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Le lycée François Pétrarque a été construit de 1966 à 1969 à la périphérie est de la ville dAvignon, au lieu-dit Cantarel, dans une zone alors essentiellement agricole, sur un terrain plat souvent balayé par le mistral, ponctué de haies darbres coupe-vent délimité au nord par la RN 7. Létablissement était réservé aux jeunes gens et jeunes filles qui se destinaient aux carrières du monde agricole alors en plein essor dans le Comtat Venaissin.
Edgar Pisani, ministre de lagriculture, charge larchitecte Roland Bechmann de la conception du complexe, dont le programme devra comprendre des salles de classe et laboratoires, des bâtiments dinternat accompagnés dune infirmerie et dun réfectoire, mais aussi un ensemble socioculturel et sportif destiné à recevoir un public étranger à létablissement, louvrant ainsi au monde extérieur. Le programme est nettement plus avancé que celui des constructions contemporaines de lÉducation Nationale. Nettement plus avancée également la conception architecturale résolument moderne, empreinte de "brutalisme" tant dans lagencement du plan et le jeu des volumes que dans le traitement de surface, traduisant ainsi la liberté étonnante laissée au maître doeuvre.
Roland Bechmann associe à la réalisation son
collaborateur François Girard, Pierre Biscop et
Charles André, architectes avignonnais, assurant le
suivi de lopération. Le 1% du budget de la construction
réservé à une oeuvre dart se traduit par le décor
polychrome du sculpteur S. Guillou, associé au
céramiste L. Mélano, dérobant au mistral lentrée
principale. La destination agricole de lédifice est
affirmée par le bas relief en ciment moulé, réduction
dun dessin dorigine dH. Guastalla.
Il présente le plan du lycée au milieu dun foisonnement
végétal et animalier qui nest pas sans
évoquer les peintures gothiques de la chambre du
Cerf au palais des papes dAvignon.
Architecte, historien et chercheur, mais également
écrivain (LArbre du ciel) et auteur de cédérom (Le
Carnet de Villard de Honnecourt), Roland Bechmann,
après des études dhistoire à la Sorbonne et darchitecture
aux Beaux-Arts, dont il sort diplomé en
1944, exerce tout dabord avec son père Lucien
Bechmann. À partir de 1950, il crée son Atelier
dAménagement et dArchitecture (AAA). Le souci
dintégrer larchitecture dans son environnement
naturel guide ses réalisations et lamène à fonder
en 1965 la revue Aménagement et Nature. Sa production
variée maisons individuelles, maisons
transportables, immeubles collectifs, banques,
constructions industrielles, équipements intérieurs
est toujours conduite par la recherche de la fonctionnalité
et la mise à profit des contraintes et de
lenvironnement.
On soulignera sa participation active à la résistance
du Vercors en 1943-1944.
Sécartant de la composition académique traditionnelle, axée et symétrique, et de la typologie "moderne" des barres alors en faveur dans les constructions scolaires et universitaires, le plan en ailes de moulin distribue les fonctions spécifiques autour dun noyau central affecté aux services généraux et à laccueil, passage quasi obligé pour se rendre dans les classes, les réfectoires, les unités dhabitation et le gymnase. Au nord, reliées par un couloir central, les salles détude souvrent sur de petits patios protégés, fermant leurs murs extérieurs au vent. À louest, sur pilotis, linternat des étudiants présente au soleil ses trois niveaux de balcons éclairant détroites chambres. Au sud cest linternat des petits, dont les pièces sont protégées dune trop forte lumière par des brise-soleil de béton moulé préfabriqués parfaitement adaptés à lorientation des locaux. À lest le gymnase et le centre socioculturel sont accompagnés dun amphithéâtre à hublots coulissant sur le ciel et dont le fond pouvait souvrir sur le paysage, accueillant aussi bien les lycéens que le public extérieur. La présence de patios internes plantés dessences diverses dans le noyau central et dans le centre socioculturel, lutilisation du toit terrasse, la construction de linternat sur pilotis, le traitement en béton brut des surfaces tant internes quexternes, font référence aux formules mises au point par Le Corbusier, notamment au monastère de la Tourette. On signalera particulièrement les multiples escaliers en béton animant le nu des murs et les gargouilles, tels de monumentales sculptures.
rédacteur : Martine Audibert, drac paca crmh, 2001 source : Fonds R. Bechmann, Institut Français dArchitecture
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