Château de Bourgane et ses jardins,
Saint-Saturnin-les-Apt, Vaucluse

Le domaine de Bourgane est constitué d'un petit château de plan massé cantonné de deux tours circulaires, hérité du XVIe ou du début du XVIIe siècle, d'un vaste parc d'une douzaine d'hectares et d'une partie à vocation agricole, essentiellement en vignes et en arbres fruitiers. Son organisation générale remonte au XVIIIe siècle et est imputable à une famille de grands parlementaires aixois, implantée localement depuis plusieurs siècles, les Ripert de Monclar.

Deux périodes peuvent être identifiées dans l'aménagement des jardins, avant et après 1759, date du premier plan conservé. Au premier état, dû peut-être à Pierre-François, se rattachent l'axe ouest-est avec l'entrée et l'avenue d'accès, la cour ouest, l'axe nord-sud partant de la porte flamande, peut-être aussi le bois de chênes. Du second, imputable à son fils Jean-Pierre François, célèbre procureur général du parlement d'Aix, relèvent le jardin de buis et de conifères, autrefois parterre, le grand jardin clos avec ses pavillons et son bassin, le moulin, la réfection de la ferme du Cabaret...
Ces travaux importants, qui déplacèrent vers l'est l'axe majeur de la composition, étaient liés à un projet de reconstruction du château, que le décès du commanditaire en 1773 vint annihiler.

Bien que situés assez loin de l'espace géographique qui a vu s'épanouir le phénomène bastidaire, les jardins de Bourgane se présentent véritablement comme ceux d'une bastide. Ils en intègrent tous les éléments : emprise sur la campagne environnante, grandes allées bordées d'alignements d'arbres structurant le paysage, système hydraulique développé permettant le jeu des eaux, jardin d'agrément, jardin fruitier et potager, bosquet, tèse, sans oublier la dimension économique qui caractérise aussi la bastide.

L'ensemble du château et de ses jardins ont été protégés, tandis que les anciennes dépendances (moulin et ferme du Cabaret), qui relèvent aujourd'hui d'autres propriétés, feront après étude l'objet de mesures complémentaires.