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"A la fin des années soixante, les pétroliers engagèrent leur lutte commerciale sur le terrain de limage de marque
Total demandait à Jean Prouvé de concevoir un modèle qui, de la simple station aux grandes aires autoroutières, en ville comme à la campagne, pourrait exprimer une image moderne et fonctionnelle.
Comme à son habitude, Prouvé alla à lessentiel et imagina un diptyque. Un bâtiment décagonal hébergerait au rez-de-chaussée laccueil, les sanitaires et les réserves, et offrirait à létage un logement. Un auvent circulaire (perché sur une colonne centrale) ou rectangulaire (bien campé sur quatre poteaux métalliques) protégerait les pompes.
Prouvé défendait une architecture légère, industrialisée donc facile et rapide à installer sur le site. La station-service le démontre, elle constitue même un quasi-manifeste : une dalle sur un vide sanitaire, un fût central pour stabiliser lédifice, arrimer les poutrelles qui supportent le plancher et regrouper tous les fluides, des poteaux périphériques et des panneaux de remplissage. En moins de quinze jours laffaire était entendue".
Parmi les exemples subsistant à Marseille, il est possible de noter que le plan adopté est octogonal et non décagonal, et de dégager deux typologies de stations, selon quelles comportent un étage de logement (boulevard Saint-Loup et chemin de Sainte-Marthe) ou non (boulevard Paul Claudel).
rédacteur : Eve Roy, drac paca crmh, 2006
source : D. Amouroux, Cétait au temps
des modèles, 303, n° 67, 4e trimestre 2000, p. 218-219
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