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Réponse n° 27
Domaine

estampe

Titre

Les travaux d'Hercule : Hercule tuant Nessus

Auteur/exécutant

ALDEGREVER Heinrich (dessinateur, graveur)

Précision auteur/exécutant

Paderborn (?), 1502 ; Soest, vers 1558

Ecole

Allemagne

Période création/exécution

2e quart 16e siècle

Millésime création/exécution

1550

Genèse

objet en rapport

Historique

Ces huit planches relèvent d'une suite de treize compositions illustrant Les Travaux d'Hercule, gravés par Aldegrever en 1550 (B. 83-95). Hercule y apparaît aux prises avec le lion de Némée, Cacus, l'hydre de Lerne, Antée, Achéloos, le dragon Ladon, Nessus, ou portant deux colonnes. Hercule, -Héraclès chez les Grecs-, se trouve être le plus fameux et le plus populaire héros de la mythologie classique, personnifiant la force. Héraclès, signifiant " la gloire d'Héra ", est le fruit de l'union entre Zeus et Alcmène. Furieuse de jalousie, Héra, femme de Zeus, va poursuivre Héraclès sa vie durant. Elle lui envoie dès sa naissance deux serpents pour le dévorer dans son berceau, mais il les étouffe de ses mains. Il épouse Mégara, fille de Créon, mais dans un accès de folie la tue avec leurs enfants. Afin d'expier ce crime, Héra force Héraclès à se mettre au service de son cousin Eurysthée, jaloux du jeune héros, et qui va lui imposer une série d'épreuves, les douze fameux Travaux. Y figurent les exploits relatifs au lion de Némée, à l'hydre de Lerne, à la biche aux pieds d'airain, au sanglier d'Erimanthe, aux écuries d'Augias, aux oiseaux du lac Stymphale, au taureau de Crète, à l'enlèvement des cavales de Diomède, au combat contre l'amazone Hippolyte, au combat contre Géryon suivi de celui contre Cacus, aux pommes d'or des Hespérides, et au combat contre Cerbère. Or, bien d'autres exploits étaient prêtés à ce héros : la mise à mort du géant Antée, d'Achéloos, du centaure Nessus et la séparation des montagnes de Calpé et d'Abila -représentées par les colonnes d'Hercule-. Ces quatre dernières épreuves ont été intégrées aux Travaux d'Hercule, mis en scène par Aldegrever, vraisemblablement parce qu'elles lui permettaient de mettre en exergue le nu et révéler ainsi sa maîtrise de l'anatomie humaine. Avant de partir en mission, Hercule se fabrique une arme à sa mesure et qui ne le quittera plus : une gigantesque massue taillée dans le tronc d'un olivier millénaire. Hercule marié, provoque une mort accidentelle qui l'oblige lui, sa femme et son fils Hyllos, à quitter le pays. Parvenu au bord du fleuve Evénos, Hercule confie sa femme Déjanire au centaure Nessus, ayant la fonction de passeur. Mais au milieu du fleuve, Nessus tente d'abuser de la femme et Hercule aussitôt abat le centaure d'une flèche. Avant de mourir, Nessus suggère à Déjanire de recueillir son sang, certifiant qu'il lui assurerait la fidélité de son époux (Ovide, Les Métamorphoses, IX, 101-133). Chez Aldegrever, comme ses contemporains, les Travaux proprement dits côtoient les divers exploits que la légende sans cesse enrichie depuis l'Antiquité, a prêtés à Hercule. Cette figure mythique du héros victorieux dans l'adversité a séduit les humanistes à la Renaissance. Hercule, donnant toute sa noblesse à la vie active, par opposition à la vie contemplative, se prêtait aux comparaisons que les dirigeants de l'époque ne manquaient pas d'établir entre le plus grand des héros mythologiques et eux-mêmes. D'où l'intégration par Mantegna, vers 1460, de scènes dédiées à Hercule parmi les peintures de la voûte de la Camera Picta du palais ducal de Mantoue (Boorsch, Suzanna, " The Labours of Hercules ", dans le cat. de l'exposition Andrea Mantegna, Londres, Royal Academy of Arts (17 janvier-5 avril 1992) ; New York, The Metropolitan Museum of Art (9 mai-12 juillet 1992), éd. Olivetti/ Electa, 1992, pp. 298-300). Les épreuves multiples rencontrées par Hercule et transformant sa vie d'aventures en parcours initiatique propre à le conduire à la purification salvatrice, préfigurent en quelque sorte le Christianisme. Aussi n'est-il pas étonnant de voir apparaître dans l'oeuvre des artistes nés vers 1500, autant de suites dédiées à ce modèle de force physique et morale, incarnant les valeurs de la vertu. Ainsi Giovanni Jacopo Caraglio, vers 1524-1525, en réalise une de six estampes, dont Hercule et Cerbère (cat. n° ), d'après des dessins expressément préparés par Rosso Fiorentino ; et en Allemagne, Sebald Beham en grave une de douze compositions entre 1542-1548 (B. 96-107). Les oeuvres isolées, en revanche, ou limitées à deux, voire trois exploits d'Hercule, existent déjà chez les artistes italiens, tels Andrea Mantegna et son école, (cat. n° ), Giovanni Antonio da Brescia (B. XIII, 323, 11 ; 324, 13 ; 325, 14) ou Cristofano Robetta . Mantegna et Pollaiuolo ont créé des prototypes de figures héroïques à l'anatomie magnifiée qui serviront de modèles, tant en Italie qu'au nord des Alpes. Dürer, une nouvelle fois, peut être considéré comme l'un des principaux catalyseurs de ce ferment italien. L'ensemble des huit compositions révèlent bien l'engouement d'Aldegrever pour la représentation du corps nu, aux proportions répondant au nouvel idéal de beauté, également véhiculé par les estampes de Dürer. Ainsi en est-il de la figure d'Adam, de La chute de l'homme de 1504 (B. 1), qui sert de référence à Aldegrever quand, en 1529, il met en scène le même sujet (B. 9) ou en 1530, l'épisode de Mucius Scaevola devant Porsenna. (B. 69)., et en 1550 le personnage de Hercule. En léger contrapposto telle une statue antique, ou pris dans une tension extrême, Hercule se prête à l'exaltation de l'anatomie héroïque, conscient de concentrer les qualités de l'homme responsable de ses choix. La série d'Aldegrever s'inspire d'un cycle de gravures sur bois réalisé vers 1500 par un Vénitien anonyme (The New Hollstein, Heinrich Aldegrever, 1998, p. 90). Pour chaque estampe, Aldegrever a choisi de répartir entre le premier plan et le deuxième, deux moments successifs de l'épisode en question, sauf pour L'hydre de Lerne évoquée en un seul plan, et Les colonnes où se distingue à l'arrière-plan le sanglier d'Erimanthe. Délaissant le maniérisme exacerbé des Grands danseurs de noce, de 1538, l'ensemble des Travaux d'Hercule révèle la virtuosité d'Aldegrever à faire dialoguer la plasticité du corps humain et la richesse du détail ornemental. (Anny-Claire Haus) ; voir aussi : Le lion de Némée (77.002.0.10), Hercule tuant Cacus (77.002.0.11), L'Hydre de Lerne (77.002.0.12), Hercule et Antée (77.002.0.13), Hercule luttant contre le dieu-fleuve Achéloos (77.002.0.14), Hercule tuant le dragon (77.002.0.15), Hercule plante deux colonnes (77.002.0.18), Hercule plante deux colonnes (CE XIII.7)

Matériaux/techniques

papier, burin

Description

Gravure au burin sur papier

Dimensions

Hauteur hors tout en cm 10.7 ; Largeur hors tout en cm 6.8 ; Hauteur en cm 9.3 ; Largeur en cm 6.8

Inscriptions

monogramme ; inscription ; date ; inscription concernant la représentation

Précision inscriptions

monogramme, en haut à droite : Signé du monogramme et daté 1550 sur un cartel en haut à dr. ; inscription manuscrite, derrière : 93 ; date, en haut à droite ; inscription concernant la représentation, devant en bas : en latin sur deux lignes : Nessus adulterio conspurcans Deianiram/ Herculis inflicto uulnere luce caret, traduction : Ayant sali Déjanire par un adultère, Nessus est privé de lumière du jour à la suite d'une blessure que lui inflige Hercule

Sujet représenté

scène mythologique (Hercule, Nessus, arc, homme, nu) ; fond de paysage

Lieu de conservation

Strasbourg ; cabinet des estampes et des dessins

Musée de France
au sens de la loi n°2002-5 du 4 janvier 2002

Statut juridique

propriété de la commune ; ancien fonds ; Strasbourg ; cabinet des estampes et des dessins

Date acquisition

date d'acquisition inconnue

Numéro d'inventaire

77.002.0.16 ; 77.R.2011.0217 (N° récolement)

Exposition

STRASBOURG, Les dieux comme les hommes, 2003

Bibliographie

Cat expo STRASBOURG Les Dieux comme les ho. 2003 (p. 109 )
Adam BARTSCH, Le Peintre graveur, Leipzig, 1866-1876 20, in 12° (93)

Rédacteur

SIFFER Florian

Copyright notice

© Strasbourg, cabinet des estampes et des dessins, © Service des musées de France, 2014

Crédits photographiques

© Mathieu Bertola, Service photographique des Musées de Strasbourg

 

Renseignements sur le musée

 

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Notices :  

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Lots de réponses :  

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Requête :   ((m0013) :MUSEO )
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