Cimetière juif, chemin du cimetière israélite,
L'Isle-sur-la-Sorgue, Vaucluse

Attestée depuis le XIIIe siècle, la communauté juive de L'Isle-sur-la-Sorgue, fut comme les autres communautés du Comtat Venaissin enfermée à partir du XVe siècle dans un ghetto, une "carrière", au coeur de la ville, autour de la place de la Juiverie actuelle. Avec Avignon, Carpentras et Cavaillon, elle devint à partir du XVIIe siècle l'une des quatre seules autorisées dans les états du pape. Les juifs de L'Isle possédaient évidemment une synagogue, détruite en 1856, et de hautes maisons serrées et insalubres, dont quelques éléments subsistent.

Ils disposaient aussi dès le Moyen Age d'un cimetière, qui paraît avoir toujours été à l'emplacement actuel, isolé dans la campagne à deux kilomètres au sud-ouest du bourg. La surface en fut doublée en 1736 par l'acquisition d'une terre limitrophe. L'ensemble a une superficie de 94 ares, mais seule une petite partie est occupée par des sépultures émergentes, qui s'échelonnent du XIXe siècle à 1939, date de la dernière inhumation. Depuis lors le cimetière est à l'abandon.

Les tombes, une quarantaine au total, sont réparties dans les enclos des quatre familles qui subsistaient au XIXe siècle, les Abram, les Carcassonne, les Crémieux, les Créange. Les aires familiales sont soigneusement fermées par des clôtures constituées d'un mur bahut surmonté d'une grille en fer forgé. Les tombes associent pour la plupart une dalle plate à un élément vertical, stèle ou cippe. Indépendamment de l'absence de croix et de statues, caractéristiques des cimetières catholiques contemporains, elles présentent peu de références à l'identité juive : quelques éléments ténus de décor et de rares inscriptions hébraïques.

Inscription au titre des monuments historiques de l'ancien cimetière juif, en totalité avec son portail, ses tombes, monuments et autres éléments, son sol et son sous-sol (cad. BP 97), par arrêté du 30 juin 2008 .