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Réponse n° 1
Domaine

archéologie ; mosaïque ; romain

Dénomination

panneau

Titre

L'Enlèvement d'Europe

Lieu création / utilisation

Italie ; Campanie (?, lieu d'exécution)

Période création/exécution

1er siècle

Epoque/style/mouvement

romain

Genèse

oeuvre en rapport

Historique

Comparaison : panneau de Phrixos, provenant du même nymphée, actuellement conservé au Musée archéologique national de Naples (mêmes références bibliographiques). Placé au-dessus de la cheminée, face à l'entrée, le panneau constitue un des ornements majeurs de la salle des Gardes du château ; il appartenait, à l'origine au décor musival du nymphée de la villa San Marco de Stabies. Il s'agissait donc d'une mosaïque pariétale, destinée à un monument des eaux. Ce panneau était placé du côté gauche de l'abside du nymphée, tandis qu'un autre panneau, placé à droite symétriquement, représentait la navigation de Phrixos sur un bélier. Les deux panneaux sont composés de façon identique : les figures féminine et masculine ont la même posture et le buste pareillement dénudé, les animaux convergent vers le centre du monument, rochers et dauphins sont disposés symétriquement, et les scènes sont rendues par la même riche polychromie. Les deux scènes de navigation marine étaient évidemment tout à fait adaptées à la fonction aquatique du monument, et l'humidité ambiante devait rehausser les couleurs profondes de ces panneaux formés de tesselles de verre brillantes.Le panneau d'Europe constituait une pièce de prix dans la collection du duc d'Aumale, qui lui a réservé un emplacement de choix lors de l'aménagement de la salle des Gardes.

Découverte/collecte/récolte

Italie ; Campanie ; villa ; fouilles (17 - 24 avril 1752, date de découverte)

Précision découverte/collecte

Nymphée de la villa San Marco de Stabies (Campanie). La découverte du panneau d'Europe et de son pendant du musée de Naples est brièvement notée dans le tome III des Antiquités d'Herculanum, et ils sont reproduits sur les plans et schémas exécutés par C. Weber en 1759-60. Après sa découverte, le panneau d'Europe entra de la collection de Charles III et resta dans le patrimoine royal jusqu'en 1830 ; il fut alors transporté au Musée Royal de Naples jusqu'à la mort du prince de Salerne. O. Wattel-de Croizant a montré que le prélèvement, au bénéfice du roi Charles III, de ce panneau lors des fouilles est resté très discret - la Conservation du musée de Naples ayant entériné cet " emprunt " sous la formule " perdu dans des circonstances non déterminées ", et que la mention de cette pièce majeure n'apparaît pas avant l'inventaire de 1830 (LAVAGNE, WATTEL-DE CROIZANT 1984, p. 751-754)

Matériaux/techniques

opus tessellatum (polychrome), verre, pierre

Description

Le panneau est entouré d'une bordure dont les trois côtés identiques comprennent une ligne de dents de scie traitées en noir et blanc, une ligne de carrés sur la pointe timbrés de fleurettes, polychrome sur fond vert, et une série de dix filets de couleurs contrastées. Le quatrième côté de la bordure est orné d'une file de calices alternant avec des peltes à volutes (rouge, jaune, gris, noir). Ciel et mer sont rendus par des tesselles de verre bleu marine profond et vert émeraude, des vaguelettes blanches et bleu clair animent la surface de l'eau. Sur ce fond à la polychromie soutenue se détache la figure claire d'Europe, de face au centre du panneau, assise en amazone sur la croupe du taureau brun nageant vers la droite. La figure féminine, nue jusqu'au bassin, retient d'un geste gracieux, le bras droit levé, le pan de son himation (manteau) gonflé à l'arrière par la brise marine ; l'himation bleu clair couvre le bas de son corps, mais la transparence de la draperie laisse voir les jambes. Près des rochers, sur la gauche, un dauphin bondit des flots. Des taches vives (jaune, marron, blanc, turquoise) rehaussent les différents plans des rochers gris-brun. L'ensemble de la scène est à la fois élégant et somptueux, rendu par petites touches de couleurs dégradées dans un style coloristique certainement reproduit à partir d'une peinture.

Dimensions

L. 182, La. 107 (panneau rectangulaire) ; L. 140, La. 71 (fond à décor figuré) ; L. 0,7 (dimension moyenne des tesselles)

Utilisation/destination

décor d'architecture

Sujet représenté

scène mythologique (Jupiter, représenté en : taureau, enlèvement, Europe myth, dauphin, mer, rocher)

Précision sujet représenté

Le fond du panneau porte une scène figurée relative au mythe de l'enlèvement d'Europe par Zeus, qui avait pris la forme d'un taureau, scène familière du répertoire des mosaïstes antiques (WATTEL DE CROIZANT 1995). Dans un cadre rocheux, le mosaïste a figuré la traversée maritime de la nymphe.

Etat de conservation

antique, relativement peu restauré

Source sujet représenté

fable ; sur la mythologie ; Ovide : Les Métamorphoses d'Ovide (Livre 2, vers 833-875)

Lieu de conservation

Chantilly ; musée Condé

Statut juridique

propriété privée personne morale ; donation sous réserve d'usufruit ; Chantilly ; musée Condé ; interdiction de prêt ou de dépôt

Date acquisition

1886 date d'acquisition ; 1897 entrée matérielle

Anciennes appartenances

achat de la collection du prince de Salerne, 1854 ; Henri d'Orléans duc d'Aumale. Les neuf mosaïques de la collection du duc d'Aumale appartenaient à son beau-père, le prince de Salerne, et ont été acquises en 1854 après la mort de ce dernier. La vente prévue à Naples en 1852 n'eut pas lieu, le duc d'Aumale ayant décidé de racheter la collection entière. On peut distinguer deux séries de panneaux dans cet ensemble : les quatre panneaux d'intérêt majeur (n° 129 à 132) sont actuellement exposés dans les salles du château tandis que cinq autres panneaux sont conservés dans des réserves. Avec le reste de la collection, la première série de mosaïques a quitté la Campanie en 1854 pour suivre le duc d'Aumale en exil en Angleterre, puis cet ensemble est entré en France en 1871. Les panneaux de la seconde série, montés sur des supports solides et encadrés de marbre, avaient été préparés pour devenir des plateaux de table, selon l'usage des XVIIIe-XIXe s. : ils sont désignés comme " mosaïques de table " dans les premières listes manuscrites. Après la vente de 1852, ils étaient restés dans une remise du palais de Palerme et sont arrivés à Chantilly en 1882, et ils ont alors été exposés dans la salle du Jeu de Paume.

Numéro d'inventaire

OA 123

Exposition

De l'Egypte à Pompéi : le cabinet d'antiques du duc d'Aumale, Chantilly, musée Condé, 5 juin - 9 septembre 2002

Bibliographie

WATTEL-DE CROIZANT 1999, p. 85-93, fig. 177-191, avec la bibliographie antérieure, dont LAVAGNE, WATTEL-DE CROIZANT 1984, LAVAGNE 1988, PISAPIA 1989, WATTEL-DE CROIZANT 1984, 1986 et 1987. ; Ludovic Laugier, De l'Egypte à Pompéi : le cabinet d'antiques du duc d'Aumale, Ed. Somogy - musée Condé, 2002, p. 93-95

Copyright notice

© Chantilly, musée Condé, © Direction des musées de France, 2003

Crédits photographiques

© Ojéda RG ; © Réunion des musées nationaux - utilisation soumise à autorisation

 

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