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Réponse n° 13
Dossier Grands documents de l'histoire de France ; Florilège
N° notice 04005
Fonds Musée
Série armoire de fer et Musée; musée des documents français
Cote AE/II/955
Cote origine K1712/26bis
Analyse Mémoire des prérogatives que les ducs ont perdues depuis la Régence "et de quelques autres qui leurs ont été ostées sur la fin du règne de Louis quatorze", présenté à Philippe d'Orléans, régent, de la main de Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, au nom des ducs et pairs en [1722].
"NO3" est indiqué en haut à gauche.
Dates document 1722/01/01 -- 1722/12/31
Accès original non accessible (conservé en réserve du musée)
Reproduction tirage photographique; fichier numérique
Support papier
Taille 37 x 24 cm
Technique manuscrit;encre
Type de document document écrit
Noms de personnes Saint-Simon, Louis de Rouvroy de (1675-1755) (homme politique - diplomate - mémorialiste) ; Philippe d'Orléans (1674-1723) (régent de France) ; Louis XIV (1638-1715) (roi de France) ; Henri IV (1553-1610) (roi de France) ; Bourbon-Condé, Louis II de (1621-1686) (prince de Condé) ; Bourbon, Louis-Auguste de (1670-1736) (duc du Maine) -- fils légitimé de Louis XIV ; Richelieu, Louis-François-Armand de Vignerot du Plessis de (1696-1788) (duc - maréchal - académicien) ; Berwick, Jacques Fitz-James (1670-1734) (duc - maréchal) ; Villars, Louis-Hector (1653-1734) (duc - maréchal) ; Ventadour (famille de) ; Colbert, Jean-Baptiste (1665-1746) (marquis de Torcy) ; Dreux-Brézé (famille) ; La Tournelle, Jean-Baptiste-Louis (16..-17..) (marquis) ; Nompar de Caumont, Henri-Jacques (1632-1699) (duc de La Force) ; Tallard, Camille d'Hostun de La Baume (1652-1728) (duc - maréchal) ; Montausier, Charles de Sainte-Maure de (1610-1690) (marquis - duc - gouverneur du Grand Dauphin) ; Luynes, Louis Charles d'Albert (1620-1699) (duc de Chevreuse) ; La Meilleraye, Armand-Charles de la Porte de dit Mazarin (1632-1713) (duc de Mayenne) ; Mazarin, Armand Charles de La Porte voir La Meilleraye(1632-1713) (duc) ; Lorraine (maison de) ; Savoie, Louis-Thomas (1657-1702) (comte de Soissons) ; Harcourt, Henri d' (1654-1718) (maréchal - ambassadeur) ; Epernon, Bernard de Nogaret de La Valette (1592-1661) (duc) ; Foix, Louis-Charles de Nogaret de (1627-1658) (duc de Candale)
Noms de lieux France -- XVIIIe siècle ; Espagne -- XVIIIe siècle ; Europe -- XVIIIe siècle ; Paris (France) -- La Bastille ; Paris (France) -- Palais du Louvre ; Reims, archevêché -- XVIIIe siècle ; Paris (France) -- Palais royal ; Marly-le-Roi (Yvelines) ; Yvelines (Ile-de-France - département) ; Ile-de-France -- XVIIIe siècle ; Catalogne, royaume de (Espagne) -- XVIIIe siècle ; Blaye (Gironde)
Mots clés France ; Espagne ; règne de Louis XV (1715-1774) ; Histoire moderne ; Personnalité de l'Ancien Régime ; Grand d'Espagne ; écrivain ; écrivain français ; Régence ; noblesse ; privilèges ; pair de France ; sacre ; état ; officier royal ; rang ; maréchal de France ; chevaliers du Saint-Esprit ; prince du sang
Notes Louis de Rouvroy (1675-1755), duc de Saint-Simon, est un ami de Philippe d'Orléans (1674-1723). Il était également en relation avec Armand Jean Bouthillier de Rancé, abbé de Notre-Dame de la Trappe (cf. AE/II/891). Il devient pair et duc à la mort de son père en 1693 et commence ses célèbres Mémoires un an plus tard. Installé à Versailles avec sa famille dès 1702, il devient un familier de Louis de France (1682-1712), fils du Grand Dauphin. Ses écrits se répandent à la cour et témoignent de son attachement à la pairie de France. Considérant l'honneur de son rang, il s'indigne devant les privilèges accordés par Louis XIV à ses deux fils naturels, les ducs du Maine et de Toulouse (cf. AE/II/943). Par décision royale, ces derniers obtiennent une prééminence sur les pairs. Louis XIV leur reconnaît un droit à la succession au trône de France et une place au conseil de régence (cf. AE/I/25/1-1bis). A la mort du souverain, Philippe d'Orléans fait casser le testament royal par le Parlement de Paris.
En 1715, Saint-Simon devient membre du Conseil de la régence du jeune Louis XV (1710-1774). Le duc d'Orléans, président de ce conseil, lui témoigne toute son amitié et lui propose plusieurs fonctions. Envoyé en tant qu'ambassadeur de France en Espagne en 1721, Saint-Simon négocie une alliance matrimoniale et politique entre les deux pays. Le royaume de France cherche une future épouse pour le dauphin âgé de onze ans. A son retour en 1722, le cardinal Guillaume Dubois (1656-1723), adversaire politique de Saint-Simon, est premier ministre. A la même date, Louis XV est couronné et sacré à Reims bien qu'il n'ait pas atteint les quatorze ans requis par l'ordonnance de Charles V (cf. AE/II/395). Il n'y a donc plus officiellement de Régence. Néanmoins, le duc d'Orléans reste le plus important personnage du royaume après le roi.
Ce document, de la main de Saint-Simon, est écrit durant cette période. Le mémorialiste y expose ses sentiments concernant "les prérogatives que les ducs ont perdues" depuis Louis XIV. Au début de cette longue énumération, les "deux injures" majeures sont exposées. Il s'agit du "rétablissement de M. du Maine", Louis-Auguste de Bourbon (1670-1736), et de la "préséance" due à M. de Lorraine "à la promotion prochaine de l'ordre du Saint-Esprit." Saint-Simon est resté hostile aux fils légitimés de Louis XIV. En février 1717, il a participé aux recours faits contre leurs privilèges auprès du régent. Les pairs de France demandaient à Louis XV de révoquer l'édit de juillet 1714 (cf. Archives nationales, O1/281/numéro108). De plus, en décembre 1718, un complot avait été découvert. Il faisait valoir les droits de Philippe V d'Espagne au trône de France (cf. AE/II/937). Antonio del Giudice (1657-1733), prince de Cellamare, ambassadeur d'Espagne en France, est alors révoqué; le duc et la duchesse du Maine sont arrêtés. Louis-Auguste de Bourbon est enfermé à la forteresse de Doullens jusqu'en 1720. Après cela, le fils légitimé de Louis XIV décide de se retirer dans sa propriété de Sceaux.
La suite de ce mémoire relève les cas de "bienséance" bafouée. Il s'agit surtout de cérémonies comme le sacre, des entrées dans les carrosses, des rangées au bal du roi ou des "honneurs du tabouret". Il est également fait mention d'affaires très sérieuses comme celle du duc de la Force (1675-1726) ou celle du duc de Richelieu (1696-1788), embastillé en 1716.
Saint-Simon considère que les pairs, membres de la haute noblesse distingués par le roi, ont une fonction naturelle de conseiller du souverain. Il dénigre l'organisation d'un conseil constitué de ministres et de secrétaires d'Etat, tel que le faisait Louis XIV. Saint-Simon serait à l'origine du système de polysynodie. Sept conseils avaient pour tâche de simplifier le travail du Conseil de Régence. Chaque secrétaire d'Etat était remplacé par un conseil d'Etat où siègent haute noblesse, magistrats et notables. Les pouvoirs confisqués par Louis XIV ont été redistribués. Pourtant, le Dis cours sur la polysynodie de l'abbé Castel de Saint-Pierre (1658-1743) en 1718 est mal vu. Ses 300 exemplaires sont détruits et son auteur, académicien, est révoqué. Dans ce mémoire de 1722, Saint-Simon conclut ainsi: "Les ducs sont donc en sept ans tombés dans l'ignominie dernière, déchus de tout, sans distinction nulle part, réduits à s'abstenir de tout, et à se cacher (...). Tel est l'état où la Régence a mis les ducs."
Le document est très abîmé et lacunaire dans sa partie inférieure. Il témoigne de traces de pliures.

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