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Historique
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Autrefois placé dans la chapelle du Saint-Sépulcre de la cathédrale Saint-Etienne de Toulouse, ce tableau était au centre d'un ensemble iconographique consacré intégralement au thème de la mise au tombeau et de la Déploration du Christ mort. Aujourd'hui, même détaché de son contexte, il conserve une rare puissance d'évocation. L'artiste a retenu un type de composition particulièrement sculpturale en libérant un espace libre de figures au premier plan. Légèrement en retrait et placé de biais, le Christ est veillé par un groupe de figures disposées parallèlement au Christ et non au plan du tableau. Dans cette composition structurellement désaxée, seuls les attributs de la Passion - l'aiguière, le plateau, la couronne d'épines et, en arrière-plan, la croix - apparaissent dans l'axe de la représentation. Chaque personnage apparaît isolé dans sa réaction face à la Passion et se détache comme un bloc géométrique autonome. L'anatomie triomphante du Christ contraste avec la masse de lourds vêtements qui enveloppe les autres corps. L'impassibilité des expressions est contredite par l'éloquence des mains qui déclinent le répertoire de l'oraison et de l'acceptation. L'invention irréelle de l'homme masqué par la croix et qui s'y agrippe de ses deux mains a été admirée par de nombreux auteurs. Tournier se révèle une fois de plus comme un coloriste particulièrement délicat. En dépit de l'origine caravagesque de ce type de scènes se détachant sur un fond sombre, la plupart des couleurs sont des demi-teintes comme le jaune légèrement rosé de la Madeleine, le mauve éteint du vieillard ou le bleu turquoise de la Vierge. Seul le rouge de la tunique de saint Jean impose sa note franche et directe. Ce chef-d'oeuvre occupe une place charnière dans la production languedocienne de Tournier. Par une certaine géométrie des formes, il ouvre la voie au style des toutes dernières années, tandis que la plénitude de la forme et la conception théâtrale de la scène sont très italiennes. Tournier a d'ailleurs rarement été aussi fidèle au véritable esprit caravagesque. Tournant le dos à la médiation de Manfredi, il se rapproche de l'une des écoles les plus proches du message caravagesque, l'école napolitaine : la construction des figures par blocs de couleurs produit la même émotion d'ordre profondément religieux. Ce tableau peut être daté approximativement du début des années 1630. © musée des Augustins (D. Martin).
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Bibliographie
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[Jean-Paul Lucas], Catalogue des tableaux et autres monumens des Arts formant le muséum provisoire établi à Toulouse, Toulouse, impr. Robert, an III (1795) (n° 82) [Jean-Paul Lucas], Notices des tableaux, statues, bustes, dessins composant le musée de Toulouse, Toulouse, impr. Caunes, 1805. (n° 356) [François Jacquemin], Notice des tableaux, statues, bustes, dessins, composant le musée de Toulouse, Toulouse, impr. Douladoure, 1813. (n° 390) [François Jacquemin et Suau], Notice des tableaux, statues, bustes, bas-reliefs et antiquités composant le musée de Toulouse, Toulouse, impr. Douladoure, s.d. (1818 ou 1820). (n° 455) [François Jacquemin et Suau], Notice des tableaux et dessins conservés dans le musée de Toulouse, Toulouse, impr. Douladoure, 1828. (n° 453) M. Roucoule, Catalogue raisonné de la galerie de peinture du musée de Toulouse, Toulouse, impr. Dieulafoy, 1835. (n° 387) Pierre-Théodore Suau, Notice des tableaux exposés dans le musée de Toulouse, Toulouse, impr. Chauvin, 1850. (n° 368) Charles Georges, Catalogue raisonné des tableaux du musée de Toulouse, Toulouse, 1864. (n° 235) "Le musée de Toulouse" in Toulouse : histoire, archéologie monumentale, facultés, académies, établissements municipaux, institutions locales, sciences, beaux-arts, agriculture, commerce, région pyrénéenne. Association française pour l'avancement des sciences, 16e session à Toulouse en 1887 / Eugène Lapierre.- Toulouse : Privat, 1887.- 1150 p. (p. 615) Ernest Roschach, Catalogue des collections de peintures du musée de Toulouse, Toulouse, 1908 (rééd. 1920) (n° 283) MESPLE Paul, "Le musée des Augustins à Toulouse" dans Cahiers des Musées de France, Album n°1, Paris, Editions de la Photothèque, 1959. (notice VII) "Orangerie 1934 : les"peintres de la réalité" / Pierre Georgel. Musée de l'Orangerie, Paris, 22 novembre 2006-5 mars 2007. (p.264-265 n°109)
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