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J.O. - Les fresques d'Emile Flamant décorant la salle des mariages (cad. AC 432) : inscription par arrêté du 26 janvier 2007.
De style éclectique, l'hôtel de ville de Bohain a été construit par l'architecte Joseph Chérier entre 1882 et 1884. Sérieusement endommagé pendant la première guerre mondiale, l'édifice est restauré entre 1922 et 1926 par l'architecte Gustave Malgras. Celui-ci ne reconstruit pas le beffroi d'inspiration flamande qui surmontait l'hôtel de ville et le remplace par un simple campanile.
En 1925, le maire Paul Challe commande à un jeune artiste local, Emile Flamant, la décoration de la salle des Mariages et du Conseil municipal. Ces peintures couvrent les murs de la salle des Mariages sur une superficie de 150 m² et représentent une image magnifiée de la ville de Bohain, après-guerre, à une époque où l'industrie textile prospérait et faisait encore la richesse et le renom de la ville. Emile Flamant signe une composition grandiose qui lui valut beaucoup de commandes.
Ces peintures présentent à la fois un intérêt historique et esthétique.
J.O. - L'hôtel-Dieu composé de la partie datée du XVIIe siècle, chapelle comprise, en totalité ; la partie du XIXe siècle, façades et toitures ; les deux cours et les murs de clôture (cad. AB 63, 139) : inscription par arrêté du 26 janvier 2007.
Située au coeur de la ville ancienne, intra muros, l'Hôtel-Dieu, fondé au début du XIVe siècle, témoigne encore par la présence imposante de ses bâtiments de l'importante histoire qui s'y rattache. Bien conservés, ils portent les témoignages de l'évolution et de l'adaptation architecturale de l'institution hospitalière au cours des siècles. Les sources nombreuses, l'état avancé de la recherche tant historique qu'archéologique, la connaissance large dont nous disposons à leur sujet, la place qu'ils tiennent dans l'infrastructure urbaine et son bâti ancien, leur procurent une place essentielle dans le patrimoine de cette ville.
Ces considérations ont amené à protéger les bâtiments de la communauté religieuse du XVIIe siècle (la chapelle, la sacristie, les pièces d'habitation, couloirs et escaliers), et le nouvel Hôtel-Dieu, érigé d'après les plans de l'architecte Jean-Eugène Rouyer entre 1876 et 1879, pour une capacité de cent lits ; ce dernier uniquement pour ses façades et toitures, puisque l'intérieur a été modifié et ne présente plus globalement un intérêt particulier concernant son utilisation d'origine. Afin de maintenir cet ensemble hospitalier de grande ampleur dans son cadre d'origine, son environnement a également été protégé, la cour, l'ancien jardin entouré de ses clôtures, notamment le tracé du rempart démoli à cet endroit.
A noter que l'association « Arts et histoire de Château-Thierry », créée en 1992, a mis en place un musée qui occupe tout le rez-de-chaussée de l'hôtel-Dieu aujourd'hui désaffecté et se compose des meubles et objets mobiliers provenant des établissements hospitaliers tant de l'Hôtel-Dieu que de l'hôpital de La Charité.
J.O. - L'église en totalité (cad. C 570) : inscription par arrêté du 14 septembre 2007.
Détruite durant la Première Guerre mondiale à la fin du mois d'août 1918, l'église a été reconstruite de 1924 à 1926 sur les plans de l'architecte parisien Édouard Monestès, selon un parti complètement nouveau qui adapte les caractères locaux traditionnels du Soissonnais (pierre calcaire, silhouette classique, pignons à redents) aux nouvelles formes de l'époque (ciment armé, dilatation de l'espace intérieur, répartition des volumes).
Le mobilier d'architecture et le décor de grande qualité sont contemporains de la construction de l'édifice qu'ils complètent de façon très cohérente. Ils ont été réalisés par certains des artistes les plus représentatifs de la période dans leur domaine (le sculpteur Jacques Martin, le peintre Louis Billotey, le maître verrier Louis Barillet).
J.O. - Le manoir, façades et toitures ; le pigeonnier et les communs, façades et toitures ; le jardin potager, les murs d'enceinte comprenant les échauguettes et les caves (cad. A 400 à 402, 542, 325, 562, 544, 560) : inscription par arrêté du 6 février 2007.
Situé dans un village de l'ancien Valois, près de Villers-Cotterêts, le manoir de Coyolles est l'ancien château des seigneurs des Fossés, bâti au XVIe siècle. Les bâtiments s'organisent en quadrilatère autour d'une cour, à laquelle on accède par un châtelet d'entrée à mâchicoulis. Le logis à tourelles est typique des manoirs de la région de Villers-Cotterêts.
Quoique ayant perdu une partie de ses bâtiments au XIXe siècle — les communs en particulier ont été détruits et rebâtis à la faveur de la construction d'un nouveau château en 1854, Coyolles reste un bel exemple de demeure seigneuriale du type du manoir du XVIe siècle, comme ceux de Noüe à Villers-Cotterêts, d'Oigny-en-Valois ou de Cœuvres. Son architecture est soignée.
Avec son enceinte et son jardin potager clos de murs qui est un exemple assez rare de ce type, il forme un ensemble très homogène et encore bien conservé.
L'inscription au titre des Monuments Historiques concerne le château, le pigeonnier et les communs, façades et toitures, les caves, le jardin et les murs d'enceinte.
J.O. - L'église en totalité (cad. AA 35) : inscription par arrêté du 14 septembre 2007.
Détruite durant la première guerre mondiale à la fin du mois d'août 1918, l'église de ce village du Soissonnais a été reconstruite en 1928 et 1929 sur les plans de l'architecte parisien Julien Barbier, selon un parti complètement nouveau qui s'inspire tant des caractères de l'architecture rurale traditionnelle que des volumes des basiliques paléochrétiennes.
L'édifice dissimule derrière sa façade de pierre les audaces architecturales de son espace intérieur couvert d'une voûte de ciment armé reposant sur des croisées d'arcs paraboliques. Le décor sculpté extérieur est resté inachevé.
Le mobilier d'architecture et le décor de grande qualité sont contemporains de la construction de l'édifice qu'ils complètent de façon très cohérente. Ils ont été réalisés par certains des artistes les plus représentatifs de la période dans leur domaine (le ferronnier Richard Desvallières, les peintres Jacques Joly et Louis Mazetier, le maître verrier Louis Barillet, le mosaïste Jean Gaudin).
J.O. - La maison forte en totalité, composée de son corps de logis, des bâtiments agricoles en pierre et charpentes en bois (non compris la partie moderne), de la cour, de la porte charretière et piétonne et des deux parcelles consacrées au potager (cad. XB 27 à 29) : inscription par arrêté du 14 septembre 2007.
Située aux limites des départements de l'Aisne et de la Marne, la ferme de Villefontaine est une maison forte édifiée au XVIe siècle, dépendant de la seigneurie de Montmirail. Elle est composée d'un corps de logis cantonné de quatre tours rondes, formant l'un des côtés d'une cour quadrangulaire, et de bâtiments agricoles dont une section à l'ouest a été modernisée. Hormis cela, cet ensemble clos, succinctement fortifié notamment de meurtrières à l'arquebuse, est dans son état de conservation primitif exceptionnel, y compris l'intérieur du bâtiment d'habitation jamais modernisé. Les archives sont malheureusement quasi muettes sur ce petit édifice.
J.O. - pour être conservé et remis en état : le château de Pernant avec son fossé au sud et à l'ouest, sa terrasse à l'est, ses murs de soutènement et son accès ouvragé donnant rue du Château (cad. ZK 75) : classement par décret du 8 mars 2007.
Le château avait été inscrit par arrêté du 11 octobre 2006.
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J.O. - Les vestiges du logis prioral en totalité, les murs en grès de l'enclos prioral incluant la base de l'ancienne tourelle d'angle disparue et les sols archéologiques des parcelles A 690, 1162, 1165 et 1166 du prieuré (cad. A 690, 692, 693, 1162, 1165, 1166) : inscription par arrêté du 7 mai 2007.
Quierzy, situé non loin du confluent de l'Oise et de l'Ailette, fut le lieu d'établissement d'un palais pour les rois carolingiens…
J.O. - L'hôtel de ville, façades et toitures, la salle à manger avec ses vases en plomb et ouvrages de marbre, le grand salon avec ses dessus de porte, le grand escalier du vestibule, le poêle de l'antichambre, tous les volets intérieurs, l'ensemble des caves voûtées, les cours et la parcelle aménagée en jardin à l'arrière, comprenant les murs de clôture de l'ensemble (cad. AB 40) : inscription par arrêté du 26 janvier 2007.
L'ancien hôtel de l'Intendance de la généralité de Soissons a été élevé entre 1774 et 1776 à la demande de l'intendant Louis Le Pelletier de Mortefontaine, par l'architecte Jean-François Advyné. L'hôtel de ville s'y installa en 1817.
Son plan en U, reprenant le traditionnel plan de l'hôtel entre cour et jardin, tout autant que son parti architectural, sa modénature et ses dispositions ornementales très sobres, en font une réalisation stylistiquement archaïsante par rapport à d'autres hôtels d'Intendance bâtis à la même époque.
La qualité de la composition et son raffinement en font néanmoins l'un des plus remarquables ensembles architecturaux d'époque classique dans le département de l'Aisne.
La protection au titre des Monuments historiques est d'autant indispensable que des modifications sont régulièrement effectuées sur l'édifice, comme le percement de tous les appuis de fenêtres pour permettre l'arrosage automatique des jardinières, l'aménagement d'un sas d'entrée avec porte en PVC sous le perron, côté jardin, les repeints en rose de la salle des mariages ou en bleu de la salle du conseil au premier étage.
J.O. - Les maisons de source et leur aqueduc (cad. Belleu AC 109, 102, 192, 110, 111 ; Soissons CR 37, 59) : inscription par arrêté du 7 mai 2007.
Les maisons de source sont des édifices hydrauliques, construits à la remontée d'eaux naturelles. A Soissons et Belleu, un ensemble de neuf maisons de source a été recensé, dont six sont encore en état, et trois détruites. Cet ensemble est remarquable et rare, on peut le comparer à l'architecture hydraulique de la ville de Ratisbonne en Allemagne. Dans le passé, ces ouvrages ont joué un rôle essentiel dans l'alimentation en eau des agglomérations, jusqu'à l'apparition des châteaux d'eau à partir du XIXe siècle. La rareté de ces installations, particulièrement menacées, plaide pour la préservation de celles qui subsistent.
A Soissons, il s'agissait du réseau hydraulique monastique, qui servait entre autres à alimenter l'abbaye Saint-Jean des Vignes. Ce réseau étant particulièrement bien connu. Une des maisons peut être datée du XIIIe siècle, la maison de source Saint-Jean, située au mont Sainte-Geneviève, avec un système captant au moins cinq sources. Une deuxième maison datée "1772" par un cartouche à l'extérieur, située à Belleu, rue des Rochettes, comprend deux chambres de décantation, liées par des tunnels voûtés.
Une troisième maison, également située rue des Rochettes à Belleu est identifiée sur un plan militaire du début du XXe siècle, mais est aux trois-quarts enterrée et inaccessible. Une quatrième maison, sur la commune de Soissons, en lisière d'un bois, est datée du XVIe ou du XVIIe siècle ; son parti est plus simple que les précédentes avec un plan rectangulaire. Une cinquième maison dite "à la fleur de lys" serait du XVIIe ou du XVIIIe siècle, pour l'intérieur, car l'extérieur semble avoir été restauré au XXe siècle. A l'intérieur, le couloir comporte un décor de fleur de lys, sur un claveau d'arc ; il s'agit de l'emblème de la ville de Soissons, qui devait en être propriétaire. Enfin, la sixième et dernière maison de source date du XIXe siècle. Elle est située dans le même pré que la précédente et en bordure de la route à quatre voies ceinturant la ville de Soissons. Cette dernière construction est assez rustique, mais elle mérite d'être signalée car elle atteste la permanence du captage des eaux dans ce secteur, jusqu'à une date récente.
J.O. - Les vestiges du château de Soupir en totalité, à savoir : le portail - arc triomphal, les grilles d'entrée et les douves (cad. B 1130, 1133 à 1135) : inscription par arrêté du 14 septembre 2007.
A Soupir, il existait une forteresse médiévale datant du XIe siècle qui fut transformée au XVIe siècle en manoir d'agrément. Au XVIIe siècle, un grand parc avec jardin à la française fut dessiné, avec un grand canal.
En 1875, l'édifice classique fut remplacé par un château monumental dans un style éclectique alors à la mode, et le parc sans doute en partie réaménagé à l'anglaise.
Le village souffrit particulièrement des combats de la Première Guerre Mondiale, notamment en 1915. Le château subit de très graves dommages et fut démonté petit à petit dans les années 1930.
Du domaine qui s'étendait jadis sur 38 hectares entourés de murs, ne subsistent aujourd'hui que le pavillon du gardien, les douves, la grille d'entrée (probablement édifiée à la fin du XIXe siècle), un portail monumental au milieu des champs, daté de 1908, le tracé du grand canal et quelques vestiges de murs d'enceinte.
Le portail monumental, quoique complètement sorti et déconnecté de son contexte d'origine, est assez bien construit et marque fortement le paysage et l'espace. Il s'apparente tout à fait au paysage de guerre. Quant aux douves et grilles d'entrée, elles rappellent le passé de Soupir et marquent l'entrée de l'ancien domaine qui s'étendait jadis sur 38 hectares. Ces éléments ont été inscrits sur la liste supplémentaire des monuments historiques.
J.O. - Le château, façades et toitures, son escalier intérieur, sa rampe en fer forgé et le palier du premier étage, la grille en fer forgé des deux entrées extérieures et la pelouse entourée de ses arbres tricentenaires à l'arrière du château (cad. AC 1) : inscription par arrêté du 14 septembre 2007.
Le domaine de Villiers-Saint-Denis, dans le sud de l'Aisne, a été converti en Sanatorium à partir de 1928, et reconverti en hôpital dans les années 1970. Dans l'entre-deux guerres, trois pavillons de soin ont été édifiés dans le parc ; l'intérieur du château fut alors complètement modernisé et converti en bureaux et appartements.
Cependant, ses façades et toitures et son escalier principal du XVIIIe siècle, les grilles d'entrée et la pelouse arrière entourée d'arbres bicentenaires, vestige d'un parc conçu par le talentueux paysagiste de la fin du XVIIIe siècle, Jean-Marie Morel, sont demeurés intacts. Il faut préciser néanmoins que l'architecture du château semble éclectique et témoigne d'une réfection effectuée vraisemblablement au début du XIXe siècle, sans certitude étant donné l'absence de sources.
Textes : Jean-Michel Schill, d'après les dossiers de recensement de Frédéric Fournis (Ciry-Salsogne et Limé), Sandrine Platerier (Bohain-en-Vermandois, Coyolles, Pernant, Soissons et Soupir) et Pascale Touzet (Château-Thierry, Marchais-en-Brie, Quierzy et Villiers-Saint-Denis).