Château de la Corrée,
Lourmarin, Vaucluse

Propriété privée fermée au public, la Corrée est bien repérable aux frondaisons de son parc et au mur de clôture qui l'isole de son environnement rural. Historiquement elle est liée à deux grandes familles locales, les Savornin au XVIIe siècle, les Girard au XVIIIe siècle.

L'action de ces derniers se caractérise par l'ampleur des travaux hydrauliques. Ainsi Pierre-Henri-Joseph Girard assainit toute la zone marécageuse jouxtant le village (l'étang) pour amener l'eau à la Corrée par un ambitieux réseau de ‘'mines'', dont la pérennité pose aujourd'hui problème, ici comme ailleurs. La maîtrise de l'eau, conduite en circuits complexes alimentant des bassins-réservoirs, des cascades, des fontaines, permit de donner au parc sa composition actuelle.

Probablement due aux Savornin, la maison est un bâtiment rectangulaire hétérogène, mais les structures voûtées, les plafonds à la française et les croisées de pierre permettent d'attribuer la campagne principale au XVIIe siècle. Au XIXe siècle, Philippe d'Avon de Sainte-Colombe enrichit l'intérieur d'un décor peint et d'étonnantes gypseries néo-baroques dans la chambre d'apparat.

Dans les textes, la Corrée est généralement désignée comme bastide. Elle l'est effectivement par nombre de ses caractères, le lien avec une exploitation agricole, la fonction de résidence de campagne de familles de notables, l'importance accordée à la ressource hydraulique à des fins à la fois utilitaire et ludique. Mais elle se distingue des grands domaines de la campagne aixoise par l'absence d'autres éléments significatifs, grandes allées ouvrant sur la campagne, alignements végétaux structurant l'espace, jardin d'agrément...