Maison canoniale,
Cavaillon, Vaucluse

L'histoire de cette demeure urbaine est mal connue et l'appellation même de "maison canoniale" est fondée sur une hypothèse : elle est située à 100 m de l'ancienne cathédrale Saint-Véran, dans ou à proximité immédiate de l'ancien quartier des chanoines ; elle abrite un oratoire privé.

L'édifice, complexe, a été remanié à différentes époques, du Moyen Age au XIXe siècle, en particulier vers la fin du XVe siècle. Il conserve un grand mur-pignon nord certainement médiéval, une façade ouest en pierre de taille percée de croisées gothiques, des plafonds à la française à poutres et chevrons apparents. Au Ier étage une petite pièce de 7 m2, entièrement revêtue de peintures murales découvertes au début de 2006, se révèle être un oratoire privé, local de recueillement destiné aux dévotions personnelles du propriétaire.

Les peintures de l'oratoire, réalisées vers 1515, ont souffert du piquetage effectué pour accrocher un enduit. Au-dessus d'un premier registre orné de draperies (murs nord et sud), sont figurés en pied des saints choisis par le commanditaire, certains sous une arcature avec éléments d'architecture et voûte à caissons en trompe-l'oeil. A leurs attributs, on reconnaît Antoine abbé, Jean-Baptiste, Etienne, Laurent, Catherine, Barbe, Marguerite, des évêques, des saints locaux (Véran) et une scène beaucoup plus rare, Acace et les dix mille martyrs.

La commission régionale du patrimoine s'est prononcée pour un classement de cet oratoire, dont la dévolution future reste à préciser dans le cadre du projet de réhabilitation de l'immeuble.

Inscription de la maison en totalité, par arrêté du 10 décembre 2007.