau occupe le milieu du choeur. Il comporte deux étages et deux gisants superposés. Dans les niches qui entourent le soubassement richement sculpté, veillent dix élégantes statuettes de sibylles, dues à un atelier brabançon. Au sommet, le gisant du duc repose sur une dalle de marbre noir.

 

L’église de Brou :
le gisant supérieur de Philibert le Beau



(cl. H. Nègre)
Le gisant de Philibert le Beau, sculpté dans le marbre de Carrare, est dû au ciseau de Conrad Meyt, artiste originaire de Worms qui fit l’essentiel de sa carrière aux Pays-Bas. Marguerite d’Autriche passa un contrat avec lui pour la grande statuaire des tombeaux de Brou. Le duc de Savoie, en costume d’apparat, les pieds appuyés sur un lion, est entouré d’angelots qui portent ses armes.

 

L’église de Brou :
le tombeau de Marguerite d’Autriche



(cl. H. Nègre)
Le tombeau de Marguerite d’Autriche, appuyé contre l’extrémité du mur nord du chœur, est lui aussi à deux étages. Il évoque un imposant lit de parade à baldaquin, au décor flamboyant particulièrement riche et fouillé. Il est peuplé de statuettes de saints et de saintes, de style brabançon. On y trouve aussi à profusion des emblèmes de la princesse, comme ses armoiries, des bouquets de marguerites, des initiales, etc...

 

L’église de Brou :
les deux gisants du tombeau de Marguerite d’Autriche



(cl. H. Nègre)
Comme celui de Philibert le Beau, le tombeau de Marguerite d’Autriche comporte deux gisants superposés, sculptés par Conrad Meyt. Au-dessus, l’image de la princesse en costume de cour est un portrait réaliste. En-dessous, repose le gisant idéalisé de la femme dépouillée de ses atours et des attributs de la puissance terrestre : les yeux entre-ouverts, elle attend sereinement l’heure de la Résurrection.

 

L’église de Brou :
le tombeau de Marguerite de Bourbon



(cl. H. Nègre)
Le tombeau de Marguerite de Bourbon, mère de Philibert le Beau, est installé dans le mur sud du choeur, dans une niche entourée d’un riche décor flamboyant. Sur une dalle de marbre noir, repose le gisant en marbre de Carrare de la duchesse en costume de cour, sculpté comme les autres par Conrad Meyt, et lui aussi entouré d’angelots. Au soubassement des pleurants alternent avec des angelots.

 

L’église de Brou :
le retable des sept Joies de la Vierge



(cl. H. Nègre)
Dans la chapelle particulière de Marguerite d’Autriche, l’autel est surmonté d’un grand retable d’albâtre, chef-d’oeuvre de la sculpture flamande. Divers épisodes heureux de la vie de la Vierge sont représentés dans des compartiments traités comme des scènes de théâtre minutieusement détaillées. Ici, dans la partie haute, on peut lire de bas en haut : la Nativité et l’Adoration des Mages, l’Apparition du Christ ressuscité et la Pentecôte, et au milieu l’Assomption.

 

L’église de Brou,
détail du retable des sept Joies de la Vierge :
la Visitation



(cl. H. Nègre)
Dans le bas du retable, un des compartiments représente la Visitation : au premier plan la Vierge, enceinte de Jésus, rend visite à sa cousine Elisabeth, enceinte de Jean-Baptiste. Celle-ci s’agenouille devant la mère de Dieu. A l’arrière-plan leurs époux, Joseph et Zacharie, se tiennent devant une porte monumentale de ville. Ce petit tableau démontre l’étonnante virtuosité des sculpteurs flamands dans la finesse du rendu.

 

L’église de Brou :
le vitrail de l’Assomption



(cl. H. Nègre)
Chef-d’œuvre des verrières de Brou, le vitrail de l’Assomption orne la chapelle de Marguerite d’Autriche. Au sommet, une frise en grisaille représente le cortège triomphal de la Foi, d’après une composition du Titien. En dessous, la scène de la Vierge élevée aux cieux et couronnée par Dieu le Père et Dieu le Fils est reprise d’une gravure de Dürer. En bas, au premier plan sont agenouillés Philibert le Beau et Marguerite d’Autriche, accompagnés de leurs saints patrons.

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