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Réponse n° 4
Domaine

archéologie ; mosaïque ; moderne

Dénomination

panneau

Titre

Panneau aux colombes sur un bassin

Auteur/exécutant

ATELIER DE ROME (?) ; RAFFAELLI (?, atelier)

Précision auteur/exécutant

L'ensemble de la scène est réalisé à l'aide de minuscules éléments de verre filé, très finement assemblés de manière à rendre les joints presque imperceptibles. Cette technique, proche dans ses effets de l'opus vermiculatum antique, est vraisemblablement due ou, au moins, perfectionnée par G. Raffaelli qui l'a utilisée en 1775 dans son atelier ; il réalisa en 1784 une copie minutieuse de la mosaïque aux colombes, chef d'œuvre antique découvert en 1737 dans les fouilles de la Villa Hadriana, à Tibur (le panneau de Raffaelli est conservé en France dans une collection privée : CHARLES-GAFFIOT, LAVAGNE 1999, n° 96, et LAVAGNE, BALANDA, URIBE ECHEVERRIA 2000, n° 221). A côté de panneaux de grandes dimensions, éventuellement utilisés comme plateau de table, la technique fut aussi utilisée pour réaliser des " micro-mosaïques " ornant de petites boîtes, des boîtiers de montre ou des tabatières de quelques cm de côté. Les colombes sur un bassin constituent certainement l'un des motifs favoris de ces ateliers, et leur diffusion fut grande, en Italie d'abord, puis dans toute l'Europe occidentale comme à Saint-Pétersbourg (Raffaelli devint conseiller du Tsar de Russie) ou même à Istanbul, dans le Palais Dolmabahce, vers 1853-56 (BINGÖL 1997). Le panneau de Chantilly est-il l'œuvre de Raffaelli, ou de son atelier ? Il est tentant de le penser car la représentation y reste très fidèle au modèle antique, et parce qu'à la mort de l'artiste, en 1836, son studio renfermait quelque 1430 mosaïques achevées ou en cours d'exécution. De plus, la bordure constituée d'éléments de verre bichromes entoure la même scène sur plusieurs objets de son atelier (ALFIERI, BRANCHETTI, CORNINI 1986, p. 97, fig. 119, exécuté en 1793 ; RÖTTGEN 1982, p. 115, exécuté en 1801). Le panneau est fixé sur un support qui interdit désormais de chercher une signature sur le revers, comme il y en avait sur d'autres pièces. En l'absence de signature (?), il convient de rester prudent, mais quoi qu'il en soit, ce panneau s'insère dans une série bien attestée et qui connut une vogue certaine. " Copie " d'antique, de grande qualité et d'un prix vraisemblablement élevé, cet objet trouvait sa place dans les cabinets d'antiquités du prince de Salerne puis du duc d'Aumale.

Période création/exécution

18e siècle ; 19e siècle

Historique

La mosaïque de la Villa Hadriana. présente plusieurs des traits caractéristiques des mosaïques du IIe s. avant J.-C de style illusionniste, lorsque les mosaïstes ont voulu, par l'opus vermiculatum, copier la peinture contemporaine. Réaliser au IIe s. après J.-C. ce type de panneau dut donc constituer un défi, alors que les techniques de la mosaïque avaient changé ; et la mode des pavements illusionnistes revint pour un temps en Italie. Il est amusant de constater que le même défi fut relevé au XVIIIe s. par les ateliers de Rome, et tout particulièrement par le Studio Pontifico, après la découverte du célèbre panneau antique. Pour copier l'opus vermiculatum, les mosaïstes tirèrent alors parti de leur nouvelle technique de " smalts filés " et ils utilisèrent des mortiers colorés comme leurs lointains prédécesseurs. Le filet d'éléments bichromes qui entoure le panneau de Chantilly est une transposition des perles et pirouettes qui bordent la mosaïque antique. Sur le panneau de Chantilly, le mosaïste a figuré l'ombre portée par la colombe qui plonge son bec dans l'eau : il est ainsi plus fidèle à la description donnée par Pline que ne l'était le panneau antique de la Villa. Enfin, on peut noter que si, dans son panneau de 1784, Raffaelli a respecté la polychromie réduite et reproduit les dégradés subtils des effets coloristiques du modèle antique, il a redressé la perspective de la base quadrangulaire sous le bassin : son rendu originel, en " perspective inversée " caractéristique de la peinture hellénistique et reproduit sur le panneau de la Villa Hadriana, aurait par trop choqué l'œil de l'amateur d'art du XVIIIe, habitué depuis la Renaissance aux lignes de fuite se rejoignant à l'infini.

Matériaux/techniques

micro-mosaïque, verre

Description

Panneau utilisant la technique des " micro-mosaïques ", réalisées avec des smalts filés ; beaucoup de ces éléments découpés dans des baguettes de verre filé ont une section inférieure à 0,1 cm (0,3 cm dans les filets de bordure). Le panneau est bordé d'une série de trois filets : le premier est noir, le deuxième rouge, tandis que le troisième est formé de sections de baguette bleu ciel à noyau rouge. Sur un fond bleu foncé, le centre du panneau présente quatre colombes perchées sur un bassin métallique. Le bassin hémisphérique repose sur une tablette blanche elle-même posée sur une surface beige. Le récipient de cuivre est bordé par une rangée d'oves, il est muni d'anses arrondies et de pieds en bobine. Un dégradé coloré rend l'arrondi de la vasque qui est remplie d'eau. De gauche à droite, sont figurées une colombe qui se retourne vers la gauche, une colombe se retournant vers la droite, l'aile semi-déployée, puis une colombe plonge son bec dans l'eau pour boire, tandis que la quatrième se retourne pour s'épouiller. Les trois colombes placées au premier plan sont blanches (dégradé de blanc-gris), tandis que celle qui est figurée en arrière est rendue dans un dégradé de beige, plus sombre que les autres car elle est moins éclairée.

Dimensions

D. 34,5 (panneau circulaire) ; D. 40,5 (avec le cadre)

Utilisation/destination

décor d'architecture

Sujet représenté

représentation animalière (colombe, bassin, boisson)

Précision sujet représenté

Après sa découverte dans la Villa Hadriana, la mosaïque aux colombes suscita une vive admiration, à la fois pour sa finesse d'exécution et la perfection du rendu illusionniste de la scène. Or, dans sa publication de 1752, Furietti établissait déjà un rapport entre l'image représentée et le passage de l'Histoire naturelle (XXXVI, 184) de Pline l'Ancien, mort en 79 après J.-C., que l'on peut traduire ainsi : " dans le genre de la mosaïque, l'artiste le plus célèbre fut Sosos qui fit à Pergame l'asorotos oikos (la " salle non balayée "), ainsi nommée parce qu'il avait représenté, en petits cubes de diverses couleurs, les reliefs d'un repas qu'il est d'usage d'enlever avec un balai, et qui semblaient y avoir été laissés ; nous y voyons aussi une colombe qui boit et dont la tête fait de l'ombre sur l'eau, tandis que d'autres se chauffent au soleil en s'épluchant, sur le bord d'un canthare " (DONDERER 1999, p. 91). Ce texte de Pline, qui contient le seul nom de mosaïste transmis par les textes anciens, permit de connaître la mosaïque pergaménienne qu'on date du milieu du IIe s. avant J.-C., période royale la plus brillante de l'histoire de la ville. La mosaïque était célèbre dans l'Antiquité et plusieurs copies nous sont parvenues, plus ou moins fidèles : l'une, trouvée à Délos, date de la fin du IIe ou du début du Ier s. avant J.-C. Le thème fut repris à l'époque d'Hadrien comme en témoigne le magnifique panneau découvert dans sa Villa : est-il une copie fidèle de la mosaïque de Sosos exécutée vers 125-133 après J.-C., ou bien le panneau original réutilisé par Hadrien, comme le pense M. Donderer ? La première hypothèse reste la plus probable.

Etat de conservation

panneau fixé au-dessus du pied de candélabre OA 868, sur un support qui permet de le faire tourner

Lieu de conservation

Chantilly ; musée Condé

Statut juridique

propriété privée personne morale ; donation sous réserve d'usufruit ; Chantilly ; musée Condé ; interdiction de prêt ou de dépôt

Date acquisition

1886 date d'acquisition ; 1897 entrée matérielle

Anciennes appartenances

achat de la collection du prince de Salerne, 1854 ; Henri d'Orléans duc d'Aumale. Les neuf mosaïques de la collection du duc d'Aumale appartenaient à son beau-père, le prince de Salerne, et ont été acquises en 1854 après la mort de ce dernier. La vente prévue à Naples en 1852 n'eut pas lieu, le duc d'Aumale ayant décidé de racheter la collection entière. On peut distinguer deux séries de panneaux dans cet ensemble : les quatre panneaux d'intérêt majeur (n° 129 à 132) sont actuellement exposés dans les salles du château tandis que cinq autres panneaux sont conservés dans des réserves. Avec le reste de la collection, la première série de mosaïques a quitté la Campanie en 1854 pour suivre le duc d'Aumale en exil en Angleterre, puis cet ensemble est entré en France en 1871. Les panneaux de la seconde série, montés sur des supports solides et encadrés de marbre, avaient été préparés pour devenir des plateaux de table, selon l'usage des XVIIIe-XIXe s. : ils sont désignés comme " mosaïques de table " dans les premières listes manuscrites. Après la vente de 1852, ils étaient restés dans une remise du palais de Palerme et sont arrivés à Chantilly en 1882, et ils ont alors été exposés dans la salle du Jeu de Paume

Numéro d'inventaire

OA 870

Exposition

De l'Egypte à Pompéi : le cabinet d'antiques du duc d'Aumale, Chantilly, musée Condé, 5 juin - 9 septembre 2002

Bibliographie

inédit ; Comparaison :Pour les mosaïques des XVIIIe-XIXe s., voir la série des n° 159-164 dans CHARLES-GAFFIOT, LAVAGNE 1999, les n° 218 et 221 dans LAVAGNE, BALANDA, URIBE ECHEVERRIA 2000, ALFIERI, BRANCHETTI, CORNINI 1986, et BINGÖL 1997. Pour la mosaïque antique de la Villa Hadriana, actuellement au musée des Conservateurs à Rome, voir DONDERER 1999 (avec bibliographie antérieure). Sur la technique des " micro-mosaïques " réalisées en smalts filés, voir CORNINI 2000. ; Ludovic Laugier, De l'Egypte à Pompéi : le cabinet d'antiques du duc d'Aumale, Ed. Somogy - musée Condé, 2002, p. 101-102

Copyright notice

© Chantilly, musée Condé, © Direction des musées de France, 2003

Crédits photographiques

© Ojéda ; © Réunion des musées nationaux - utilisation soumise à autorisation

 

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