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Réponse n° 10
Domaine

peinture

Dénomination

tableau

Titre

La Pavlova et Nijinsky

Auteur/exécutant

FLANDRIN Jules Léon

Précision auteur/exécutant

FLANDRIN : Corenc, 1871 ; Paris, 1947

Ecole

France

Période création/exécution

1er quart 20e siècle

Millésime création/exécution

1909

Historique

Issu d'une vieille famille grenobloise, Jules Flandrin quitte rapidement l'école pour venir s'installer en 1893 à Paris. Elève de l'atelier de Gustave Moreau dès 1895, il va faire la connaissance de Marquet, Matisse et Rouault auprès desquels il exposera au Salon d'Automne de 1905 qui révéla la fameuse " cage aux fauves ". Cette même année, il rencontre le marchand parisien Eugène Druet auquel il restera fidèle jusqu'en 1937. Il exposera régulièrement dans sa galerie se faisant apprécier des collectionneurs parisiens et des critiques d'avant-garde. Passionné de musique, il composait pour lui-même et ses amis. Auditeur assidu de concerts et de représentations théâtrales, Jules Flandrin découvre la danse à la Première d'Armide en 1909 au théâtre du Châtelet. " Lui qui ne venait là que pour écouter, fut ébloui. " évoque Jacqueline Marval, sa compagne dans un article de l'Art Décoratif. (1) La Pavlova et Nijinsky fut peint à la suite de la représentation des Sylphides, au programme de la saison des ballets russes le 2 juin 1909. La troupe du chorégraphe Serge Diaguilev fit sensation dans le tout Paris mondain qui tomba sous le charme du jeune prodige russe Vaslav Nijinsky. Ce dernier est accompagné de la danseuse étoile Anna Pavlova et du corps de ballet à peine esquissé au second plan. Dans cette composition magistrale, le couple célèbre apparaît en pleine lumière au premier plan. Nijinsky , " tel un papillon noir et blanc près des Sylphides ", les cheveux longs et libres , semble prendre son envol dans une grâce toute féminine. Il fut le premier danseur à évoluer sur les pointes, exercice autrefois réservé à la ballerine. Cette même année, l'américaine Isadora Duncan enflamme le public parisien au Théâtre de la Gaîté avec ses Danses grecques et antiques. Pieds nus, le corps libéré du traditionnel tutu devient source d'expressivité et d'émotion. Elle osa, avant Nijinsky, danser sur une musique de Frédéric Chopin. Flandrin dans une lettre à sa mère datée du 9 juin 1909 fait part de ses impressions : " L'entrain et la belle santé de ces danses sont vraiment admirables et vont des danses sibériennes, hongroises, napolitaines, jusqu'à d'admirables danses de Sylphides, toutes blanches dans le costume de la Taglioni, au clair de lune... ". Le ballet Les Sylphides ne fut qu'un spectacle de danse pure, sans intrigue, ni sujet, les danseurs évoluant comme dans un songe sur les accords mélodieux et romantiques de la musique de Frédéric Chopin. Lors de ces soirées des ballets russes, Flandrin croque sur le vif les danseurs. Les toiles qui vont naître de cette rencontre seront présentées dès février 1910 à la galerie Druet. Nijinsky apparaît dans presque tous ses rôles- Le pavillon d'Armide, L'Oiseau d'or, Les Orientales, Le Spectre de la rose. Sous le n°18 La Pavlova et Nijinsky ou encore Les Sylphides (n°17). Dans cette dernière composition, vision lointaine et plongeante sur la scène, les ballerines, disposées sur deux diagonales, encadrent le couple étoile, dans un décor champêtre parsemé de ruines. Lors de cette exposition, onze toiles des ballets russes furent présentées parmi de nombreux paysages d'Italie et des montagnes du Dauphiné. Aucune ne paraîtra l'année suivante sur les cimaises de la galerie Druet ! Il semble que les collectionneurs aient été au rendez-vous ! Présent aux côtés des peintres fauves au Salon d'Automne de 1905, Flandrin ainsi que quelques peintres de même tendance- tels Lebasque, Guérin, ou Laprade- vont s'éloigner dès 1906 du groupe de Matisse. Tant par leur sujet d' inspiration poétique, littéraire ou musicale que par leurs intentions picturales, ils vont trouver une voie autre qui emprunte beaucoup plus au souci du décor cher aux peintres nabis. Les moyens picturaux et la technique rapprochent cependant Flandrin des fauves. Il simplifie les masses, suggère, plus qu'il ne précise contours et figures. Une matière picturale grumeleuse et épaisse, apposée en larges touches, simplifie les volumes pour ne donner que l'essentiel. Une lumière spectrale fait ressortir les corps esquissés, suspendus, indiqués seulement par quelques traits de pinceaux. Le bleu unifie les différents plans. Un bleu marial, cher à Flandrin - qui auréole déjà L'Ange bleu qu'il présenta au Salon de la Nationale de 1905- enveloppe le couple étoile d'une aura toute spirituelle. L'année 1906 est celle de la première exposition des oeuvres de Flandrin à la galerie Druet. Cette même année, Flandrin expose au Cercle de l'Art Moderne au Havre deux natures mortes aux côtés de Guérin, Laprade, Lebasque, tous représentés dans les expositions de groupe qu'organise Druet à partir de 1911. " La danse a-t-elle la première part dans l'art de Flandrin ? Je ne le crois pas ! C'est plutôt un délassement, une promenade de quelques minutes [...], un solo de violon que l'on écoute avec plaisir ; mais son grand orchestre à lui, ce sont les cimes neigeuses de ses Alpes, ses grands horizons colorés et les Grapilles où il voit passer en imagination de jeunes faunes et de vieux satyres dansant au printemps. " (2) Géraldine Lefebvre (1) Jacqueline Marval, " Les Danseurs de Flandrin ", in L'Art décoratif, Paris, avril 1913, n°190, p. 167. (2) Jacqueline Marval, " Les Danseurs de Flandrin ", in L'Art Décoratif , avril 1913, n° 190, p.170, 171.

Matériaux/techniques

peinture à l'huile, isorel

Dimensions

Hauteur en cm 52 ; Largeur en cm 67.3 ; profondeur 0.5 ; Hauteur avec cadre en cm 62 ; Largeur avec cadre en cm 77 ; Epaisseur avec cadre en cm 3

Inscriptions

signature ; inscription

Précision inscriptions

signature, en bas à gauche, L. Flandrin ; étiquette, au dos, 1 - Galerie Druet / N4, Faub. St Honoré, Paris (biffé en rouge) à l'encre : 20 Rue Royale Flandrin / La Pavlova et Nijinski, et tampon : 5645. 2 - (autocollante) 51 (au crayon). 3 - 5019 ; inscription, au dos, 1 - (au crayon rouge) 5019. 2 - (au crayon noir) 38. 4 - (au crayon) M. Audry (?)

Sujet représenté

scène (Nijinsky Vaslav Fomitch, Pavlova Anna, danse, art de la danse, danseur)

Etat de conservation

Bon état

Lieu de conservation

Le Havre ; musée Malraux

Musée de France
au sens de la loi n°2002-5 du 4 janvier 2002

Statut juridique

propriété de la commune ; donation ; Le Havre ; musée Malraux

Date acquisition

2004

Anciennes appartenances

Galerie, DRUET Eugène, 1909, Paris, (Acquis à la Galerie par Olivier SENN, lot n°5645) ; Senn-Foulds Hélène ; Collection SENN

Numéro d'inventaire

2004.3.36

Exposition

Exposition de peintures de Jules Flandrin, Paris, galerie EugèneDruet, 7-19 février 1910 (n°18 (La Pavlova et Nijinski))
De Courbet à Matisse. Donation Senn-Foulds, Le Havre, musée Malraux, 13 mars-12 juin 2005

Bibliographie

Marval (Jacqueline), "Les danseurs de Flandrin", l'Art Décoratif, avril 1913, n°190, pp.165-176 (pp. 165-176, repr. p. 176)
Blanchard (Michèle), Haudiquet (Annette), Lefebvre (Géraldine), Mélot (Jean-Pierre), De Courbet à Matisse. Donation Senn-Foulds, Paris, Somogy Editions d'Art, 2005.

Copyright notice

© collection SENN, Le Havre, musée Malraux, © Direction des musées de France, 2005

 

Renseignements sur le musée

 

Contact musée

 

Cet artiste aux Archives Nationales (base Arcade)

Site associé

Musées en Haute-Normandie

 

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Requête :   ((Druet Eugène) :APTN )
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