A l'origine, la Loi du 31 décembre 1913 ne visait que les monuments eux-mêmes, et non ce qui les entoure. La prise de conscience de la nécessité de préserver les centres anciens conduira à y introduire, par la loi du 25 février 1943, la notion d'abords de monuments historiques par deux articles supplémentaires (les articles 13bis et 13ter) qui définissent la servitude d'utilité publique s'appliquant dans un rayon de 500m ayant pour origine le monument historique, et le champ de visibilité du monument dans lequel l'architecte des bâtiments de France (ABF) doit délivrer son visa conforme à toute demande d'autorisation de travaux.
Les Secteurs sauvegardés sont issus de la loi du 4 août 1962. Plus communément connue sous le nom de "Loi Malraux", elle fut promulguée par analogie et en réaction aux "secteurs de rénovations" qui vouaient à la démolition de nombreux quartiers anciens déclarés insalubres après la Libération. C'est un document d'urbanisme (et non une servitude) qui permet la protection globale d'un ensemble urbain historique dès la délimitation du secteur par arrêté du ministre ou décret en Conseil d'État. Un chargé d'étude est désigné afin d'aboutir à un document graphique très précis (traitant la protection parcelle par parcelle) auquel s'applique un règlement : c'est le Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur (PSMV). Tous les travaux concernant les immeubles nus ou bâtis, mais aussi, lorsqu'ils sont conservés, les intérieurs de certains immeubles désignés sur le plan, doivent être soumis au visa conforme de l'ABF, chargé d'appliquer le règlement. L'aspect intéressant de cette loi réside surtout dans le fait qu'elle est incitative et permet, dans le cadre de travaux de restauration réalisés sous certaines conditions, des déductions fiscales non négligeables pour les particuliers.
Par ses articles 69 à 72, la Loi du 7 janvier 1983, dite "loi de décentralisation", a institué les Zones de Protection du Patrimoine Architectural et Urbain (ZPPAU). Elles sont créées par arrêté du Préfet de Région, sur consultation et après examen de la Commission régionale du patrimoine et des sites (CRPS). En réponse aux problèmes de référence, posés par la jurisprudence en matière de protection des abords de monuments historiques où tout avis doit se rapporter aux nuisances causées au monument et à lui seul, les ZPPAU suppriment le rayon de 500m et son champ de visibilité : le visa conforme s'applique alors sur l'ensemble de la nouvelle délimitation. Mais la ZPPAU peut se concevoir également en l'absence de monument historique : elle prend en considération un ensemble et, de ce fait, se conçoit au sein de celui-ci, selon ses valeurs architecturales et urbaines propres. C'est donc un outil plus subtil que le rayon de 500m et, surtout, plus rationnel. Très souvent assimilée (à tort) comme un "secteur sauvegardé allégé" (elle se compose, comme lui, d'un rapport de présentation, d'un document graphique et d'un règlement), la ZPPAU est non seulement destinée aux ensembles urbains, mais aussi aux sites ruraux ; elle reste une servitude, à l'instar du rayon de 500m, et ne constitue pas un document d'urbanisme : elle ne se substitue pas au POS (ou au PLU). Couvrant souvent des espaces plus vastes que les abords de MH, les ZPPAU ont très vite dépassé les coeurs des bourgs et villages pour s'intéresser aux qualités de leur environnement, et donc le paysage. Dès 1985, la circulaire de référence invitait même à les créer en complémentarité d'un site (loi de 1930). Il n'est donc en rien étonnant que la « Loi Paysage » de 1993 les ait rebaptisées ZPPAUP, soit "zones de protection du patrimoine urbain et paysager".
Dans chaque département, les monuments historiques classés appartenant à l'État et affectés au Ministère de la Culture sont pris en charge par les architectes des bâtiments de France du SDAP. Ce peut être le Chef du SDAP, s'il est lui-même ABF, ou un de ses adjoints, ABF, qu'il désigne pour chaque monument concerné. Cette mission de conservateur du monument couvre son entretien courant et sa conformité, notamment au regard des règles d'hygiène et de sécurité. Le conservateur est responsable du domaine et peut décider de son ouverture ou sa fermeture au public. Il établit chaque année un programme des travaux d'entretien et en dirige la mise en oeuvre. Pour certains monuments dont le nombre de visiteurs ne nécessite pas la nomination d'un administrateur, l'ABF peut être également appelé à tenir ce rôle (régie, comptoir de vente, personnels d'accueil et de surveillance affectés au monument) auprès du Centre des monuments nationaux (CMN), établissement public chargé de la gestion des monuments appartenant à l'État. Sont concernés, en Picardie, les cathédrales de Soissons (02), de Beauvais (60) et d'Amiens (80), les châteaux de Coucy (02) et de Pierrefonds (60), ainsi que certains sites préhistoriques (Amiens, Abbeville, etc.).