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A proximité de la gare de lEst, la résidence Le Méditerranée (547 logements) est située sur un site stratégique que le plan durbanisme de Marseille de 1949 désignait comme un élément essentiel du développement urbain. Sur un terrain occupé jusque dans les années 1960 par un tissu industriel varié, le projet tire son nom des Forges et Chantiers de la Méditerranée, transférés dans les zones industrielles du Canet.
Le travail commun de plusieurs architectes sur cette opération est à lorigine de la formation de lAtelier 9, rassemblé autour de Georges Lefèvre, un des premiers groupes pluridisciplinaires fondés à Marseille, qui a contribué au renouvellement du métier darchitecte.
Initié en 1962, le projet sarticule autour dune tour de bureaux, qui devait être la plus haute dEurope et dépasser la tour Pirelli de Gio Ponti à Milan, haute de 33 étages. La construction de la tour, achevée en 1972, succède à celle des logements à partir de 1966. Le projet architectural sappuie sur un principe de mixité, qui allie habitat, bureaux et commerces. La résidence sétend sur un îlot complet, ouvert vers le sud, où est placée la tour. La forte déclivité du terrain crée une sorte détagement en amphithéâtre autour de ce signal urbain. Le centre de lîlot, plutôt résidentiel, peut être traversé par une série de terrasses intermédiaires bordées de petites activités. La distribution intérieure de lîlot se subdivise en trois espaces : la grande dalle-jardin, les terrasses avec jardinières et le parvis sur lavenue Cantini. Sous les terrasses, plusieurs niveaux de parc de stationnement comptent plus de mille places. Des immeubles de 12 étages dessinent le contour de lîlot, en bordure des voies urbaines, tandis que deux immeubles de moindre hauteur organisent les espaces intérieurs.
Parmi les équipements de la résidence, outre les bureaux, des commerces, une crèche privée et une station-service complètent lensemble. Un contraste entre extérieur et intérieur de lîlot est souligné par le traitement différencié des parois : celles donnant sur la rue, peu ouvertes, présentent un revêtement de grès beige en petits carreaux, des baies horizontales continues, des menuiseries en bois et des volets roulants. En revanche, lintérieur offre une impression douverture avec ses allèges de balcons transparentes et une coloration très vive, obtenue par une répartition subtile des stores colorés. A lintérieur des immeubles, les logements sappuient sur une structure de refends porteurs en béton, qui autorise lorganisation en appartements traversants.
La résidence Le Méditerranée marque une étape déterminante dans laccès des classes moyennes marseillaises au grand ensemble urbain, témoignant ainsi dune évolution vers un style de vie collectif et moderne.
rédacteur : Thierry Durousseau, architecte, 2006
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