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Réponse n° 36
Domaine

estampe

Titre

Saint Sébastien

Auteur/exécutant

BALDUNG Grien Hans (graveur)

Précision auteur/exécutant

BALDUNG : Schwäbisch Gmünd, 1484 ; Strasbourg, 1545

Ecole

Allemagne

Période création/exécution

1er quart 16e siècle

Millésime création/exécution

1514

Historique

Baldung, en gravant ce grand saint Sébastien, témoigne une nouvelle fois de son intérêt pour le sujet, puisque dès 1505/ 1507 il livre un bois (Mende 11), vers 1509/ 1510, un burin inachevé (Mende 549), et deux bois, l'un en 1512, le Petit saint Sébastien (Mende 29) et le dernier en 1518 (H. 113). La planche gravée du " grand " saint Sébastien, ainsi nommé en raison de l'échelle monumentale adopté par l'artiste, révèle au travers d'une torsion spectaculaire imprimée au corps du martyr toute la souffrance de cet être attaché à un arbre qui s'affaisse sur sa hanche gauche, tandis qu'il est criblé de flèches. Sébastien, né probablement à Milan, est martyrisé à Rome, et enseveli dans une catacombe sur la Via Appia, près de la basilique qui porte son nom. Dès le Ve siècle, le récit légendaire s'est amplement enrichi. Sébastien, élevé dans la foi chrétienne, sera enrôlé comme soldat à Rome vers 283, puis nommé à la tête de la garde prétorienne par Dioclétien qui ignore tout de ses convictions. Le jeune commandant soutient les prisonniers persécutés pour leur foi, encourage de nouvelles conversions et mène une activité de prosélyte, qui parvient à la connaissance de Dioclétien. Arrêté, Sébastien est condamné à mourir percé de flèches. Irène, la veuve d'un martyr, relève le jeune homme laissé pour mort, et soigne ses blessures. Guéri, il va défier l'empereur Dioclétien qui le fait lapider et jeter son corps dans la " Cloaca Maxima ", l'égout de Rome. L'on prête à saint Sébastien le pouvoir d'arrêter les épidémies de peste, vraisemblablement en raison d'une croyance antique qui assimilait ces épidémies-là à des flèches décochées par la divinité. Deux types se succèdent chronologiquement, allant du personnage âgé, barbu, en toge ou en tunique, visible à partir du Ve siècle jusqu'au XVe siècle, auquel se substitue dès le XIIIe siècle, un second type juvénile, nu, percé de flèches et attaché à un arbre, à une colonne ou les mains liées derrière le dos. Le saint Sébastien de Baldung appartient à la deuxième catégorie : nu, dans la force de l'âge et doté d'un corps athlétique, il s'effondre sous son propre poids, pesant encore plus sur les liens qui le ligotent à l'arbre, en lui comprimant la cage thoracique et lui cisaillant le poignet droit. L'arbre se tord selon un mouvement opposé au contrapposto de Sébastien. Les flèches qui le transpercent aux mêmes endroits que les stigmates du Christ, ainsi que celles plantées dans les muscles de la cuisse, du bras et surtout dans la région pubienne, impliquent une douleur paroxystique tout entière traduite par l'expression convulsive de la main droite du martyr, très proche de celle du Christ crucifié de Grünewald (Colmar, Musée d'Unterlinden, Retable d'Issenheim, La Crucifixion, 1512/ 1516). Il est d'ailleurs difficile au spectateur de ne pas se sentir concerné par la douleur du supplicié, étant donné que les orteils de Sébastien, heurtant pour ainsi dire le trait carré de la gravure, induisent que protagoniste et observateur sont placés sur un même plan. En écho à l'affaissement du martyr, le sol s'effondre derrière lui et permet par une vue plongeante de découvrir à gauche en contrebas une maison, dont la petite taille renforce le caractère pathétique du drame qui se déroule au premier plan. Celui-ci, encadré d'un feston de nuages d'où émergent des putti exprimant leur affliction, corrobore l'atmosphère oppressante que dégage la scène. Le petit ange déployant un drap au-dessus de la tête de Sébastien recueille toute la lumière céleste, qui prend ici l'allure d'une auréole. Baldung, pour ce saint Sébastien, s'est vraisemblablement inspiré d'un cuivre de Schongauer gravé vers 1475 (B. 59) et d'un cuivre de Dürer réalisé vers 1500-1501 (B. 55), respectivement pour la torsion du corps et de l'arbre, et pour le visage barbu et la quasi nudité du martyr. (Anny Claire Haus) ; voir aussi : 77.004.0.11 et 77.004.0.13

Matériaux/techniques

papier (filigrané)

Description

gravure sur bois

Dimensions

Hauteur de l'oeuvre en cm 31.1 cm ; Largeur de l'oeuvre en cm 23.3 ; Hauteur de la feuille en cm 31.2 ; Largeur de la feuille en cm 23.5

Inscriptions

monogramme, date

Précision inscriptions

monogramme, date, Devant, en bas à droite : HGB 1514 ; filigrane, Derrière, en haut au milieu : lettre P, in Briquet 1907, t. III, no 8823

Sujet représenté

scène biblique (saint Sébastien, martyre, blessé, flèche, agonie, nuée, ange : portant : drap)

Etat de conservation

Oeuvre restaurée en 2003-2004, montée avec fausse marge

Lieu de conservation

Strasbourg ; cabinet des estampes et des dessins

Musée de France
au sens de la loi n°2002-5 du 4 janvier 2002

Statut juridique

propriété de la commune ; ancien fonds ; Strasbourg ; cabinet des estampes et des dessins

Date acquisition

date d'acquisition inconnue

Numéro d'inventaire

77.004.0.9 ; 77.R.2009.0084 (N° récolement)

Exposition

STRASBOURG, Attraits subtils, 2007-2008 (Palais Rohan, galerie Heitz)

Bibliographie

cat. expo STRASBOURG, Attraits subtils, 2008 (p. 144-145)
cat. expo FRIBOURG, Hans Baldung Grien, 2001-2002 (p. 154 no 27.)
VORAGINE J. de, La Légende dorée 2000 (t. I, p. 110)
DUCHET-SUCHAUX, G. La Bible et les Saints, 1994 (p. 309-310)
KELLER, H., Reklams Lexikon, 1987 ( p. 507-508)
Washington, New Haven, Hans Baldung Grien, prints and drawings, 1981 (p. 198-199)
MENDE, Matthias, Hans Baldung Grien, 1978 (n°38)
Lexikon christlicher Kunst, 1980 (p. 286-287)
cat. expo KARLSRUHE Hans Baldung Grien, 1959 (p. 262-265)
BRIQUET C. M., Les Filigranes, 1907 (t. III, n° 8823)
Adam BARTSCH, Le Peintre graveur, Leipzig, 1866-1876 20, in 12° (n°37)
MEYER J., Allgemeines Künstler-Lexikon, 3 vol., Leipzig, 1872-1885 (n°70)

Copyright notice

© Strasbourg ; cabinet des estampes et des dessins, © Service des musées de France, 2013

Crédits photographiques

© BACHER, © BERTOLA

 

Renseignements sur le musée

 

00130065041

Notices :  

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Lots de réponses :  

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Requête :   ((filigrané) :TECH )
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