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Réponse n° 187

  Monuments historiques
technique papier peint
désignation garniture architecturale : papiers peints provenant de l'hôtel Pascal
localisation Provence-Alpes-Côte d'Azur ; Var ; Fréjus
dénomination garniture architecturale
matériaux papier : imprimé
description Papiers peints recouvrant murs et dessus-de-portes. Paysages de Télémaque dans l’île de Calypso : Papier peint panoramique en couleur (25 lés de 0,53 m de large, 2027 planches, 85 couleurs), figurant les principales scènes du livre VII du roman de Fénelon Les aventures de Télémaque. Première impression en 1825. Télémaque et Mentor naufragés sont accueillis sur une plage par Calypso ; sacrifices et danses des nymphes : lés 7 à 1 et 25 ; 202 x 382 cm. Chasse de Télémaque et d’Eucharis ; Calypso découvre la passion de Télémaque pour Eucharis : lés 16 à 11 ; 206 x 316 cm. Mur ouest : Deux panneaux sont séparés par la cheminée. Mur ouest / Panneau gauche (dit P4) : Les aventures de Télémaque. Télémaque et Mentor naufragés sont accueillis sur une plage par Calypso ; sacrifices et danses des nymphes. 2 lés ; 251 x 108 cm. Chaque lé mesure 58 cm de large (dont 54 cm peint). Il est divisé dans sa hauteur en 4 morceaux (à 73,5 cm / 115 cm / 193 cm / 251 cm). Mur ouest / Panneau droit (dit P3) : Les rives du Bosphore : ville orientale au bord de mer avec, à gauche des pêcheurs ; à droite un palais et des femmes écoutant de la musique. 11 lés ; 260 x 500 cm. Chaque lé mesure 51 cm de large (dont 48,5 cm peint). Il est divisé dans sa hauteur en 5 morceaux (à 97 cm / 138,5 cm / 180 cm / 221,5 cm / 260 cm). Mur nord (dit P2) : Les rives du Bosphore : paysage oriental au bord de mer. 7 lés ; 259 x 300 cm. Chaque lé mesure 51 cm de large (dont 48,5 cm peint). Il est divisé dans sa hauteur en 6 morceaux (à 56 cm / 96 cm / 138 cm / 180 cm / 221,5 cm / 259 cm). Mur est (dit P1) : Les aventures de Télémaque. Scène pouvant se dérouler en Grèce. 17-18 lés ; 256 x 840 cm. Chaque lé mesure 51 cm de large (dont 48,5 cm peint). Il est divisé dans sa hauteur en 6 morceaux (à 37,5 cm / 79 cm / 120 cm / 161,5 cm / 203 cm / 256 cm). Mur très abimé par des infiltrations et arrachages. Seuls quelques lés entiers ou partiels ont pu être décollés surtout sur la partie gauche. Panneaux supplémentaires rectangulaires au dessus des portes et de la cheminée. Ils illustrent des épisodes de la vie du roi Henri IV. Ces scènes de dessus-de-porte font parties des 80 à 100 numéros du catalogue de la fabrique Dufour et Leroy. Porte ouest : Entretien d’Henri IV et de Sully (Acte I scène III), comédie mêlée d’ariettes La Partie de chasse de Henri IV de Charles Collé (1709-1783) parut en 1766. Porte nord : Dîner d’Henri IV chez le meunier Michaud, scène tirée de la même pièce de théâtre. Une scène champêtre est inscrite dans les moulures du chambranle de la cheminée.
dimensions la = 54,5 (lé)
iconographie Télémaque ; Bosphore ; vue d'architecture ; scène ; paysage ; bord de mer ; femme ; pêcheur ; Grèce ; Henri IV
commentaire iconographique Il s’agit de deux séries de panoramiques créés par Dufour et Leroy en 1825 : Les aventures de Télémaque et Les rives du Bosphore. Chacun de ces panoramiques est composé à l’origine de 25 lés. A l’Hôtel Pascal ils ont été disposés sur plusieurs pans de murs et sectionnés afin de créer des vis à vis. Ainsi on peut retrouver : Les aventures de Télémaque : mur sud-ouest (P5) ; mur ouest panneau à gauche de la cheminée (P4) et mur est (P1). Les rives du Bosphore : mur ouest panneau à droite de la cheminée (P3) ; mur nord (P2). Mur ouest : (panneau de gauche) débarquement de Télémaque sur une plage après son naufrage ; (panneau de droite) une ville orientale au bord de la mer avec à gauche des pêcheurs et à droite un palais et des femmes écoutant de la musique. Mur nord : paysage oriental au bord de mer. Mur est : les parties que l'on distingue laissent supposer que la scène se déroule en Grèce. Au dessus des portes, des panneaux de papiers peints rectangulaires représentent des scènes de la vie d'Henri IV. Porte ouest : Henri IV et un personnage lui rendant hommage à genou. Porte nord : Henri IV lors d'un repas.
état oeuvre déposée
précision état Oeuvre déposée : décollement du papier peint de son support d'origine lé par lé par M. Dutartre (sous la direction du service du patrimoine). Conservés sous forme de rouleaux. Les papiers peints situés sur le mur oriental ont été très abimés par les infiltrations d'humidité.
école ou atelier Dufour et Leroy (fabrique)
lieu de provenance lieu de provenance : Provence-Alpes-Côte d'Azur, 83, Fréjus, hôtel Blaise Pascal
personnalité(s) Pascal Blaise (commanditaire)
siècle 2e quart 19e siècle
date(s) 1825 ; 1830
historique Ces papiers peints proviennent des salons de l'hôtel Pascal. Ils ont probablement été réalisés entre 1825 et 1830. A l'occasion de la réfection d'un appartement ancien, le propriétaire a cédé à la ville de Fréjus un ensemble de papiers peints encore en place dans le salon du premier étage de l'immeuble dit Hôtel Pascal au 94 rue du Général de Gaulle à Fréjus. Une partie de la maison aurait été construite en 1680. Du XIXe siècle datent la décoration du salon et le remaniement de la façade sud. Les papiers du salon de l'Hôtel Pascal proviennent de la fabrique Dufour et Leroy, et auraient été posés vers 1830, à la demande du propriétaire de l'hôtel particulier, Blaise Pascal (1770-1863) riche armateur fréjusien (sources : Inventaire général, 1984). L'impression mécanique de décors peints a débuté en 1783, tout d'abord sur un support textile. Il fallut attendre les années 1840 pour que les fabricants mettent au point un matériel efficace pour l'impression sur papier, rebelle à la couleur sur lequel il faut la coller. Les premières tentatives de papiers peints imitent donc l'impression textile et se portent sur l'impression en taille douce. Les manufactures J. Zuber & Cie (1826) puis la firme Potter de Darwin dans le Lancashire (1839-1840) rivalisent d'ingéniosité pour développer l'impression en creux et et en relief à partir de machines à vapeur et sur un drap en continu. Ce sont les grands principes de réalisation des papiers peints. Né à Tramayes en 1754, d'une famille modeste, Joseph Dufour apprend son métier à Lyon et commence à travailler en 1780 à la manufacture de papier peint Ferrouillat, puis à l'Atelier de la Charité. En 1797, il installa sa propre manufacture à Mâcon, rue de la Paroisse. Le dessinateur Jean-Gabriel Charvet, connu à Lyon travaille pour eux. Après des débuts difficiles, la manufacture trouve prend son essor et emploie plus de 90 ouvriers ; le préfet la visite, félicite Dufour pour les perfectionnements techniques qu'il a apportés à la fabrication du papier peint et admire un paysage animé de figures que Dufour a l'intention de montrer à l'exposition prochaine du Louvre. Le premier panoramique en couleurs de la manufacture Dufour est réalisé. Il s'intitule : Les Sauvages de la mer Pacifique ou Les Voyages du capitaine Cook. Après le succès du panoramique Les sauvages de la mer Pacifique à l'exposition des Produits de l'Industrie française, à Paris, en 1806, Dufour s'installe à Paris, rue de Beauvau, dans le faubourg Saint-Antoine et sa notoriété se répand dans toute l'Europe et jusqu'aux Amériques. A la production prestigieuse et coûteuse des panoramiques, s'ajoute une production courante de papiers peints à motifs répétitifs. Dufour demande ses cartons à d’excellents dessinateurs : Charvet, Fragonard et fils, Blondel, Laffitte, mais c’est surtout Xavier Mader, dessinateur et graveur, qui fit la fortune de l’atelier. En 1819, il présente à l'Exposition de l'Industrie française ce qu'il considère comme son chef-d'oeuvre : l'Histoire de l'Amour et de Psyché. Joseph Dufour meurt à Paris, le 15 janvier 1827. Son gendre, Amable Leroy, reprend la manufacture, mais la revend quelques années plus tard. Les planches de bois seront dispersées. Les papiers peints panoramiques, dont Joseph Dufour fut l'un des créateurs les plus prestigieux, étaient destinés à recouvrir toute la surface des murs d'une pièce d'habitation. Cette forme de décoration murale, spécifiquement française, était conforme au goût du temps pour le plein air et le pittoresque. Changeant l'intérieur en extérieur, le panoramique lance l'imagination à travers paysages, récits mythologiques, relations de voyages, romans à succès... Œuvres de prestige, de fabrication longue et coûteuse, ils ne représentent qu'une petite partie de la production des manufactures, mais ils en font la réputation. La vente devait couvrir les frais du dessinateur de la mise sur bois (c'est-à-dire le transfert du dessin sur planches de bois en vue de la gravure, certaines collections exigent plus de 1500 planches). Pour rentabiliser l'entreprise, ils sont édités en série (de 100 à 200 exemplaires à la fois) et doivent s'adapter à toutes sortes d'architectures intérieures et aux exigences d'une clientèle variée et cosmopolite : ils se vendent en France, dans les pays d'Europe du nord et en Russie, mais aussi, et en grand nombre, aux Etats-Unis et jusqu'en Amérique du Sud. Après les années 1860, le genre s’épuise, les papiers peints panoramiques ne résistent pas à la concurrence d’une autre formule appelée décor, un trompe l’oeil de boiserie de style historiciste. Le papier utilisé à l'époque de Dufour est fabriqué à partir de chiffons, en feuilles de petites dimensions (50 cm environ), produites une par une, à la cuve. Collées les unes aux autres (elles sont dites raboutées), elles permettent d'obtenir des rouleaux d'une dizaine de mètres de longueur. Chaque lé est foncé : une couleur de fond est appliquée avec régularité à l'aide de larges brosses sur toute la longueur du lé. Vient ensuite l'impression proprement dite, à l'aide de planches de bois, gravées en relief. L'impression est produite par pression de la planche, préalablement enduite de couleur, sur le papier. Chaque planche imprime une seule couleur. De petits picots de métal, plantés sur les bords de la planche, servent de point de repère pour que les couleurs ne se chevauchent pas lorsque l'imprimeur déplace la planche sur toute la longueur du rouleau. Chaque lé reçoit successivement toutes les couleurs. Les papiers peints panoramiques peuvent nécessiter ainsi la manipulation de plus de 2000 planches d'impression. Les panoramiques reflètent les goûts et les préoccupations philosophiques de l'époque. Jusqu'en 1840, les paysages sont toujours habités : même au milieu d'une nature exubérante, l'homme tient une place centrale. Ils donnent ainsi l'image paradisiaque d'une harmonie profonde entre la nature et l'homme. Ils témoignent de l'esprit des Lumières et du goût néo-classique du XIXème siècle, mais aussi de l'influence de Rousseau et des aspirations de l'âme romantique. Les thèmes, choisis pour plaire à la plus large clientèle, sont bien connus du public du temps : on s'empare de succès littéraires (Paul et Virginie, cette pastorale tragique qui fit pleurer tout un siècle, ou Les Voyages d'Anthénor roman à sujet antique d'Etienne de Lantier) ; on revisite des mythes antiques mis au goût de l'époque (Psyché) ; ou on joint la référence antique au roman moral en illustrant le Télémaque de Fénelon : l'Antiquité est en effet le fondement de la culture de l'époque.
protection MH 2009/10/20 : inscrit au titre objet
propriété propriété de la commune
bibliographie Joseph Dufour (1757-1827), un créateur de papiers peints, Musée municipal des Ursulines, Mâcon (71) France, 14 mai-13 juin 1982. ; Décors de l'imaginaire. Papiers peints panoramiques 1790-1865, Musée des Arts Décoratifs, Paris France, 18 septembre 1990-20 janvier 1991. ; Les Sauvages de la mer Pacifique, manufactured by Joseph Dufour et Cie, after a design by Jean-Gabriel Charvet, Art Gallery of New South Wales, National Gallery of Australia, février 2000. ; Un créateur de papiers peints Joseph Dufour (1754-1827), Tramayes (71) France, juillet-septembre 2000. ; A Room with a View : Landscape and Wallpaper, Cooper-Hewitt National Design Museum, New York USA, mai-octobre 2001. ; Le bon motif. Papiers peints et tissus de la bibliothèque Forney 1760-1960, Paris, Bibliothèque Forney, du 21 septembre au 31 décembre 2004.
sources Negrel Geneviève, Inventaire général du patrimoine culturel, DRAC PACA, 1984-1985. ; Christine Galissot-Ortuno (conservatrice des antiquités et objets d'art du Var)
type d'étude liste objets inscrits MH
copyright © Monuments historiques
date versement 2012/11/30
référence PM83003124
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Requête ((commanditaire) :PERS )
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