Ancien moulin à eau et ferme du Cabaret,
anciennes dépendances du domaine de Bourgane,
Saint-Saturnin-les-Apt, Vaucluse

Le domaine de Bourgane a été constitué au XVIIIe siècle pour les Ripert de Monclar, famille de parlementaires provençaux, seigneurs de Saint-Saturnin à partir de 1750 et bientôt marquis du lieu. Le rôle moteur a été joué par Jean-Pierre-François, célèbre procureur général à Aix. C'est à lui qu'est imputable le grand projet de structuration de la plaine de Saint-Saturnin, organisant l'espace à partir de grands axes orthogonaux centrés sur un projet de nouveau château, maîtrisant la ressource en eau par un vaste réseau de "mines'', pour un double usage ludique et économique.

Parmi les anciennes dépendances, deux jouaient un rôle plus important, en raison à la fois de leur implantation et de leur fonction. A l'ouest, dans l'axe de l'allée d'accès du château, la ferme du Cabaret, qui abritait les écuries, était également spécialisée dans l'exploitation viticole. Au sud, fermant l'axe majeur de composition des jardins, le moulin, principal établissement d'un ensemble meunier rapprochant trois bâtiments se succédant au fil de l'eau.

La ferme du Cabaret figure déjà sur un grand plan de 1759 et date probablement des deux décennies précédentes. Elle frappe par la disposition rationnelle des bâtiments autour d'une cour fermée et par la grande qualité du décor architectural de sa façade sur la route, clôture, portail, fontaines, exceptionnel dans un tel contexte rural. Le moulin à eau, un peu plus tardif, fut probablement bâti entre 1759 et 1773, date de la mort du procureur général. Sa construction est également très soignée et sa façade Nord constitue derrière le bassin de l'écluse un écran fermant la perspective depuis le parc. C'était un moulin à deux roues horizontales, qui a fonctionné jusqu'en 1881, mais l'ensemble du dispositif hydraulique a disparu.

Justifiée par la cohérence historique d'un ensemble associant un château seigneurial, un vaste parc d'une douzaine d'hectares et un domaine économique encore lisible, la protection des anciennes dépendances de Bourgane vient compléter celle du château et du parc, acquise en 2003.