Jardins du château,
Lauris, Vaucluse

Dominant la vallée de la Durance et visible de loin, le château de Lauris a succédé à un château-fort médiéval, remanié au XVIe siècle et détruit au XVIIIe siècle. Acquise en 1718 par Jean de Montaud, membre d'une famille de parlementaires aixois, la baronnie de Lauris passe de la noblesse d'épée à la noblesse de robe. C'est son fils Sextius d'Arlatan de Montaud qui entreprend la reconstruction du château après 1733, mais l'édifice demeure inachevé à la Révolution.

Le domaine est constitué de trois parties : au centre le château, son portail, sa cour d'honneur et ses dépendances proches ; au nord-ouest le Grand Jardin, espace d'origine médiévale aujourd'hui boisé, au pied du mur d'enceinte du bourg ; à l'est le Jardin Neuf, jardin d'agrément attesté au XVIIe siècle (visite de 1637), complété et enrichi au XVIIIe siècle.

Organisé en six ou sept terrasses étagées sur une pente forte, le Jardin Neuf joue un rôle structurant déterminant dans le site. La terrasse supérieure est mise en scène par le traitement architecturé des façades qui la bornent, en particulier à l'est celle de l'ancienne maison du jardinier, la maison Aubert.
L'ensemble du système hydraulique est conservé, avec ses "mines'' et ses réservoirs, ses bassins décoratifs ou utilitaires, ses deux fontaines monumentales ornées. La grande qualité de la sculpture de ces dernières évoque les productions urbaines, et il est probable que le sculpteur inconnu qui a travaillé ici vers 1740, probablement pour Sextius, soit à chercher à Aix même. La famille d'Arlatan y avait son hôtel rue de l'Opéra, dans lequel elle fit régulièrement travailler des sculpteurs et des décorateurs de renom.

La protection prend en compte l'ensemble du Jardin Neuf et du Grand Jardin. Propriétaire du site depuis quelques années, la commune de Lauris conduit un projet ambitieux de conservatoire des plantes tinctoriales, visant à le valoriser et à l'ouvrir plus largement au public.