L'idée de départ de ce dossier était de présenter la restauration de la nef de l'église de Forest-l'Abbaye réalisée en 2004 et 2005.
Au fil des recherches, il nous a paru intéressant de développer la restauration complète du chœur accomplie dans les années 1975-1985, époque à laquelle on envisageait d'ores et déjà de rénover la nef.
En effet, nous avons, avec cet édifice certes modeste mais attachant, le cas rarissime de la restauration intégrale, sur une courte période, d'un monument classé.
1. Vue générale de l'église le 8 novembre 2005
Vous restaurez des monuments classés qui sont souvent des édifices prestigieux, comme l'abbatiale de Saint-Riquier dont vous dirigiez les travaux en même temps que se déroulait le chantier de Forest-l'Abbaye. Qu'est-ce qui a retenu votre attention dans la restauration de la nef de cette humble église, qui ne se distingue en rien d'un autre édifice de l'habitat rural traditionnel picard ?
Chaque édifice a son caractère archéologique et constructif propre. Ici l'église s'implante dans un site naturel de grande qualité, à la lisère de la forêt comme un ermitage, chargé d'histoire.
Si les matériaux sont rustiques, leur mise en oeuvre nécessite une bonne coordination avec les autres entreprises et un savoir-faire éprouvé.
Ce qui a été le cas dans l'esprit d'équipe des entreprises que je remercie pour la qualité du résultat.
Pour réussir également tout projet, la volonté conjointe des participants financiers et du propriétaire s'impose. Ce fut le cas ici où l'édifice a été restauré structurellement et intérieurement avec la mise en sécurité électrique.
Quels ont été les points forts de ce chantier, ceux qui ont posé le plus de problèmes et qui ont suscité le plus d'intérêt chez vous ?
Dans ce chantier, le souci a été de pouvoir répondre aux attentes du propriétaire et ce dans le cadre d'un objectif financier.
La gestion du chantier s'apparentant à livrer « la maison de Dieu » la plus achevée possible.
C'est très rare dans le cadre de travaux sur monument historique d'assister le propriétaire, pour restaurer le mobilier et l'éclairage des lieux - après le clos et le couvert de l'édifice.
Il y a ici un regard à la fois sur le passé pour conserver le patrimoine mais une réflexion sur sa fonction et sa mise en valeur. C'est le travail d'architecte. Lorsque nous restaurons un grand édifice, nous sommes plus proches du travail d'archéologue.
Enfin il y a le désir de communiquer et d'expliquer les choix de la restauration.
Le fait est, que les rendez-vous de chantier associant les partenaires et les entreprises ont permis de débattre de diverses questions et de trouver un consensus pour achever les travaux.
C'est le côté enthousiasmant du chantier.