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Réponse n° 13
Domaine

estampe

Titre

Histoire de Loth : Loth et ses filles

Auteur/exécutant

ALDEGREVER Heinrich (dessinateur, graveur)

Précision auteur/exécutant

Paderborn (?), 1502 ; Soest, vers 1558

Ecole

Allemagne

Période création/exécution

3e quart 16e siècle

Millésime création/exécution

1555

Genèse

objet en rapport

Historique

De tout l'épisode biblique, c'est le moment précédent le rapport incestueux entre Lot et ses filles, qui a le plus souvent était décrit par les artistes. Lucas de Leyde, comme Aldegrever, en réalise une version en 1530 (B. VII, 16). A l'instar de Tamar (Genèse 38), les filles de Lot ne sont pas présentées comme impudiques, mais simplement désireuses de perpétuer la lignée. Aldegrever aborde à plusieurs reprises le thème de la passion incestueuse, notamment dans la suite de sept planches (B. 22-28) illustrant l'Histoire d'Amnon et de Tamar tirée du deuxième Livre de Samuel (13, versets 1-31). En brisant le tabou du vice contre nature, considéré comme un des actes les plus répréhensibles, il dénonce les dérives extrêmes pouvant exister dans les relations humaines. Aussi faut-il lire dans l'exploration qu'Aldegrever réalise de ce thème, la valeur de contre-exemple donné à ses compositions. Celles-ci révèlent l'aspect moral pédagogique dont son oeuvre est investie. En effet, Aldegrever adhère aux idées du Luthéranisme et prend dès 1531 une part active à leur installation à Soest. Le succès grandissant que connaissent ses gravures, eu égard aux nombreuses commandes et aux tirages effectués, lui offre l'opportunité d'utiliser ce médium à des fins politiques et religieuses, en accord avec les nouvelles interprétations de Luther relatives à la Bible. La dernière image de 1555, porte la marque de l'imprimeur-éditeur Martin Petri, actif à Anvers entre 1525 et 1558, qui a pu acquérir la plaque directement de l'artiste, car à la différence de Lucas Cranach, Aldegrever ne possédait pas sa propre maison d'édition. L'engouement pour son oeuvre gravée qui perdure aujourd'hui encore, ne peut toutefois s'expliquer seulement par ses exhortations à une conduite de vie exemplaire, digne d'une profession de foi. Quinze ans séparent la première représentation des deux autres, soit la période d'activité au cours de laquelle Aldegrever a développé un vocabulaire propre, après avoir intégré les leçons de Dürer et celles de la Renaissance italienne. La gravure de 1530 laisse apparaître de larges emprunts au maître de Nuremberg. Ainsi en est-il de la ville à l'arrière-plan qui semble sortir directement de la planche que Dürer consacre en 1519 à saint Antoine (B. 58) ; cette reprise flagrante n'a d'ailleurs échappé à aucun historien de l'art. A la différence de Dürer toutefois, les flammes de l'incendie se propageant sur la ville, mais sans l'endommager, obturent le fond de la scène et empêchent toute lecture claire de l'organisation architecturale de cette cité. Le groupe des figures au premier plan semble avoir été placé devant un décor, sans passage intermédiaire entre les deux plans. La femme de Lot se trouve être disproportionnée relativement aux habitations à proximité. Il faut également souligner la similitude de construction du couple formé par Lot et sa fille de profil, et celle apparaissant dans la gravure de Dürer Les offres d'amour réalisée vers 1495-1496 (B. 93). Quant à la deuxième fille, Aldegrever lui redonne les traits de la femme, présentée assise à côté de son amoureux dans un médaillon gravé en 1529 (B. 173). Dans les deux autres gravures, l'impression d'une composition montée à partir d'éléments juxtaposés sans véritable lien entre eux, se trouve être moins perceptible. Le départ de Lot se réalise selon une dynamique imprimée par la figure de l'ange représentée en pleine torsion, caractéristique du maniérisme. La qualité plastique des personnages est remarquable : les vêtements amples aux plis " coulés " sont investis par des corps souples et vibrants. L'éclairage focalisé sur les personnages donne à la composition son unité. Aldegrever réussit à amalgamer les éléments germaniques, tel l'édifice à l'arrière-plan, ou les ailes de l'ange proches de celles de la Némésis de Dürer, vers 1501-1502, (B. 77), et les composantes italiennes, comme le contrapposto de la deuxième fille, les têtes vues de profil, répondant à un nouvel id éal de beauté. Pour les deux compositions, Aldegrever a vraisemblablement puisé les modèles dans deux gravures de Marcantonio Raimondi, La Vierge, l'Enfant Jésus, sainte Elisabeth et saint Jean Baptiste, vers 1520-1525, (Bartsch, 1813, XIV, p. 69, n° 62), et La Sainte Famille avec le petit saint Jean, de la même période (Bartsch, 1813, XIV, p. 65, n° 57). Dans la dernière planche, d'un tirage de moindre qualité, Aldegrever accorde une place importante au décor végétal ; la grotte est suggérée par les blocs de pierre, et au loin l'incendie et la pluie de soufre gagnent Sodome. L'on distingue au fond la femme de Lot pétrifiée devant la cité fortifiée proche des représentations néerlandaises. En pleine possession de ses moyens techniques, Aldegrever intègre subtilement à ses compositions les caractéristiques du maniérisme italien sans pour autant renoncer au rendu sensuel des matières ; voir aussi : Loth et ses filles (77.002.0.1), Loth et ses filles quittant Sodome (77.002.0.2)

Matériaux/techniques

papier, burin

Dimensions

Hauteur en cm 11.3 ; Largeur en cm 8.1 ; Hauteur hors tout en cm 11.5 ; Largeur hors tout en cm 8.1

Inscriptions

monogramme, date

Précision inscriptions

monogramme, date, devant en bas à droite : AG 1555

Sujet représenté

scène biblique (Loth, fille de Loth, Sodome, boisson, ivresse, étreinte)

Etat de conservation

Bon état

Lieu de conservation

Strasbourg ; cabinet des estampes et des dessins

Musée de France
au sens de la loi n°2002-5 du 4 janvier 2002

Statut juridique

propriété de la commune ; ancien fonds ; Strasbourg ; cabinet des estampes et des dessins

Date acquisition

date d'acquisition inconnue

Numéro d'inventaire

77.002.0.3 ; 77.R.2011.0208 (N° récolement)

Exposition

STRASBOURG, Loth et ses filles, Simon Vouet, 2005
STRASBOURG, Les dieux comme les hommes, 2003

Bibliographie

cat. expo STRASBOURG Loth et ses filles, 2005-2006 (p. 49 (repro) p. 175)
Cat expo STRASBOURG Les Dieux comme les ho. 2003 (p. 18 (repro), notice p. 102)
Adam BARTSCH, Le Peintre graveur, Leipzig, 1866-1876 20, in 12° (n°17)

Copyright notice

© Strasbourg, cabinet des estampes et des dessins, © Service des musées de France, 2014

Crédits photographiques

© Mathieu Bertola, Service photographique des Musées de Strasbourg

 

Renseignements sur le musée

 

00130058742

Notices :  

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Lots de réponses :  

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Requête :   ((m0013) :MUSEO )
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